Tome II. — Beaux-arts
En même temps, il déclara l'église de Brogne exempte de Yobsonium (*).
On place aussi sous l'épiscopat d'Etienne le martyre de saint Mengold, comte de Huy, qui devint le second patron de cette ville (2).
Le zèle d'Etienne, au dire de M. Demarteau, s'élendit surtout dans le Hainaut et le pays de Namur (3). L'église Notre-Dame de cette ville lui doit, parait-il, son élévation au rang de collégiale (4).
Etienne mourut le l(> mai 920 et son corps fut déposé dans la crypte de saint Lambert (5).
Parmi les successeurs de saint Lambert, Etienne semble être le seul qui ait obtenu l'honneur de partager avec lui sa dernière
(*) C'est un droit de chancellerie fixé d'après les revenus des églises. Il se payait l'année antébissextile. Les deux tiers étaient pour l'archidiacre et l'autre tiers pour le doyen. (J. Dakis, Notices historiques, op. cit., t. XVI, p. 143.)
(*) Au rite Liégeois celte fête se célébrait le 8 février. Elle possédait une partie de l'ofiice nocturne et une prose propres. (J. Dauis, Histoire du Diocèse, op. cit., t. I, p. 221; Idem, Notices historiques. (Op. cit., t. XV, p. 176.)
(l) Bibliophiles liégeois, n° 30, p. 52.
(*) J.-B. GrammàYE, Antiquitates illustrissimi ducatu Brabantiae. Antiquitates Namurci, p. 48. Louvain et Bruxelles, 1708.
(5) L'épitaphe suivante, publiée par les Uollandistes, est fautive :
« Epitaphium B. Stephani episcopi
» Leodiensis et confessons Christi.
» Conderis hoc tumulo, rnortis legem subeundo, » Stéphane pie pater, jam te retinet pia mater » Jherusalem supera, pax et requies ubi vera. un bene vixisti, i^regibus bene consuluisti. » Jam recepis mérita, revirescis perpete vita. » lit tibi jungamur, precibusque tuis mereamur, » Quod lapis hic urget, Christo veniente resurget. »
\ necdota ex codicibus hagiographicis Johanms Gielenians, p. 165. Bruxelles, 1895.)
Martênb el Durand l'oni publiée dans leur A mplissima Collectio, t IV, col. l < >»>7. en l'appliquant au véritable intéressé, l'abbé Etienne, abbé du monastère Saint- Laurent, à Liège 1025-105'J). (J. Daris, Notice sur l'Abbaye de Saint-Laurent, dans Bi 1 1 1 ri\ db la Société d'Ari bt d'Histoire du diocêsb de Liège, t. il, p. 101.)
demeure (1). Richaire, son successeur, lii élever mu boa loinbeau, en \Y>\~1, un autel dédié à la Sainte Trinité (*), autel but lequel lui déposé le palladium *\<- la cite, l'étendard de saint Lambert .
Nous avons ici un témoignage éloquent de la reconnaissance vouer par les Liégeois à leur évéque, qui, en des accents inspirés, leur appril à chanter les louanges du mystère de la Sainte I ri ni té el les hauts faits du patron de la cité, saint Lambert.
GEuvubs d'Etienne.
L'épiscopal d'Etienne fut agité. Aux invasions normandes succédèrent bientôt les querelles entre les souverains des divers royaumes eues à la Miite du démembrement de l'empire de Charlemagne.
Très remarquable par la sainteté de sa vie, Etienne lut aussi très versé dans l'étude des lettres et de la religion
Il songea d'abord à réparer les ruines accumulées par les incursions normandes; le relèvement des études lit ensuite l'objet de toute son attention. Les ouvrages qu'il nous a lai sont relativement nombreux.
Sur son activité littéraire, nous avons le témoignage élogieux de plusieurs chroniqueurs autorisés. Il écrivit de nombreux ouvrages se rapportant à la liturgie, aux lettres el à la musique,
(') (".. KiKiii. Notga dt Liège. Appendice, p. 35; J. Demabtbau, /
/ .dans Bulletin i>k la Société d'Art ei d'Histoibj i»i diocés Liège, t. VII, p. 29.
