Ibid., p. 122, 124 et
indigènes, de leurs luttes intestines, de l’anarchie qui régnait dans l’île.
11 faut rendre cette justice à Flacourt qu’il a eu le premier le mérite d'accorder une attention toute particulière à l’étude des populations de Madagascar et de contribuer largement au progrès des connaissances ethnographiques sur ce vaste pays.
Comme ses devanciers, le vieil auteur a affirmé que l’île était très peuplée. Mais il a fait plus : de tous les voyageurs il est le premier (à notre connaissance du moins) qui ait évalué le nombre de ses habitants. On pourra sans doute lui reprocher d’avoir donné un chiffre trop faible, en ne comptant que huit cent mille âmes’, puisqu'il ne s’est fait à Madagascar aucune immigration depuis le xvn° siècle, et qu'aujourd'hui le chiffre indiqué par les auteurs les plus compétents s'élève à quatre millions; mais on ne doit pas se montrer trop sévère pour celte inexactitude d’un auteur qui ne connaissait du pays qu'une partie fort circonscrite, surlout à notre époque où l’on n’est pas encore fixé sur Le nombre qu’il faut admettre*.
- Pour ce qui est des caractères physiques, Flacourt ne s’est pas plus attaché à les faire connaître que ses prédécesseurs. Cependant, à ce point de vue, on peut glaner dans son livre quelques renseignements relatifs aux peuplades de la côte orientale. C'est ainsi qu’il a remarqué que les habitants du pays de Vohitsbanh étaient tous noirs avec d’épaisses chevelures frisées, et que ceux du pays de Matatane étaient plus basanés que les autres blancs. [l a: même observé des différences de couleur et de chevelure chez les différentes castes. Il a constaté que, parmi les Andriana, les uns avaient la peau rouge et les cheveux longs et lisses, les autres les cheveux frisés*. Enfin dans ses gravures un peu de convention, il nous