‹ Étienne Martellange 1569-1641Chapitre 9 sur 29 · VUE GÉNÉRALE DU COLLÈGE DE LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE DU COLLÈGE DE LA FLÈCHE

est la cour d’honneur : un corps de logis avec fronton a remplacé le château de Françoise d’Alençon. La cour en face de l’église est celle dite du Ier bataillon et la troisième à gauche est celle dite du 2e bataillon.

Quoique la Compagnie eût préféré que son nom restât obscur à Paris, elle dut cependant s’incliner devant la bonne volonté de la population et les libéralités de quelques personnes. Madeleine Luillier, veuve de Claude le Roux, seigneur de Sainte-Beuve (conseiller au parlement de Paris), résolut d’y fonder un noviciat et, dans ce but, acheta, en '1610, de nombreuses maisons dans le faubourg Saint-Germain, non loin de l’église Saint-Sulpice (l’hôtel de Mézières, à l’angle de la rue de ce nom et de celle du Pot-de-Fer) et l'on put mettre la main à l’œuvre en avril

Jacques du Tillet eut une large part dans cette fondation ; mais il ne consentit pas à partager le titre de fondateur avec Madeleine Luillier f88).

C’est à ces personnages qu’est due, en conséquence, la création de l’œuvre la plus estimée de Martellange, le Noviciat des jésuites de Paris.

On commença d’abord à élever quelques bâtiments et une petite chapelle; peu de temps après , on entreprit la construction d’une maison convenable (89).

(88) Histotuæ Societatis Jesu, pars V, lib. XV. n° 29.

Jacques du Tillet, conseiller au parlement de Paiis, étant entre dans l’ordre des chartreux, transféra au college de Rouen le prieuré de Grandmont, avec l’approbation du pape Clément VIII . en 1592 (Meme recueil, partie et livre, n° 5.)

(89) Description de Paris, cto. par Piganiol de la Force, t. VII, p. 355.

François Sublet de Noyers, qui avait une affection toute particulière pour les Pères de la Compagnie de Jésus (90), fit les frais de l’ég’lise. Ses armoiries figuraient sur la voûte et sur les piédestaux de la balustrade en marbre blanc, devant le maître autel : d’azur, h un pal brètessè d'or , maçonné de sable , chargé d'une vergelte de même.

Il ne faut pas les confondre avec les lettres SF ou FS entrelacées qui faisaient un équivoque à saint François, un des patrons des Pères, et à François Sublet, leur bienfaiteur. On peut voir ce chiffre dans le dessin de la porte du Noviciat, qui a été conservée par Jean Marot (91).

Le 20 janvier 1611, il y eut transaction passée entre les PP. Jésuites, les religieux de l’abbaye de Saint-Germain des-Prés, qui avaient droit épiscopal sur ce faubourg*, et le curé de Saint-Sulpice, au sujet des fonctions, exercices et prédications de la maison (92).

Les travaux entrepris avaient atteint un certain degré d’avancement en 1617, car Martellang*e écrivait, le 29 novembre 1622, dans une déclaration nécessitée par un procès que les Pères avaient au sujet de la construction du collège de Lyon , qu’il avait été convenu de vive voix,

(90) François Sublet, seigneur de Noyers, baron de Dangu , secrétaire d’Etat ayant le département de la guerre, fut aussi intendant des bâtiments du roi et capitaine du château de Fontainebleau. Les carmélites de Gisors furent fondées, en 1621, par lui, à la sollicitation d’un gentilhomme de celte ville, du nom de Saint-Crépin ( Millin , Antiquités nationales, tome IV, cliap. XLV). Il est né vers 1588 et mourut le 20 octobre 1645, à Paris; il fut inhumé dans l'église du Noviciat et sans épitaphe, ainsi qu’il l’avait demandé.

(91) Répertoire des artistes de Jombtrl, planches relatives à J. Marot. Voyez aussi page 62 et note 65.

(92) Sauvai.

en 1617, « qu’elles seroient mesurées par le mitan d'i- « celles, comme il l’avoit faictau noviciat dont il leur fit « la figure. »

Nous insistons de nouveau sur cette circonstance parce que d’Argenville et autres ont dit que le premier essai du talent de Martellange fut l’ég-lise de Lyon, et ils n’ont cité le Noviciat de Paris qu’à la fin de sa carrière, en 1630, parce que la pose de la première pierre de l’église n’eut lieu qu’à cette époque.

On a vu cependant que Martellange , à dater de sa réception comme coadjuteur au temporel, en 1603, a fourni toute une série de projets pour les édifices de la Compagnie.

La plupart de ces ouvrages ont été menés de front et. si Martellange parle, en 1617, des voûtes du Noviciat, il faut admettre au moins que les plans du bâtiment d habitation en étaient tracés et les travaux en cours d’exécution.

D'un autre côté, il ne faut pas oublier que ce qu’on nomme la première pierre d’un édifice est fréquemment la dernière et, souvent même, dans les églises, celle qui est enfouie sous l’autel. La convenance de la faire poser par un personnage influent, auquel on tient à réserver cet honneur, a souvent motivé des retards qui, en définitive, n’ont aucune importance sérieuse pour une cérémonie entièrement facultative.

Enfin Martellange, comme on le verra plus loin (chapitre VIII), aida le P. Derand dans les travaux de l’église de la rue Saint-Antoine, dont la première pierre fut posée par le roi Louis XIII, en 1627.

Il devient donc assez difficile de déterminer lequel de tous ces édifices a eu la priorité dans les travaux de Martellange.

La première pierre de l’église du Noviciat fut posée le

10 avril 1630, par Henry de Bourbon, fils naturel de Henry IV, évêque de Metz et abbé de Saint-Germaindes-Prés, connu depuis sous le nom de duc de Verneuil.

S. FRANCISCO XAVERIO INDIARUM APOSTOLO ANNO CHRISTI M. DC. XXX PONTIFICAT VS URBANI OCTAVI ANNO SEPT IM 0

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