Bibliotheca bolanica, t. T, p. 496 et
2. Flacourt, 1661, p. 130; HϾfer, Histoire de la botanique, p. 201.
3. Voir Flacourt, 1661, p. 114-116; Pouget de Saint-André, Correspondance inédite du comte de Maudave, p. 175; À. Grandidier, Bull. de la Soc. de géogr. de Paris, VIe série, t. IN, p. 371 et suiv.; Blanchard, Revue des Deur-Mondes, septembre et octobre 1872, p. 213-229 ; Oliver, loc. cit., vol. IL, p. 8 et 4; Foucart, Revue générale des sciences, 15 août 1895, p. 732-735.
une branche auxiliaire de la médecine‘. On examinait les végétaux isolément, on négligeait les caractères essentiels pour se préoccuper avant tout des relations d'utilité qui peuvent exister entre la nature animée et l’homme. C’est seulement dans le siècle suivant que la botanique prendra son caractère vraiment scientifique par la création de la nomenclature binaire due au célèbre Linnée. Partant il ne faut pas s’attendre à trouver chez notre vieil auteur du xvu° siècle des descriptions semblables à celles que nous lisons chez les éminents naturalistes de notre époque, des descriptions où les plantes seraient distribuées par groupes et classées d’après leurs caractères de ressemblance. Flacourt, comme ses contemporains, énumère confusément les végétaux en insistant sur leurs propriétés chimiques, industrielles, tinctoriales, médicinales, mais en leur attribuant un nom emprunté à la langue des indigènes.
Qu'on ajoute à cela que l'ancien gouverneur n'avait vu ni l'Inde, ni l'Afrique, ni la Malaisie, qu'il vivait à une époque où l’on connaissait encore peu les plantes des pays tropicaux et l’on comprendra facilement qu’il ne nous ait pas donné dans sa description pourtant bien longue une énumération des plantes communes à Madagascar et à ces contrées. Mais il y a lieu d’être surpris qu’en présence d'une flore très riche, devant laquelle s’extasieront les botanistes, notre vieil auteur ne soit nullement frappé. Il parle de ce pays tropical exactement comme il parlerait d'une province de sa patrie *. |
S'il a indiqué parfois pour une plante le nom employé dans les Indes orientales ou dans les Indes occidentales’, le plus souvent il se borne à signaler les plantes qui sont semblables à celles de l'Europe et de la France‘. Sans aller jusqu’à prétendre qu’il aurait pu comparer la flore de la grande île à celles des autres régions du globe, il aurait pu au moins montrer les
1. Lacroix, Lettres, sciences el arts, xvrie siècle, p. 20-24. 2. Blanchard, Revue des Deux-Mondes, juillet 1882, p. 63. 3. Flacourt, 1661, p. 119-145,