‹ Étienne SaulnierChapitre 14 sur 27 · LA NOCE · texte numérisé non relu

LA NOCE

Le lendemain, l'hôtel de Souvrey était resplendissant de lumières et de fleurs ; des chants de fêtes célébraient la nouvelle épousée. En voyant mademoiselle de Souvrey ,

cette jeune et noble héritière, si libre dans le choix qu'elle avait dû faire, si maîtresse de se choisir un époux selon son cœur, tout le monde la croyait heureuse et la félicitait,de l'être.

Mais entourée, pour la première fois de sa vie, de toute la pompe des grandeurs où sa naissance Tavait appelée , la comtesse de Souvrey devenue l'épouse du président Minard , auquel elle avait transmis son nom , était aussi pâle et aussi triste que si elle allait au sacrifice.

Couronnée de roses, vêtue magnifiquement , couverte de toutes ses pierreries , auxquelles la veille encore elle avait dit un éternel adieu , Marthe semblait une sainte martyre des premiers âges du christianisme, pâle, résignée, quittant la terre et s'en allant vers les cieux.

Indifférente à tout , elle regardait ceux qui passaient devant elic comme des ombres ; on eût dit qu'elle assistait à des funérailles !

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