Tome II. — Bbaux-arts. I
citer cette symétrie sinon le texte métrique. Considérant donc que, d'une part, Y antienne appartient de par sa nature plutôt au genre de chant sijUabique qu'au genre orné, et, d'autre part, que les antiennes de YOjJice de saint Lambert sont fondées sur le mètre, il en résulte, très logiquement, de nombreuses affinités avec ce qu'on appelle le quasi versus, composition basée presque sur les pieds métriques, « quasi metricis pedibus », comme on disait au moyen âge.
D'un autre côté, le texte destiné aux répons étant en prose rythmée et rimée, si l'on veut, mais toujours libre dans ses mouvements, laisse au compositeur une plus grande latitude pour le développement de ses motifs mélodiques. « Tandis que le texte métrique (comme le prouve l'ancienne musique grecque) enchaîne aisément la mélodie aux proportions prosodiques du mètre (1). »
Tel apparaît bien YO/fice de saint Lambert.
Est-il nécessaire d'ajouter qu'Etienne n'a pas écrit de pièce musicale rigoureusement mesurée? A part les hymnes, on n "a pas encore pu fournir jusqu'à présent un seul exemple authentique de musique mesurée avant le XIe siècle. Aussi, abandonnons aux mensuralistes à outrance le soin de spéculer sur les hexamètres de notre office afin d'y trouver quelque vestige <le mensuration.
Nous n'avons pas besoin de beaucoup de perspicacité pour découvrir le sentiment du compositeur dans l'utilisation du cursus. Eu égard à la part qui lui est réservée dans le texte, nous présumons raisonnablement que l'auteur n'en limita pas la l'emploi. En effet, Etienne va plus loin en appliquant à la composition musicale la méthode suivi*' dans la composition littéraire; dans l'une comme dans l'autre, le cursus engendrera la rime.
Chaque pièce musicale d'un office forme ordinairement un tout complet, sans relation avec celle qui la précède ou celle qui la suit : forme, étendue, tonalité, etc., tout lui esl particulier. Chez
(*) WàGNEK, Origine. (Op. cit , |>. 4C2.)
Etienne, au moins dans l'Office de saint Lambert, il paraît en être autrement. .Notre habile compositeur semble avoir établi une connexion entre certains groupes d'antiennes, par exemple entre celles du troisième Nocturne, comme également entre celles de Laudes. Si les liens qui les relient ne non- sont point ions connus, il en est ;m moins un que l'auteur n'a pu complètement cacher : c'est la rime. Au lieu d'envisager isolément chacune des antiennes, considérons-les comme formant un seul tout; la correspondance des rimes, tantôt suivies, tantôt croisées, sautera immédiatement ;mx veux.
IIIe Nocturni
Irc Antienne
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Solli- ci-tus plebis pâtri- as lustrd-vit et urbes
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Confirmândo fi-dem tri-no de nô-mi-ne na- tar
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Ut Pafris ac na-ti sancto cum Flâ-mi-nr iiumen
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