‹ Etienne de FlacourtChapitre 82 sur 157 · Morizot, Voyage de Fr. Cauche, p · texte numérisé non relu

Morizot, Voyage de Fr. Cauche, p

3. Voici la liste des plantes mentionnées par Cauche avec quelques indications de l'endroit où il les place : lataniers, bananiers, coton (baie des Galions), pastel ou anil, indigo, tamarin, balisier, aloës (près de Ranoufoutsi), chêne (Matatanes), vouhanatte (baie aux Prunes), vigne (Sainte-Luce), citrons, oran

degrave, au contraire, qui s'était étudié à démontrer que Boothby avait exagéré ou inventé la fertilité de Madagascar, s’était révélé plutôt sceptique en refusant de croire que ce pays offrait de grandes ressources en bois et en niant l’existence de mines d’or et d’argent!.

Telles étaient les nouvelles connaissances que l’on avait acquises, telles étaient les différentes opinions que l’on avait exprimées sur Madagascar ‘pendant le séjour de Flacourt à Fort-Dauphin.

Si Flacourt ne paraît pas avoir connu la publication de Powle Waldegrave, il n’est pas douteux qu'il ait lu Fr. Cauche. Mais il ne parle de la relation de ce marchand, que pour déclarer qu’elle lui inspire peu de confiance, et il est visible, à la lecture des premières pages de son livre, qu’il s'est appliqué à montrer la supériorité de son œuvre sur celle de son prédécesseur *. Il veut persuader le lecteur que lui, du moins, ne raconte pas des voyages imaginaires. Après avoir tracé, sans enthousiasme, mais avec une honnête naïveté, un tableau d’ensemble de cette vaste contrée, dont il n’avait vu qu’une partie, il déclare qu’il va nous faire connaître les pays « découverts par les Français en plusieurs voyages qu'ils ont faits, tant en guerre qu'en traite et marchandise ». Il précise le champ de ses observations personnelles et des observations de ses subalternes. Il énumère et décrit d’abord les contrées de la région orientale qui s'étendent depuis Fort-Dauphin jusqu’à la baie d'Antongil, la province de Caranossi (Anossi), les vallées de

ges, grenades, mahaut, ananas, maniguelle (Matatanes et Antavares), gingembre, diverses racines, riz, mil, canne à sucre (voir Morizot, Relation du voyage de Fr. Cauche, p. 146-114).

Ce même auteur avait énuméré un grand nombre d'animaux : bœufs à bosse, « porc naturel », moutons, chèvres, salamandres, caméléons, singes (aux Antavares et au pays des Ambohitsmènes), crocodiles, lézards, tortues, un grand nombre d'oiseaux, canards, perdrix, ramiers, poules, pintades, hérons, perroquets, colibris, insectes, etc. (id., ibid., p. 124-145).

Enfin il avait assuré que l’île renfermait des mines d’or et d'argent, des pierres précieuses (pays des Machicores).

1. An answer to M. Boothby's Book of the Descriplion of Madagascar, 1649, ch. 11, p. 7 etsuiv. (

2, Avant-Propos, éd. 1661.

Fanshere, d'Amboule, de Mananghara, etc. De la baie d’Antongilil revient à la région australe et donne dela même manière une description des pays compris entre Fort-Dauphin et la baie de Saint-Augustin, tels que les pays d’Adcimou, de Mandrare, des Ampâtres, etc. ‘. Ilne se borne pas à indiquer le champ des observations dues aux Français, il en fixe les limites : « Depuis la baie d'Antongil jusques au bout de Pile, les Français, dit-il, n'ont point encore fréquenté. Mais, j'ai appris qu'il y a une province qui s'appelle Vohemaro et dans la carte par les Portugais Boemaro..la coste depuis Antongil court droit au nord. C’est tout ce que j'ay pu reconnonstre de cette 1sle en tirant de long de la coste vers le nord-nord-est*. » Enfin, telle est sa préoccupation de montrer au lecteur que, à la différence de Cauche, il ne parlera pas de pays qu’il n’a point vus, qu'en décrivant les pays de la côte occidentale, il s’arrête à la baie de Saint-Augustin, ajoutant qu'il ne veut pas en dire davantage pour cette raison que nul Français ne s’est avancé plus loin, soit pour y guerroyer, soit pour y faire du commerce :.

Il ne faut pas cependant prendre trop à la lettre les déclarations de Flacourt. Ontrouve, en effet, dans bien des passages de son livre, des digressions sur le pays qui prouvent qu'il n’a pas voulu se borner à une simple description topographique des contrées explorées parles Français, mais qu'il a eu la prétention de donner une description complète et détaillée de l’île tout entière. Aussi dans cette étude critique n’envisageronsnous pas séparément les descriptions spéciales et la description générale.

On a vu que plusieurs géographes avait identifié notre Madagascar avec l’île Menuthias des anciens. C’est avec raison que Flacourt a repris cette opinion qui, pendant longtemps controversée, a été développée de nos jours avec autorité‘. Mais

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