‹ Etienne de FlacourtChapitre 70 sur 157 · Flacourt, éd. 1661, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1661, p

2, Flacourt, éd. 1661,p. 404 : Lettre d'Angeleaume à Desmartins; Lettre de Philippe Poirier à M. de Beausse, p. 408 et 409.

lard conspirait contre lui avec les indigènes. Non content d'envoyer aux grands des munitions qu'il avait dérobées aux Francais, le traître leur avait promis la tête de son chef. C'était le jour de Pâques qu’il se proposait de l’assassiner d’un coup de couteau. Ce projet lui était d’autant plus facile à exécuter qu'il prenait ses repas avec Flacourt, et qu’il se trouvait à toute heure auprès de lui.

Ce furent les colons qui avertirent le gouverneur de ce complot. Flacourt arrêta lui-même le misérable et l’enferma dans une maison de pierre.

Quant aux indigènes qui, d’après les ordres des grands, avaient été piller et massacrer ceux qui s'étaient alliés aux Français, le gouverneur les maintint sous son autorité avec son énergie habituelle. Le chef qui lui avait opposé jusqu'alors . la résistance la plus acharnée, Andrian Panolahé, dut se soumettre. Bien plus, devenu vieux, et se voyant attaqué par tous les chefs à qui il avait fait la guerre, 1l prit le parti des Français. Afin de gagner la bienveillance du gouverneur, il le renseigna sur les machinations de Couillard dont il confirma la trahison. Il lui fit remettre un moule à balles et un fusil que lui avait donnés le perfide lieutenant et promit même de l’avertir de tout ce qui se tramerait contre sa personne. Peu de temps après, un autre chef, Andrian Ramouza, en butte également. aux attaques des grands qui lui avaient enlevé ses trésors, imita l’exemple de Panolahé et jura à Flacourt de lui demeurer toujours fidèle. | :

Quant à ceux qui n'avaient pas désarmé, ils tentèrent un dernier moyen pour triompher des Français ; il résolurent de les prendre par la famine. On apprit bientôt que tous les indigènes d'Imours et autres villages voisins étaient prêts à parür avec leur bétail pour la vallée d'Amboule, sous la conduite d’Andrian Machicore A cetle nouvelle, le gouverneur fit partir un détachement chargé de se saisir de ce bétail, qui était rassemblé dans les villages. Cette expédition fut très fructueuse. Les Français y firent beaucoup de butin et Machicore fut emmené prisonnier à Fort-Dauphin. Flacourt, chose sur-

prenante, poussa la condescendance et la loyauté jusqu’à promettre aux naturels de leur restituer le bétail qu’on leur avait enlevé, lorsqu'il aurait reçu son bétail de Manamboule, Comme les malheureux indigènes se plaignaient d'avoir été pillés, il leur rendit toutes les denrées que ses gens leur avaient prises. Le reste fut payé de dix gros d’or et de quatrelivres de menilles de cuivre (12 juin 1654) !.

Le gouverneur prévoyait d’ailleurs qu’il lui serait de plus en plus difficile de conserver l'attitude qu'il avait eue au début à l'égard des indigènes. Les renforts se laissaient toujours attendre. Ce futungnécessité pour lui de se montrer plus accommodant. C'est ainsi qu'il offrit toutes sortes de présents à deux chefs indigènes, qui élaient venus le voir. Ces deux chefs étaient Andrian Mananghe, grand du pays des Machicores, et Andrian Ménasotroue, seigneur de la province d’Yongelahé*. Après avoir régalé Mananghe, il le chargea d'aller porter un paquet de lettres à Andrian Mahé qui habitait Saint-Augustin. Ces lettres étaient adressées, l’une à de Loynes, Secrétaire général de la marine, et les deux autres (dont une en latin) au premier capitaine anglais ou hollandais qui aborderait à Saint- Augustin. La lettre destinée au capitaine étranger exposait la déplorable situation de la colonie. L'autre implorait du secours et des nouvelles de France. Un capitaine hollandais reçut la première et répondit en exprimant ses regrets de ne

pouvoir porter secours au gouverneur, à cause de la distance qui l’en séparait; mais il s’engagea à faire parvenir les autres lettres à leur destination *.

Bien qu’elie ne promit aucun secours, cette réponse était comme le présage de meilleurs jours. Peu de temps après en effet(42 août 1654) on annonçait l’arrivée de deux navires fran-

-çais à Sainte-Luce. Sur ces navires se trouvait Pronis, accompagné du chirurgien de La Voye et d’un certain nombre de personnes, dont plusieurs étaient déjà venues à Madagascar.

1. Flacourt, éd. 1658, p. 14, brochure ; éd. 1661, p. 310 et suiv. 2. Pays de Saint-Augustin.

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