Aujourd’hui cap d’Ambre (ibid., p
3. Joao de Barreira, Commentarios do grande Afonso Dalboquerque capitam geram qui foy das Indias orientaes, em lempo do muilo poderoso Rey dom Manuel, Lisboa, 1576, p. 11 et suiv.; Osorius, De rebus Emmanuelis regis Lusilaniæ, Coloniæ Agrippiniæ, anno MDLXXVI, fol. 144-146; Barros, Da Asia, Decana segunda, Parte primeira, anno MDCCLXXVIT, fol. 6-17 et fol. 391; G. Correa, Lendas da India, t. 1, parte Il, p. 662-666.
les Indes, l'empêchèrent de poursuivre l’exploration de la grande terre. Mais, bien qu’à vrai dire il n’eût rapporté autre chose de cette exploration qu'une plus ample connaissance des pays, il voulut en faire connaître le résultat au roi de Portugal. Dès son retour à Mozambique, il donna l’ordre à un de ses capitaines, Antonio de Saldanba, de partir pour Lisbonne. Le capitaine s’y rendit muni des échantillons qui devaient prouver au roi l'existence de l’argent dans l’île, et accompagné de quelques indigènes qui devaient apporter d’autres renseignements sur ses ressources. Le roi Emmanuel fut enthousiasmé à la nouvelle de cette découverte. Il se montra disposé à entreprendre une autre expédition à Madagascar (août 1507). Antonio de Sal danha le pria de lui confier cette expédition. Mais leroi ne voulut pas y consentir. Éclairé par le Bolonais Ludovic Varthema sur les richesses de l'Extrême-Orient, sachant que le détroit de Malacca offrait un passage rapide du golfe de Bengale aux Moluques, pays des épices, il avait décidé qu'un deses officiers les plus habiles, et les plus expérimentés, Lopez de Siqueyra, irait reconnaître la situation de Malacca et tenterait de se mettre en relations avec les habitants ‘Il profita de l’occasion pour éviter la dépense de deux flottes et chargea Siqueyra d'explorer en passant Madagascar. Le capitaine avait l’ordre de mieux reconnaître la côte orientale de l’île, et de rechercher si elle produisait les plantes et contenait les métaux précieux que Tristan de Cunha avait déclaré s’y trouver. Au cas où les renseignements de l'amiral seraient exacts, il devait charger ses navires de ces produits ; dans le cas contraire, quitter ces parages pour s’en aller à Malacca.
Lopez de Siqueyra partit de Lisbonne l’année suivante (8 avril 4508). En route, il rencontra un autre capitaine portugais Duarto de Lemos, en compagnie duquel il gagna l’île Saint-Laurent. Le 10 août 1508, il pénétrait dans le port de Turubaya*. Le chef du pays, nommé Diamom, vint les voir,
1. L'Univers pittoresque : Porlugal, p.182; Schefer, Le Discours de la navigation de Jean et Raoul Parmentier, Paris, 1883, p. xv et suiv. de l’Introduction ; Hisloire générale, par Lavisse et Rambaud, t. IV, p. 889 et 890.
2. Aujourd’hui Fort-Dauphin (v. A. Grandidier, loc. cüit., p. 108).
avec beaucoup d'indigènes. Mais il ne put donner aucune réponse aux questions qu’ils lui posèrent, Il ignorait si le pays produisait du girofle, du gingembre, ou renfermait de l’argent. En revanche, il leur apporta quantité de provisions de bouche. De là Siqueyra se rendit à Matatane où il espérait se procurer, d'après ses informations, du gingembre et du girole. Mais il n’y trouva rien de plus qu'un excellent accueil que lui firent les indigènes. Seulement, il apprit en cet endroit que le girofle qu’on y avait vu avait été apporté par la tempête en même temps qu'un jonc de l’île de Java, et s’était ensuite répandu dans la contrée, ce qui avait fait croire à Tristan da Cunha qu'il venait naturellement en abondance dans l’île. Il courut ensuite le long de la côte pour tâcher de découvrir quelque port où il pourrait obtenir des renseignements sur les richesses du pays. Il parvint ainsi à une baie qu’il appela Saint-Sébastien, pour l'avoir reconnue le 20 janvier 1509, jour de la fête de ce saint‘. Ayant redescendu la côte, il passa de nouveau à Matatane, et le 12 août 1509 il pénétra dans une autre baie à laquelle il donna le nom de Santa-Clara en l’honneur de la sainte de ce jour *. De là, n'ayant point trouvé les épices et l'argent qu'il cherchait, Lopez de Sequeyra reprit la route des Indes:, et peu de temps après, Malacca tombait au pouvoir des Portugais (1511).
Depuis l’exploration de Siqueyra jusqu’au commencement du xvu: siècle, les Portugais ne paraissent plus avoir été envoyés à Madagascar, ni par les rois de Portugal, ni par les rois d'Espagne, en vue d'explorer le pays et de s’y livrer au trafic*.