‹ Étiologie de la carcinoseChapitre 12 sur 26 · ALIMENTATION · texte numérisé non relu

ALIMENTATION

Les individus mal nourris sont généralement mal logés, mal vêtus, en un mot, dans l'ensemble des conditions qui cousti-

(1) Parent-Dj.clialelet, D(? la prQStitution dans la ville de Paris, 1857, 3^ édil., t. 1, p. 236.

tuent la misère ; cependant, nous avtffîs distrait la qiies'tSoii du régiftie des autres conditions hygiéniques, parce qu'il nous a semblé qu'elle avait uneréelie imporlance, laquelle ïéclati'i'ait un article spécial.

Quelle est dotic la part étiolo'gique q^ui revient h une tnauvaise alimentation ? Bien peu d'auteurs ont essayé de la déterminer,'et Cèu'x qui s'è'ili sotit 'occupés ont 'doTiné 'des rés'ù'ltats tellement vagues qu'il n'est guère permis dè'se faire une opfeion certaine. On ne ^peut guère que rechercher quel degré d'importance où doit attribuer à latnauvaise nourriture parmi les causes qui favorisent le développement 'des maladies cancéreuses.

Les aliments indigestes et acres, dit Robert, exercent une influeiice 0 délétère )) sur eètte affection, ainsi que ies elxcès alcooliques du tin jeûne austère. Et, en effet, & ce n'est pas ce qu'on mange qui nourrit, c'est ce qu'on digère, » a dit M-. Bouchardat. Aussi voyons-nous les auteurs qui se sont occupés de la question nous dire qu'un régime grossier, des aliments falsifiés, renfermant des principes non assimilables à l'économie (Chenet), peuvent contribuer à la formation >du cancer. Leblanc avançait qué 1^/carcinome était plus fréquent chez les animaux carnivores que chez les herbivores, et cependant, dans l'observation d'e M. Moricourt, rapportée plus haut, la femme n'aima'it que les légumes et ne mangeait pas de viande.

Pour nous, nous ne reconnaissons d'influence à l'ahmentation que lorsqu'elle ést insuffisante en quahté ou en quantité ; alors, elle a pour effet dé déprimer l'organisme, de diminuer sa force de résistance en ne contre-balançant pas la perte quotidienne, et par là de favoriser les manifestations carcrnomateuses chez les sujets marqués de diathèse,

Eu regard de l'alimentation insuffisante, certains auteurs ont placé l'alimentation exagérée. Budd prétend que le cancer du foie atteint de préférence les individus qui vivent largement. C'est l;i une hypothèse que rien jusqu'ici n'autorise à

admettre ou à rejeter; car il nous est difficile d'admettre que la surabondance des matériaux de réparation produise le même effet que leur insuffisance ; à moins toutefois qu'elle n'agisse sur le l'oie qu'en excitant ses fonctions et en amenant une irritation locale ; nous aurons à étudier bientôt cette cause importante.

En Angleterre, on désigne le foie cancéreux sous le nom de wiskey liver pour faire ressortir l'influence que l'abus des boissons alcooliques exerce sur son développement. Bayle rangeait aussi l'usage excessif des alcools parmi les causes ordinaires du cancer de l'estomac, et tous les auteurs sont d'accord sur ce point.

On a remarqué que le cancer était commun en Normandie; Valentin se demande si c'est au cidre que l'on boit beaucoup dans ce pays, et particulièrement à l'acide malique qu'il fallait l'attribuer.

Un enfant, dont la nourrice est cancéreuse, est-il exposé à contracter la maladie ?

Aucun fait ne démontre, pour le moment du moins, qu'un tel lait soit capable de transmettre l'affection. Nous savons seulement que les affections chroniques qui appauvrissent et débilitent l'organisme, se traduisent chez les nourrices par un lait faible en graisse et en caséum (1). L'assertion de MM. Becquerel et Vernois (2), d'après lesquels le lait des nourrices faibles de constitution est un lait plus riche, ne peut être qu'un de ces paradoxes auxquels conduit souvent la statistique quand elle ne porte pas sur un assez grand nombre de faits (3).

« Depuis longtemps, dit Sylvius, j'ai observé que les enfants s sucent, avec le lait^ le tempérament aussi bien que les incli-

(-1) Guillot, Propriétés et altérations du lait de 'femme {Th. Paris, 1867).

(2) Becquerel et Vernois, Ann. dVij/giene, 4 853.

(3) In Damaschino, loco citato.

S) nations qu'on remarque en eux pendant le cours de leur vie. )) 11 n'est là que l'écho d'une erreur régnant de son temps. Aucune recherche analytique n'a pu faire découvrir dans le lait un principe morbide. Par l'observation directe, Hunter, Ricord et Cullerier sont conduits à rejeter complètement cette transmission (1). Bouchut est encore du même avis (2).

En conséquence, nous n'accorderons à la mauvaise nourriture qu'un rôle purement débihtant, capable de livrer l'organisme à la carcinose.

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