‹ Etienne Dolet, le martyr de la RenaissanceChapitre 41 sur 133 · CHAP. VIII. G. BUDÉ ET J. BORDING · texte numérisé non relu

CHAP. VIII. G. BUDÉ ET J. BORDING

sArdua promittis, solo vel tnense disertôs

Cum te nos juras reddere posse viros, Promissum hoc nihil est, nihil est has fundere nug

Esl quoque ni! musas vel superare novem 1*1 tilii cum multis commum l illia centum,

(Juid facile id praestent Gallia mille dabit. Ast aliud nosti solus, quo Pallada vincis

Quidquid et Atlantis scit vafer (lie nepos Vis dicam? Nosti Reges emungere nummis:

Est i'l, quo doctum vincere quemque pot 11^- nobis astus tua si documenta recludent,

Quis tibi pro tantis artibus astra u< g Major eris Phœbo, quod si Jovis aula placebit,

Tu Jove depulso Jupiter altus cri

L'époque du départ définitif de Dolet était arrivée. A la tin de mai ou dans les premiers jours de juin T534, au moment où il souffrait d'une fièvre, qui, paraît-il, provenait de l'anxiété morale dans laquelle il se trouvait, il dut quitter Toulouse en toute hâte pour échapper à une seconde arrestation. Il se retira chez un ami à la campagne, se proposant de r< caché jusqu'à ce que l'orage fût passé et espérant pou\ ensuite revenir à sesétudes. Toutefois il semble s'être demandé quelle décision il allait prendre. Ses goûts personnels, comme nous l'a von-- vu, le poussaient à retourner une seconde I en Italie; et ^'il devait continuer ses études de droit, c'était à Pavie ou à Padoue qu'il avait l'intention d'aller. Mais avant de quitter la France, Dolet désirait livrer à l'impression deux discours, ses poèmes et quelques lettres qu'il avait échangées avec ses amis. Il est tort peu probable qu'il aurait pu trouver à Toulouse un imprimeur disposé à publier un livre qui contenait des attaques si violentes contre cette ville, contre ses magistrats et sa populace; aussi ce fut dès ce moment qu'il songea à aller à Lyon. 11 se proposait de pass par cette ville en se rendant en Italie et d'y demeurer le temps nécessaire pour surveiller la publication de ses œuvr

1 <>>\it. duce, y

Le 8 juin il écrivit à Boyssone une lettre pleine d'indignation contre ses ennemis et contre Toulouse, et dans laquelle il rend compte à son ami de ses études et de ses occupations. «Je me consacre à la littérature avec autant d'énergie que ma santé le permet. Je développe et je polis mes deux discours, et j'ai l'intention de publier mes œuvres aussi tôt que possible. Vous recevrez avec cette lettre le passage dans lequel j'ai voulu vous glorifier et vous disculper1.»

Voici un extrait de la réponse de Boyssone: «Avant de recevoir votre lettre je ne savais pas où vous étiez. Les uns disaient que vous étiez parti pour Lyon et les autres pour Limoges. Sur ces données, où pouvais-je vous écrire? Mais dès que votre lettre m'a appris où vous vous trouviez, je n'ai pensé à rien plus qu'à vous écrire.

« Quant à ce qui se passe ici, puisque vous désirez que je vous en parle, je dois vous faire connaître que vous avez laissé derrière vous de vives affections et que le nombre de ceux qui vous estiment et déplorent votre départ est considérable: parmi ces personnes, il faut compter les femmes les plus nobles et les plus honorables de la ville auprès desquelles vous êtes en grande faveur, grâce à vos épigrammes contre Drusac. Pour ma part, mon cher Dolet, si je ne tenais compte que de mes seuls désirs, rien ne pourrait me faire plus de peine que votre départ; mais puisque vos projets vous forçaient à nous quitter, je méconnaîtrais les lois de l'amitié si je ne renonçais pas volontiers au plaisir que me procurait votre société, et si je ne donnais la première place à ce que réclame votre intérêt. Aussi allez où vos affaires vous appellent, fuyez ce pays ingrat, fuge littus avarum. Lorsque vous arriverez à Lyon, saluez de ma part Sébastien Gryphius, que j'aime extrêmement et que je tiens pour cher. Prenez soin de votre santé; car, pendant que je vous écrivais, votre ami Clausane m'a dit que vous étiez malade, ce qui me fait beaucoup de

1 Orat. duce, p. 120.

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