\n-iimi. Gesta Op. cit. M. <;. Il . Scriptores, t. VII, p. v2oi ; Habtém
In RAND, Op. Cit.. fui- -
(*) « Vir litterarura et religioni studens. ■ Folcuin, Gest. ab. I . ■'■. «ir. M i.. il . s ; |\. p. ti-.» ) « Vir sanctitate el scient ia elarus. » [AnnalitU
M. t.. II., v iptores, . VI, p. 590 ; Idem, inna tsl ■ /< Saint-Be Thésaurus auecd., i. 111. p.53S : Sigbbehi di <.i mbloi \. < ' •■ • /' /..i' l.\. col 175); Idbm, l> striptoribus ecclesiasticis Mu. m. /'. /... L CLX, col. .')7;{i. « Vir tam in divinis seripiuris quaoi m secularibus doctus, oec minimua sanctiiaie quaro m erudilione clarisî tiq. kistor. Saint-Gai
sur lesquels nous n'avons pu recueillir, malheureusement, que peu de renseignements contemporains i1).
D'après l'abbé Balau, une Vie de suint Lambert et un fragment d'olïice du même saint seraient tout ce qui nous reste de ses œuvres (-). Nous allons voir bientôt que cette opinion peut être avantageusement modifiée.
Pour plus de clarté nous diviserons les travaux d'Etienne en deux catégories :
I. Œuvres douteuses. — Se référant à un texte de Tritheim, Bouille lui attribue un Office de la Sainte Croix (3). Après vérification de la source, nous avouons ne point avoir trouvé mention de ce l'ait dans les chroniqueurs antérieurs. Y a-t-il confusion avec 1 Invention de saint Etienne? C'est fort probable.
D'autres historiens le font auteur d'un ouvrage intitulé : Les Merveilles de saint Martin. Ils le disent renfermé dans un manuscrit du XIIe siècle, de la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris (4). Les recherches faites à notre intention par un aimable correspondant n'ont donné aucun résultat.
Nous serons moins sceptique sur l'attribution par l'anonyme de Melk, moine de Prûfening (XIIe siècle), d'un Truite sur lu Musique ' . D'abord, des auteurs très sérieux partagent cette
f1) «... et multa alia l»eo inspirante locutus est, qua- mater Ecclesia memoriter et in auctoritate retinuit. » (Chronique de Marchienne. Migne, P. L., t. CXXXII, col. 827.) « Scripsit non spernenda? utilitatis plura opuscula, quibus nomen suum posteris innotuit. » (Thithei.m, Catalogus script, eccl., Op. cit., f°60v°.) « ... et aliis multis Sanctis camus varios ordinavit. Et alia quam plurima fertur hicubrasse. » (Ibid.. Chron. hist. Op. cit., t. I, p. 51.)
(*) Les Sources. (Op. cit., p. 78.)
(*) Histoire de la ville et du pays de Liège. (Op. cit., t. I. pp. 54-55.)
(*) Gallia Christiana, t. 111, pp. 836-837; De Vaux. Mémoires pour servir à
l'histoire du pays et du diocèse de Liège. Manuscrit de la Bibliothèque de l'Univer-
sité de Liège, t. I. p. 67"); Becdelievrb, Biographie liégeoise (Liège, 1836, t. I.
: Db I m i \, Le Chapitre de Saint-Lambert, t. I, p. 18. Liège-Bruxelles, 1871-
(*) « Stephanus musicus, vir peritissimus, qui intei- alia libellum praestantissimum de musica arte composuit. » (Anonymus Mellicensù. Migre, P. /... t. CCXIII, col. 97K.) L'éditeur partage le même avis, de même qnp l'Histoire littéraire, t VI. p. 172.
opinion; de plus, parmi !»■> écrivains »l«- cette époque et d< nom, l'évêque de Liège semble être le seul à qui on puisse l'attribuer avec quelque fondement (*). La découverte d< Traité serait du plus haut intérêt, >urtout maintenant que nous possédons la presque totalité <!<• ses compositions musicales '1. Œuvres authentiques :
al Liber Capitularis ou Collectarius.
In Office de l'Invention de suint Etienne.
