CHAPITRE TREIZIÈME
avec moins d'indulgence. Martin Pisdoé n'obtint, il est vrai, ses lettres de rémission qu'au prix d'une composition de sept cents florins; mais il y est dit rr qu'il ttnavoit rien fait que pour esquiver le péril de sa vie(I).-o Or il était à la veille de la sacrifier pour la même cause. Dans tous les documents de ce genre, ces formules se reproduisent avec une invariable monotonie, et il est sensible que personne, pas même celui qui les écrit, n'y attache la moindre importance.
Rien ne contribua plus que cette facilité tardive, mais nécessaire, à rétablir Restitutions de biens, la paix dans les esprits et, par suite, dans le royaume. Pour le même motif, on revint sur la confiscation dont les veuves et les enfants des chefs de la bourgeoisie avaient été victimes. La première, Guillemette, veuve de Gilles Marcel, obtint remise, pour elle et ses cinq enfants, de la moitié des biens de son mari. L'autre moitié avait été donnée à la ville de Paris, sous prétexte que Gilles Marcel lui devait certaines sommes ®. Marguerite, veuve de Charles Toussac, rentra aussi dans la moitié des biens meubles de l'éloquent et malheureux échevin. Six mois après, le 7 janvier i35o,, elle obtenait l'autre moitié, ainsi que tous les conquêts : elle avait mérité cette faveur spéciale en faisant connaître son intention d'épouser Pierre de Dormans, échanson du régent et neveu du chancelier de ce nom'3'. Il ne paraît pas que Marguerite des Essarts, veuve d'Etienne Marcel, ait été réduite à rien promettre de semblable, pour obtenir, trois mois après la mort du prévôt, dans le moment même où l'on conlisquait ses terres et ses maisons, la restitution de tous ses biens meubles, en même temps qu'une rente annuelle de soixante livres parisis pour elle et ses six enfants en bas âge. C'était, à vrai dire, une faible compensation pour tout ce qui lui était pris et pour la perte de trois mille écus d'or qu'elle avait apportés en dot(4'. Encore n'obtint-elle cette grâce insuffisante qu'en considération des services rendus par son père, Pierre des Essarts, à Philippe de Valois, aïeul du régent.
C'est par de telles réparations, si incomplètes qu'elles fussent, que le duc de Normandie essaya de prévenir les dangers dont les vaincus, redoutables encore, menaçaient son pouvoir.
' Très, (tes Cbartes, reg. 86, P 98 r°. servir à l'histoire de Charles le, Mauvais, t. II, p. 128.
J) Ibid. reg. 86, P 99 r". (,,) Très, des Chartes, reg. 90, P 4 9. — Se-
' Ibid. reg. 90, f° i5 v°. — Secousse, Mém.pour cousse. Mein. etc. t. II . p. n5.