‹ Etienne de FlacourtChapitre 99 sur 157 · Flacourt, 1661 : Avant-Propos et p · texte numérisé non relu

Flacourt, 1661 : Avant-Propos et p

2. Voir A. Grandidier, Revue scientifique, 41 mai 1872; Rapport à l'Institut, loc. cit., p. 20 et 21; Max Leclerc, Les peuplades de Madagascar, p. 31-55.

bien d’autres contrées de l’intérieur, de ne nous avoir rien appris sur la caste des Hovas, caste d’origine indonésienne!,

Pour les mêmes raisons, on ne saurait, sans s’exposer à être taxé de sévérité, lui reprocher de n'avoir point mentionné un autre élément, moins imposant par le nombre que l'élément indonésien pur, mais dont l'importance est incontestable, l'élément malais. Les affinités que les Hollandais et le P. Luiz Mariano avaient aperçues entre la langue malgache et la langue malaise, n'ayant point été entrevues par le viel auteur français, il lui était impossible d’ailleurs de se rendre compte des liens qui existaient entre les peuplades de l’île et celles de la péninsule de Malacca. ;

Quant aux renseignements qu’il nous a fournis sur certaines tribus de cannibales qu'il appelle Ontaysatrouha et qui semblent se rattacher à la grande famille des nègres africains, il ne faut pas leur accorder plus de crédit qu’ils n’en méritent. Flacourt paraît ici avoir ajouté trop de foi aux récits des indigènes et avoir pris pour un fait réel une fable semblable à celles que les joueurs de menestrels avaient coutume de raconter aux crédules indigènes. Notre historien, qui a rejeté comme fabuleux ce qu’on lui avait rapporté sur l'existence de pygmées dans l’île, aurait pu, ce semble, apporter ici plus de sens critique ?.

Toutefois il serait excessif de trop insister sur des erreurs ou des lacunes qui s'expliquent par l'insuffisance des connaissances ethnographiques de l'époque où vivait notre vieil auteur. Elles seront facilement oubliées au surplus par quiconque s’abandonnera à la lecture d’un ouvrage où se trouvent décrits, dans leurs plus petits détails et dans un style d’une charmante naïveté, le caractère, les mœurs, la religion, les

4. C’est un des plus brillants résultats de la science contemporaine d’avoir comblé cette lacune ; c'est M. Grandidier qui en a eu le premier le mérile (voir Hist. de la géogr., 1892, p. 178, note a; p. 118. note 1 et p. 193, note 1); Revue générale des Sciences pures et appliquées, loc. cit., p. b0.

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