Sainte-Luce
3. Barros, Da Asia, Decada segunda, Parle primeira, éd. 1711, p. 391-395; G. Correa, Lendas da India, t. 1, parte Il, p. 971; Pedro Resende, Os Portuguezes em Africa, Asia, etc. 1817; f. I, p. 83; Schefer, Le Discours, etc., loc. cit., Introduction, p. xv; Voir pour les dates, A. Grandidier, Hist. de la géog., éd. 1892, p. 83-210 : Tableaux.
4. Nous ne pensons pas qu'il faille accorder un grand crédit au récit de quelques historiens qui mentionnent encore quelque autres expéditions dues au roi Emmanuel, entre autres celles de Joao Serrao, et de Sébastien de Sousa de Elvas. S'il fallait les croire, en 4510 le roi de Portugal aurait envoyé aux Indes trois flottilles qui comptaient quatorze navires. L'une de ces flot-
On s’en explique facilement les raisons. L'Inde et les îles des Épices étaient devenues le centre du négoce des Portugais. C'est vers le Cathayet le Zipangou réputés pour leurs richesses, c'est vers Goa, un des grands marchés de la côte de l'Inde, qu'Albuquerque avait enlevé aux musulmans, que furent désormais dirigés les regards de ces intrépides navigateurs. Ajoutez à cela que les rois de Portugal se résolurent à ne pas abandonner les droits que Cabral leur avait créés au Brésil où ils envoyèrent des déportés et des colons. Dès lors Madagascar, dont les richesses étaient encore peu connues ou paraissaient douteuses, fut délaissée pour ces contrées dont on avait pu apprécier les immenses ressources. Ce fut le plus souvent pour avoir des nouvelles de quelques navires perdus sur les côtes, que les marins portugais s’y arrêtèrent. Un an après la perte des navires de Manuel de Lacerda et d’Alexis d'Abreu (1527), Nuno da Cunha, fils de l’amiral Tristan da Cunha, vint mouiller dans une baïe de la côte occidentale qu’il nomma baie Saint-Jacques (1528) ‘. Quelques années plus tard (1530) Duarte de Fonseca let son frère Diogo abordèrent à l’île Saint-Laurent pour y rechercher des naufragés. Ils visitèrent dans ce but un grand nombre de mouillages ainsi que l'embouchure des principaux fleuves. Duarte de Fonseca se noya en explorant la côte méridionale.
Cependant, tout en recherchant les gens des navires disparus, quelques capitaines se préoccupaient de faire du butin.
tilles commandée par Joao Serrao devait se rendre au pays de Matatane et de Turubaya. Le capitaine avait l’ordre de conclure des traités de paix et de faire des conventions commerciales avec les chefs de ces deux pays. Serrao serait entré dans le port d’Antipera d’où il se serait dirigé vers les îles de Santa-Clara. Il aurait pénétré dans la rivière de Monaiïbo et touché à quelques mouillages de l'ile, pour prendre la route de l'Inde.
Une dizaine d'années après cette exploration, en 1521, le roi aurait fait de nouveau partir trois navires commandés par Sébastien de Sousa de Elvas. Ce capitaine avait l’ordre de se rendre à Matatane pour y construire un fort. Mais il n'aurait pu mettre ce projet à exécution à cause de la tempête. Voir Osorius, loc. cil., fol. 202 et Pedro Resende, Loc. cit., t. II, p. 197, et t. I, p.96:
Plusieurs auteurs portugais et M. A. Grandidier n’ont point fait mention de ces explorations, à notre connaissance du moins.