HAP. XV. I. IMPRIMEUR
Paris. Désormais on n'imprima aucun livre sans la permission du grand Scel. On défendit aux ouvriers de former d nions ou des sociétés ou de se rassembler. On devait
payer et les nourrir comme cela avait été la coutume. On exigeait d'eux qu'ils finissent tout livre commei étaient libres d'engager tous les apprentis qu'ils jugeaient convenable d'engag< r '.
Cet édit, qui fut publié a la demand baillis et des habitants de la ville, causa, comme on peut le supposer, un vif mécontentement parmi les ouvriers. Ils interjetèrent appel, mais sans succès. Le 19 juillet 1542, un édit confirmatif fut publié, repoussant tout appel et défendant aux ouvriers, d'une façon absolue, de protester encore contre le premier édit. Mais les dissensions ne cessèrent point, et, a; des scènes de tumulte et de violence, on en arriva à un compromis qui fut sanctionné par un accord daté du iLI mai
Dolet prit une part active à tous ces débats; bien que patron, il soutenait la cause des ouvriers, et ajoutait ainsi au nombre de ses ennemis la plupart des maîtres imprimeurs de Lyon. Mais il paraîtrait que leur hostilité n'est pas due a ce que Dolet défendait la cause de leurs aides. Dolet n'avait pas fait d'apprentissage, il était considéré comme un intrus; et on se moquait d'un homme qu'on voyait entreprendre, sans ressources suffisantes, des affaires si sérieuses, lesquelles demandaient un si grand capital pour être menées à bien.
Comment avait-il obtenu les fonds 1 res pour acheter
des presses et comment avait-il trouve moyen de s'établir? C'est un mystère que, le premier, je puis expliquer, grâo un document déjà mentionne, lequel si- trouve dans les archives de Lyon. Il existe un acte d'association date du 10 juillet 154J, qui nous dit que, ce jour-là, Dolet
1 O-apclet, y. 53; Péricaud: A - Péricaud, p. 63.
entendu avec Helayn Dulin pour prolonger, pendant une période de six ans, l'association qui alors subsistait entre eux. Il se montre que cette association remontait au 24 janvier 1539. Nous ne connaissons ni les termes du premier acte, ni ceux d'un second, qui fut signé en août 1540; mais en lisant dans le document de 1542 que Dulin s'engageait à avancer quinze cents livres, on ne saurait guère douter qu'il ne fût l' associé-capitaliste qui trouva les fonds nécessaires, probablement déjà promis et avancés, encore que d'après l'acte officiel ce ne fût pas avant le mois de janvier 1539 que les presses furent fournies1.
1 L'acte de 1642 est si curieux et si intéressant que je le donne en entier, bien que quelques mots n'aient pu être déchiffrés. « Personnellement estably honnorable personne Mtre Estienne Dolet , marchant imprimeur et libraire, citoyen de lion et de son autorité Loyse Giraud sa femme pour eulx et en leurs noms d'une part et honorable homme Helayn Dulin, demeurant au dit lion aussi pour
luy et en son nom lesquels et iceux mariés Dolet l'un pour l'autre et
chacun d'eux présent et pour le tout renonçans au bénéfice de démission d'actions ont fait et font entre eulx nouvelle compaignie oultre les deux compaignies cy-devant faictes, d'une presse d'imprimerie que les dits mariés Dolet ont promis et promettent tenir dans les premiers jours de septembre prochain venant soubs
les mêmes actes conventions et accords contenus es dites première et
seconde compagnie faictes et passées entreux dudit fait et train d'imprimerie la première le 24e jour du moys de janvier lan mil cinq cens trente neuf et la seconde le dix huictième jour du moys d'aoust ensuyvant mil cinq cens quarante et ce pour le tems et terme de six ans entreux continuels et consequutifs commençant de d' premier jour du moys de septembre prouchain veut mil cinq cens quarante deux et finissant le dit jour d'aoust que l'on comptera mil Ve quarante huict jusques auquel temps les dites parties par ces dites
présentes ont continué et prorogé les deux premières compaignies
à ce que toutes les dites troys compaignies viennent à finir en ung mesme jour, adjoustant touteffois à l'accord de cette présente compaignie les articles qui en suvvent savoir est que les dicts mariés Dolet baillent présentement gratis au dit Dulin ung livre de chacune sorte qu'ils ont imprimés en leurs deux presses depuis qu'ils commencèrent à lever la première presse et s'ils les ont imprimés derechef quils lui en baillent aussy ung de autant de foys qu'ils les auront imprimez, en déclarant au dit helayn quel nombre il y en aura imprimé et d'ici en avant, promettent faire le semblable de tous ceux quils imprimeront ou réimprimeront en toutes leurs presses, plus promettent semblablement que s'ils avaient imprimé ou imprimeront par cy après quelque livre ou livres qui
fussent ou vinssent à estre reprins ou défendus que iceux mariés Dolet
prennent cella sur leur charge et en laisseront portant de les faire bons audit Dulin suyvant leurs dicts accords tout ainsi que s'ils étaient prins et auraient