INTÉRIEUR DE L’ÉGLISE DU COLLÈGE DE LA FLÈCHE
réfectoire et, en 1630, on acheva de clore le parc, dont les murs avaient été commencés en 1619. Enfin, en 1651, on éleva le corps de logis depuis le réfectoire jusqu’à la rue du collég'e et on travailla à la galerie de tableaux et à la porte royale.
L’autel de l’ég'lise est l’œuvre de Pierre Corbueau, architecte de Laval, qui s’engagea, en 1633, à l’exécuter moyennant la somme de sept mille livres, trois septiers de blé et trois pipes de vin.
Nous nous sommes étendu sur ces détails historiques parce qu’il nous semble que Martellange a dû avoir une grande influence sur ces travaux. Nous n’entendons pas avancer pour cela qu’il en soit l’auteur unique ; mais si , comme l’a fort bien fait remarquer Marchand de Burbure,
« en général, l’église du collège de La Flèche est en petit « ce que l’église du noviciat des Jésuites de Paris est en « grand (86); » rien ne prouve non plus qu’il n'y ait pas eu la plus grande part.
En effet, nous trouvons encore la même nef unique accompagnée de chapelles surmontées elles-mêmes de tribunes, avec un transsept- et une abside carrée. Seulement, à La Flèche , grâce aux libéralités des rois de France, la décoration est beaucoup plus prodiguée, sans toutefois atteindre l’exag’ération.
Il existe à la bibliothèque nationale (87) un dessin d’une vue à vol d’oiseau de La Flèche, où est encore représenté le Château-Neuf, construit en 1540 ou 1541 , lequel a été remplacé depuis par le corps de bâtiment formant le fond de la cour d’honneur. Deux gravures de la même époque,
(86) Page 264.
(87) Topographie de la France (Saillie) V. a. 195. Ce dessin parait faire partie d’une série sur les principaux édifices du Maine et de l’Anjou, dessinée en 1695.
l'une gravée par F. Cotinger et l'autre par Aveline , reproduisent le même édifice.
Il se composait d’un g-rand corps de bâtiment, percé de neuf ouvertures par étage, groupées par trois, dont celles du centre formaient une sorte de pavillon couronné d’une toiture spéciale et où le deuxième étage n’était pas en lucarne comme dans le surplus du logis. A gauche, en regardant le dessin, une petite tourelle lui est accolée ; la décoration de ce bâtiment semble être formée de petits pilastres avec entablement encadrant chaque fenêtre.
En se reportant aux légendes qui accompagnent ces diverses vues, l’on remarque que les Pères occupaient pour leurs chambres les deux ailes en retour et que l’aile de l’entrée formait une galerie ornée, est-il dit, de peintures. Les classes étaient installées dans la cour , en face de l’église , et les pensionnaires dans celle dite à présent du 2e bataillon. Les classes avaient une entrée spéciale à côté de l’église.
Un campanile décorait le milieu de la toiture du corps de bâtiment de la cour des classes en prolongement du château de Françoise d’Alençon, et en face de l’église ; ce corps de bâtiment contenait déjà la salle dite des actes et la bibliothèque .
Quant au corps à la suite , il n’avait pas , au rez-dechaussée, le portique en arcade qui sert à présent de préau couvert.
Le fossé de la ville passe immédiatement au delà de ces bâtiments, et l’on ne peut parvenir aux jardins qu’à l’aide de trois ponts-levis; toutefois l’établissement entier est clos de murs. Enfin à droite et au fond du jardin est figurée encore Y éminence où Henri IV, avec un petit fort, apprenoit à attaquer les villes.
En ce moment , la cour placée à droite , vers l’entrée,