Id., ibid., p
3. Voir A. Grandidier, Bulletin de la Soc. de géogr. de Paris, avril 1872, p- 310; d’Escamps, Madagascar, p. 401 et 402; Sibrée, The great African island, p. 31 ; Oliver, Loc. cit., vol. I, p. 493; Cortese, Bol. del R. Comil. geolog. d'Italia; 1888, anno XIX, p. 103-123 et Boll. geogr., ser. 3, vol. I, p. 816; Dr Besson, Voyage au pays des Tanala indépendants (Bull. de la Soc. de géogr.
de Paris, 3° trim. 1893, p. 324); L. Suberbie, Revue des sciences pures el appliquées, 15 août 1895, p. 715 et suiv.
ques renseignements sur les dimensions de celte île, sur sa configuration, le pays brûlé, etc., il ajoute quelques lignes qui forment un morceau charmant, et révèlent la vive imagination de ce vieil auteur: « Le reste de l'île, dit-il, est le meilleur païs du monde, arrousé de rivières et de fontaines de tous costés, remply de beaux bois de toutes sortes, comme de lataigniers, palmite et autres, fourmillant de cochons, de tortues de meret de terre extrêmement grosses, plein de ramiers, de‘tourterelles, de perroquets les plus beaux du monde, et d’autres oiseaux de diverses façons. Les costeaux sont couverts de beaux cabrits..
« Les estangs et les rivières yfourmillent de poissons, iln'y a ni crocodiles dans icelles, ni serpens nuisibles à l'homme, ni insectes facheuses, ainsi que dans les autres isles, ni pulees, ni mouches, ni moustiques piquantes, ni fourmis, ni rats, ni souris.
« La terre y est très-fertile et grasse, le tabac y vient le meilleur qui soit au monde, les melons y sont très savoureux dont la graine y a esté portée par ces misérables exilés. Ce qui fait juger que toutes sortes de légumes et puits y viendront à merveille.
«L'air y est très-sain et quoiqu'il y doive estre très chaud, il y est tempéré par des vents frais qui viennent le jour de la mer et la nuit de la montagne. Ce seroit avec juste raison que lon pourroit appeler cette isle un Paradis terrestre.
« Les eaux y sont pures et très-excellentes, lesquelles il fait beau voir tomber le long des ravines des montagnes, de bassin en bassin, en forme de cascades, qui sont admirables à voir, qu'il semble que la nature les a ainsi faites, afin d’allécher les hommes qui les voient à y demeurer » *.
1. Flacourt, Histoire de l'isle Madagascar, édit. 1892, p. 26$ et 269.
La plupart des renseignements que Flacourt nous à fournis sur l'ile Bourbon, relief, forêts, cours d’eau, climat, sont exacts, à part quelques erreurs dans l'indication des latitudesg{au lieu de 21° 30', 20° 50") et des dimensions (au lieu de 25 lieues de long, la longueur serait de 74 kilomètres et au lieu de 14 lieues la largeur serait de 51 kilomètres) (v. Notices coloniales, p. 12, 43, 45, 39, 57-16; Sauzier, Un projet de république à l'ile aà'Eden, p. 108 et suiv.).
Tels sont les renseignements que Flacourt nous a fournis sur la géographie physique de Madagascar. Si la sincérité, la véracité est le premier titre du voyageur, rendons tout d’abord hommage à celle de Flacourt, d'autant plus méritoire qu'il était difficile de son temps de vérifier les assertions des voyageurs. Ce n’est pas qu'il ne se trouve dans son livre bon nombre d’inexactitudes relativement à la détermination des latitudes, à la situation des rivières, à la configuration du littoral et au climat. Le critique minutieux pourra aussi y relever quelques lacunes dans la description de la flore, de la faune et des richesses minérales, et il ne partagera pas les vues enthousiastes de Flacourt sur la fertilité de la grande terre. Il lui reprochera avec raison d’avoir permis à l'opinion de s’égarer par des généralisations hâtives sur un pays qui n’était encore que très peu connu. Mais il ne saurait nier que les données du vieil auteur à ces différents points de vue soient encore plus complètes, plus. précises et exactes que celles des auteurs qui l’avaient précédé. La partie de son ouvrage qui est la plus remarquable, celle qui accuse les observations les plus sérieuses et les plus étendues, est sans conteste la partie où il s’est étudié à décrire en détail les plantes et les animaux de la grande île. Mais à quelque point de vue que l’on se place, un des plus grands mérites de Flacourt consiste à ne s'être point borné, comme la plupart
. des auteurs du siècle précédent, à des vues vagueset générales, sur le pays. S'il a eu le tort d'étendre parfois à l'île tout entière des observations recueillies sur des points isolés, il est néanmoins le premier à qui l’on doive une description détaillée et relativement exacte de certaines contrées de la région orientale et de la région australe. En particulier le tableau qu'ilnous a laissé du sud-est est si fidèle, il reproduit si bien le modèle qu'il avait eu sous les yeux, qu'il est encore ressemblant de nos jours et que les descriptions des explorateurs les plus récents n’ont fait qu’en confirmer l'exactitude.