C Office de la Sainte Trinité.
il) Vie et Office tir saint Lambert.
.Nous no us contenterons d'attirer l'attention «lu lecteur sur les œuvres de cette seconde catégorie.
Le « Liber Capitularis ».
Nous avons cité en premier lieu un liber capitularis qu'un historien contemporain appelle son plus grand travail liturgique, donl l'existence ••! la valeur historique semblent avoir échappé à uns meilleurs investigateurs de liturgie : Battifol ••! Bâumer (3) ».
Cet écrit lui <->i attribué par Folcuin, Anselme, Sigebert, Gilles d'Orval, pour ne citer que les plus anciennes mentions. L'autorité de ces témoignages, el principalement celle des trois premiers, ne pouvant être mise en suspicion, il n'y a pas lieu île discuter la paternité de cette œuvre.
Qu'était au juste ce « li\ i «• il<' capitules ? Nos bienveillants chroniqueurs nous l'apprennent en énumérant ^»»n contenu. Folcuin écrit qu'il > renfermait les capitules avec les collectes et
Cependant Jean Cotton cite parmi sos contemporains un Stephanm comme l'auteur d'un traité de musique. (Gkbbbrt, Script res, t. 11. p. -J.'iS.)
(•) Di lin i \. i>/). cit., affirme qu'il se trouve aussi a la bibliothèque Saintelîeneviève. De notre côté, bous confessons le même échec que |K>ur les ht de Mini! Martin.
(3) Dom i . ëohlbbrg, dans HUanyes Moeiler. Louvain, 1914, p. 851
versets, disposés d'une manière pratique, pour toutes les fêtes de l'année (*) ».
Anselme ajoute : « les leçons avec les répons, versets et oraisons appelées collectes, qu'on récite aux différentes heures, selon le rite canonial (2) ».
Sigebert complète en précisant un détail important « pour toutes les heures du jour et de la nuit de l'année entière (3) ».
Tel est bien le plan tracé par Etienne dans la Préface de cet ouvrage : « donner pour toutes les heures de l'office les capitules et les répons, les versets et les oraisons (4) ».
Etienne dédia sou œuvre à Robert, évêque de Metz 1 883- 915) (5), qui l'approuva. Ce prélat, ancien élève de l'abbaye de Saint-Gall, devait jouir d'une certaine renommée littéraire, car nous voyons le célèbre auteur de Séquences, Xotker, lui dédier ses compositions en l'honneur «le saint Etienne, patron de la métropole messine
Ce recueil, qui marque l'origine en même temps que la première rédaction de ce qu'on appellera plus tard du nom de Bréviaire i7), répondait à un besoin général, puisque nous le
M) « ... in quo singularum in anno festivitatum capitula cum collectis et versibus utili commente» congessit. » (Gesta abb. lobb. M. <i. EL, Scriptores, t. IV. p. 62.)
(*) « ... in quo unicuique tempori congruas per totum annum circulum compegit lectiones cum responsoriis versiculis et orationibus quas collectas vocant, horis rite canonicis recitandas. » (Gesta pontif. Traject. et Leod. M. G. H., Scriptores, t. VII, p. -201 ; Martknk el Dorand, Amplis. Collect., t. IV. p. 842.)
(3) « ... per singulas noctis et diei horas, per integrum annum. » (De script. eccles. Migne, /'. L., t. CLX, col. 574.) Gilles d'Orval copie Anselme mot à mot. (M. C. II., Scriptores, t. XXV, p. 51.)
(l) « ... per singulos horarum cursus, singula capitula cum responsoriis vel versibus sive eciam collectis. » Celte Préface a été découverte et publiée paillon, C. Hohlbbrg, dans les Mélanges Moeller. (Op. cit., p. 357.) Hait.k, op. cit., p. 792.
(B) P. Wagner, Origine du chant romain. (Op. cit., p. 55.) J. Demarteau le cite comme un des plus anciens grammairiens de langue allemande. (Bibliophiles liégeois, n° 30, pp. 58-60. Liège, 1890.)
