‹ Etienne Dolet, le martyr de la RenaissanceChapitre 19 sur 133 · CHAP. VI. LES JEUX FLORAUX · texte numérisé non relu

CHAP. VI. LES JEUX FLORAUX

que les vers adressés à Clémence Isaure, et sur lesquels on se fondait autrefois pour prouver son existence, ont été compo en l'honneur de la Sainte Vierge l.

Malheureusement pour nous, comme je l'ai déjà dit, il existe une lacune dans les registres des jeux floraux de 1519 à 1535. Sur cette période qui comprend le séjour de Dolet à Toulouse, Séjour pendant lequel il célébra la belle Isaure, comme 1<firent, '-ans nul doute, plusieurs de ses amis, nous n'avons aucun renseignement positif. Toutefois, les noms de Boyssone et de Dolet figurent dans les quelques indications que i trouve. En 1528 Antoine de Yinhalibus prononça l'éloge appelé: < /.> sermon de Dame Clémence.* En T529, et ensuite en 1535, Marie Gascons fit le discours latin par lequel s'ouvraient les jeux. Deux dixains de Boyssone, adressés à Poldo <1( Albenas, nous font voir que vers ce temps, et probablement en 1528, le vénérable fondateur de l'église réformée de Nniies obtint, sans être présent à Toulouse, le prix de la violette, et gagna l'amitié de Boyssone, dont les expressions feraient supposer que le professeur de droit était lui-même l'un des juges2. Nous avons la preuve que Boyssone concourut aux jeux floraux par les vers français et latins en l'honneur de dame Clémence que nous trouvons parmi ses poèmes, et il semble probable, à en juger par le langage dont il se sert ailleurs, qu'il fut l'un des vainqueurs3. Les dixains qu'on trouve en tète de ses poèmes français — ils sont adres-

1 IKs 1626, Catel, dans les Mémoires sur l'histoire du Languedoc, qu'il ne termina point, étant mort cette année-là, a émis des doutes sur l'existence de dame Clémence Isaure. Ceux qui désirent connaître ce qui a été dît à ce s peuvent consulter l'ouvrage vie i.-H. Noulet intitule: De Dame Clémence Isa substituer a Notre-Dame la Vierge Marie comme patronesse des Jeux 1 de Toulouse roulouse, i85a) ; ainsi que sa Prétendue Plélad i u-

louse s . \ . aussi: Biog. Toulousaine, art. Clémence Isaure. Le touchant poème de Florian n'est qu'une invention de l'auteur, il l'histoire ni sur la tradition.

1 Du Mège: Hist. des Institutions de Toulouse, vol. IV. p. M. Boulmier, sans citer aucune autorité cependant, dit que ce fut ei que Boyssone célébra l'institution de la belle Isaure. Vi

à notre Seigneur Jésus -Christ, à la glorieuse Vierge Marie et aux saints du Paradis — semblent être des compositions de cette époque. Il était habituel, sans que cela fût absolument nécessaire, que chaque concurrent envoyât au moins un poème d'un caractère religieux, et, en général, l'élément religieux dominait.

Quoi qu'il en soit, ce qui nous intéresse surtout, ce sont les jeux de 1532 ou de 1533. L'une ou l'autre de ces années-là Dolet concourut et soumit dix poèmes latins à l'appréciation des juges '. Le premier est adressé aux muses 2 ; le second à Phébus, pour lui demander son aide; le troisième célèbre les louanges des juges, le quatrième celles de Clémence Isaure3, et le cinquième celles des jeunes Toulousaines *. Puis viennent l'éloge de Paris, une invocation aux muses, récitée le second jour, deux odes en l'honneur de la Vierge, et finalement une ode adressée aux muses — « cette poésie fut la dernière que Dolet récita au concours ».

Il y a peu de vers latins modernes qui puissent être traduits. Les meilleurs, même ceux qui sont élégamment écrits, manquent d'idées originales et souvent manquent tout à fait d'idées. Quelques-uns des poèmes de Dolet ne sont ni incorrects, ni inélégants, mais ils sont remplis de ces lieux communs habituels à l'antiquité, qui compensent la disette des idées; faisons remarquer toutefois qu'il serait difficile de dire quelque chose d'original, ou même quelque chose qui vaille la

1 Ces dix poèmes font tous partie du volume des discours, des épîtres, et des odes imprimé en i534; ils se trouvent aussi dans le volume de poèmes de i538, dans lequel ils sont placés ensemble au troisième livre. Dans le volume des discours, sept poèmes figurent les uns à la suite des autres, dans un ordre différent; cinq des pièces seulement portent l'indication qu'elles ont été récitées au concours. Les trois autres poèmes (ceux qui sont adressés aux muses et ceux qui célèbrent les louanges de Paris et de dame Clémence sont placés dans une autre partie du volume et ne portent aucune indication.

- «Ad musas; quo carminé usus est, Tholosae in publico liiterario certamine quum illic versu contenderet. »

3 « De muliere quadam quœ ludos literarios Tholosae constituit. »

4 « Ad puellas Tholosae quod in eodem certamine recitatum est. »

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