Flacourt, 1664, p
2. a) « La vallée d’Amboule est une fertile vallée pour les plantages et pour les ignames blanches principalement qui y viennent en grande quantité » (Flacourt, 1661, p. 9).
« C'est une magnifique vallée... et fertile » (Dr Catat, Tour du Monde, 48 déc. 1894, p. 384).
b) Au sujet des environs du Fort-Dauphin :
« C’est un très agréable pays. et rempli de petites buttes et de plaines très fertiles » (Flacourt, 1661, p. 5).
« Cette partie de l’île est d’une grande fertilité » (Maudave, voir Pouget de Saint-André, p. 81).
« Tous ces environs de Fort-Dauphin sont véritablement charmants... » Dr Catat, Tour du Monde, 22 déc. 1894, p. 390).
« Cette région est certainement l’une des plus fertiles qu? nous ayons vues à Madagascar : les anciennes descriptions de Flacourt et de Maudave sôonttrès exactes el en parcourant le pays de Tolanara, la vallée d'Ambolo, tout le Tanosy, on doil rendre hommage à leur véracilé » (Catat, Bullet. de la Soc. de géogr. de Paris. C. R., 20 mars 1891 : Récit de son voyage à Madagascar, p- 211).
Mais Flacourt a exügéré la fertilité de l’île Sainte-Marie.
daître que le pays de Siveh (Salar) est pauvre et stérile.
On ne saurait toutefois sans témérité souscrire à l’appréciation qu'il a portée sur la fertilité de l’île en général. L'ancien gouverneur a-t-il obéi à une conviction sincère ou à un enthousiasme de commande en laissant du pays un tableau aussi séduisant? C’est ce qu’on ne saurait décider, Toujours est-il qu'il a eu le tort d'appliquer à l’île entière ce qui ne devait être dit que de quelques contrées. De nos jours des explorateurs et des savants qui ont parcouru l’île en tous sens se sont montrés moins enthousiastes que Flacourt qui, à vrai dire, n'en connaissait qu'une partie fort restreinte.
Dans sa description des animaux, comme dans celle des plantes, se révèle lalecture des ouvrages de l’époque antérieure. C’est ainsi qu’il reproduit, d'après Paré ou Thevet, la légende du Thanatch, monstre à tête humaine qu’il appelle Tratratra!. De même, à l'exemple de Lindschot et de Cauche, il s’attache à nous faire savoir si la chair des animaux est savoureuse. Comme ce dernier il raille les vieux auteurs trop crédules qui avaient affirmé la présence d'animaux féroces dans l’île. Mais il est incontestable qu’il parle souvent aussi de visu. A propos de ces mêmes auteurs il ajoute, en effet, quelques mots qui attestent ses propres observations : «iln’y a aucun animal nuisible à l’homme, dit-il, que dans les rivières et estangs où il y a des crocodiles qui n’y sont point tant à craindre que l’on se pourroit imaginer, d'autant qu'ils ne fréquentent que les endroits les plus solitaires et ne hantent que fort peu les lieux qui sont fréquentés par les habitans. Les chameaux que quelques vieux auteurs ont descrits ne sont autre chose que les bœufs du païs qui ont tous une bosse de graisse sur le chignon du col; et comme ils n’en ont parlé que par oui dire, ils se sont figurés que c’estoient des chameaux »?!. ;
Comme pour les plantes, il prend ses informations auprès des naturels et invoque leur témoignage lorsqu'il n’est pas
4. Flacourt, 1661, p. 154; Voyage en Asie du bienheureux Odoric de Por-
denone, ouvr. cité. p. 321.
2, Flacourt, tbid., Avant-Propos.
sûr de ce qu’il avance. « Au rapport des nègres, dit-il, en parlant de l’antamba, elle a la ressemblance d'un Leopart, elle dévore les hommes et les veaux. »
Ces observations personnelles et les renseignements qu'il a obtenus des indigènes lui ont permis d'augmenter la liste des animaux déjà connus. De tous les voyageurs il est le premier qui ait énuméré sous le nom que leur donnent les gens du pays cinquante-six oiseaux, tant terrestres et aquatiques que sylvicoles. Il est le premier, notamment, qui ait signalé la présence dans l’île d’un oiseau gigantesque, désigné dans la science sous le nom d’OEpiornis mazximus et qu’il compare à une autruche!. Aux oiseaux il faut ajouter un certain nombre d'animaux d'ordres divers, tels que le sifac (Propithèque de Verreaux)”, la genette, le tenrec, etc.
Flacourt est d’ailleurs novateur à un autre point de vue. Non content de décrire les animaux, il a noté (ce que peu de voyageurs avaient fait avant lui) les contrées où il était possible de les apercevoir. C’est ainsi qu'il a placé le falanouc du côté de Sandravinani, le bret dans le pays des Antsiaanka, etc.3.
A l’époque de Flacourt la zoologie comme la botanique n’était encore qu’une science en voie de formation et dépourvue de toute méthode scientifique. On étudiait les sujets isolément selon qu’ils se présentaient, sans se préoccuper de les ranger par classes d’après leurs caractères de ressemblance. Il n’y a donc pas lieu d’être surpris de ne point trouver chez lui une classification des animaux de Madagascar telle qu'on pourrait en rencontrer chez les publications de notre temps. La seule classification qu’on lui doive est toute rudimentaire. C'est celle qui consiste à diviser les oiseaux en oiseaux aqua-
1. A. Grandidier, Histoire naturelle de Madagascar : Oiseaux, p.131. Cet oïseau qui appartenait au groupe des Casoars a aujourd'hui disparu de l'ile.
2. Revue des sciences pures el appliquées, 15 août 1895 : A. Milne Edwards, Les animaux de Madagascar, p. 696.