(7) Le mot bréviaire appâtait dos le XIIe siècle et tire son origine du temps où l'on lit des copies sans musique du Missel et Antiphonaire pléniers; comme le livre était ainsi abrégé on l'appela breviarum, bréviaire. (Dom G. MOHLBERG, Radulphs il, Rivo, dans FIecubii des m a vaux publias pab les membres des Conférences
D'HUTOmE ET DE PHILOLOGIE. Louvain, 1911, p. 26.)
voyons jouir aussitôt d'une grande faveur. Les monastères comme les églises séculières l'adoptèrent rapidement en totalité ou en partie.
Le fameux Collectaneum f1) de Léofric est inspiré do Liber Capitulant d'Etienne. Dom G. Morin, l'auteur de cette conclusion, s'appuie sor de bonnes raisons, entre autres celle de la présence de l'office propre de saint Lambert (2). Le savant patrologiste aurail encore pu invoquer, au même titre, la présence de l'office de la Sainte Trinité, originaire de Liège lui aussi. Peut-être même que le travail de Léofric n'est qu'un extrait du Liber d'Etienne, vu qu'il contient uniquemenl les pièces des heures du jour; ce n'est, en somme, ainsi que nous l'a écril dom Gatard, qu'un Horae diurnae.
Au l'ait, Léofric n'a-t-il pas été élevé en Lotharingie? C'esl même ;i ci1 titre qu'il convient d'attribuer l'introduction d'un
grand i lue d'usages messins dans sa cathédrale d'Exeter,
pai' exemple, la règle des chanoines di' Chrodegang (3).
Parmi les manuscrits de l'abbaye de Stavelot, en l'an li85, nous cioyons trouver le Liber d'Etienne mentionne -ou- !. titre suivant : (îolleciarius Stephani (4). Le titre ne change rien a l'ouvrage. Capituiare el Collectarius son 1 du reste deux termes
l1) British Muséum, codex Harleian, 2961. (Dom Cabroi., L'Angleterre chrétienne avant 1rs Normands, p. 300. Paris, Lecoffre, 1909.)
(«) Le Collectaneum de Léofric et le Liber capitulant d'Etienne. Ri v\ b DICTINE, t. XII, pp. 196-498.)
(3) Histoire littéraire, t. IV. p. 131, et t. V. p. 128 ; « Huic tempore re^ SUCCessil I. errions. apud l.otharineos altus el doCtUS. » (iesta pontif. anal. (M /». /...i.CI.WIX, col. 1547.)
(*) Thonissen, Catalogue de la bibliothèque de l'abbaye de Stavelot. (Op. cit., p. fi-J-J ) On y trouve encore la mention suivante : Hissai. Stephani. Jadis-, chaque diocèse, chaque abbaye, parfois mémo une enlise particulière avait ses livres liturgiques propres : vntiphonaire, Missel, etc. On lui donnait alors le nom <lu personnage qui en avait tait OU ordonné la revision. D'autres fois, ils portaient celui de
se pour l'usage de laquelle Us avaient été rédigés, hans notre catalogue, \ trouvons jusqu'aux mentions : psalterium majvs, scottum, novum, duplex, cet as t uni. etc. Il n'est pas encore si éloigné le temps où l'on taisait encore de l'antiphonaire de M. de Barlay, 'le celui de M. de Vintimille,
incorrects pour désigner ce genre de recueil : cornes serait plus exact si nous nous en tenons à la définition qu'en donne dont A. Wilmart (1).
Radulphe de Rivo, le plus célèbre liturgiste de son temps, doyen de la collégiale de Tongres (~\- 1403), approuva grandement l'emploi du cornes d'Etienne, parce qu'il lui semblait suivre la coutume de l'Eglise et que ses nombreuses oraisons étaient tirées du rite ambrosien et des livres monastiques (2).
Il fut adopté non seulement dans le diocèse de Liège, mais encore dans tous les Pays-Bas et jusqu'en Allemagne. L'abbaye de Saint-Pantaléon à Cologne en possédait un exemplaire (3).
Le Liber Capitidaris d'Etienne est-il définitivement perdu, ainsi qu'on le pense généralement? Ne peut-on plus conserver l'espoir d'en retrouver au moins quelques vestiges? Nous avons une bonne raison pour partager sur ce point l'optimisme de dom Morin. La voici :
La bibliotbèque de l'Université de Liège possède un
(') « Cette appellation [capitulare] était admise couramment, comme on sait, au temps de Charlemagne pour désigner la liste des Évangiles... le cornes était un livre complet et non uni' simple table; une somme, non un sommaire : il devait comprendre, pour rendre île véritables services dans l'exercice du culte, le texte même îles péricopes empruntées aux divers livres de l'Ecriture, et mises en ordre sur le plan du missel. » (Le Cornes de Murbach. Revue Bénédictine. 1913, pp. 25 et "26.)
Dom G. Mohlbeug, Radulphe de liivo. (Op. cit., p. 183.) On peut lire le compte rendu de cet ouvrage dans Questions liturgiques, lre année, avril 1911, pp. 290 et suiv.
(3) Dom C. Mohlberg, op. rit., p. 183. Que faut-il penser, après la lecture de cet ouvrage, de l'histoire racontée par Me Vaux sur la liturgie de Tongres.' « Tongres eul sa liturgie propre et un bréviaire particulier, qu'il nommait usage de Saint-Materne — usage commun alors à tout le diocèse de Liège. Cette ville, au contraire, se soumit à L'usage introduit par le prince [Charlemagne] et qu'on nomme aujourd'hui l'ancien romain. Tongres a depuis cinquante ou soixante ans abandonne l'usage de Saint-Materne et pris l'usage de Liège. » [Mémoires, Op. cit., t. I, m. 138 | L'auteur écrivait à la tin du W||p siècle. Cet énoncé nous surprend d'autant plus grandemeni que nous sommes habitué à trouver chez, l'auteur des ignements précieux et exacts sur l'ancienne liturgie du diocèse, tels ceux qu'il nous fournit sur la Fête-Dieu, et qu'un écrivain moderne a copiés servilement sans indiquer la source. (La Fête-Dieu. Liège, Dessain, 1846, pp. 218 et suiv.)
manuscrit sur parchemin, sans indication de date ni de lieu de
provenance, avec une éti<|uetle en papier, collée au dos, portant : lireviarium vêtus. Or, ce précieux eodice renferme les Collectes, Capitules, Leçons, Antiennes et Répons pour toul le cycle liturgique, classés, non d'après l'ordre établi par le bréviaire curial ou des franciscains, mais bien d'après la coutume antique, c'est-à-dire que les pièces insérées, au lieu d'être groupées sous la rubrique d'une fête et de se suivre dans l'ordre de récitation, sont réunies en •-('rie, donc, ensemble les Collectes, les Capitules, les Leçons, etc.
Les caractères paléographiques nous le font croire du XIVe siècle, peut-être du W' siècle, et certaines particularités liturgiques, spéciales au rite liégeois, ajoutées à la présence <l offices locaux, permettent dv conjecturer avec une grande probabilité une provenance tout au moins du diocèse de Liège.
Abstraction faite des ajoutes et modifications accidentelles apportées par les âges postérieurs, ce Breviarum vêtus pourrait bien être une copie du Liber Capitularis d'Etienne
Par la composition de cet ouvrage, Etienne clôt la série des livres doni la réforme liturgique entreprise par Charlemagne avait l'ail sentir le besoin ou l'utilité. Depuis lors aucun volume n'a été ajouté au catalogue liturgique. Etienne esl donc, dans ce genre d'idées, le continuateur des Alcuin, Paul Diacre et A ma la ire.
Nous pouvons encore le considérer comme le dernier personnage <pii prit une pari active à ce mouvement dont le résultat, après de longs efforts, donna naissance à la liturgie néo-romaine, compromis entre les rites gallican et romain, et sur laquelle repose encore la liturgie actuelle.
Après dom Morin, nous regrettons que M Battifol, dans son Histoire du Bréviaire (* . n'ait pas mentionné tla tentative si
(*) Bibliothèque de l'Université de Liège. Manuscrit i H Paris, S» édition, I9t i.
intéressante d'Etienne de Liège dans son Liber Capitularis, témoin important de tout un courant traditionnel dont l'influence s'est maintenue jusqu'à notre époque dans le formulaire liturgique de certaines églises rhénanes (*) ».