‹ Étiologie de la carcinoseChapitre 16 sur 26 · CLIMATS · texte numérisé non relu

CLIMATS

L'influence réelle des climats, sur la prédisposition à la carcinose, existe-l-elle ? Question bien difficile à résoudre, car les divers et nombreux ouvrages de géographie et de climatologie médicales que nous avons pu consulter, ont été muets ou à peu près, quant à l'affection qui nous occupe. Et puis, dans les quelques résultats qu'ils nous ont fournis; l'influence du climat n'était pas séparée de celles de la race, du genre de vie, de l'agglomération. En outre, sur bien des points, principalement en ce qui touche les contrées éloignées, nous avons peu de documents scientifiques sérieux.

Cependant nous essayerons de mener à bien cette étude, et de tirer, du petit nombre des faits que nous possédons, quelques conclusions sur les relations du climat avec le cancer; nous la commencerons par l'examen de la fréquence du carcinome dans les difîérents pays du globe, puis nous verrons la part d'influence qu'il faut attribuer aux divers éléments qui constituent un climat.

En Europe, suivant Walshe, on observe plus de cas de cancer que dans les autres parties du monde ; mais sa fréquence varie suivant les pays. Les régions du Nord semblent jouir de la plus grande immunité (1). Ainsi, pour Tlslande, une statistique de la mortalité s'étendant de 1827 à 1837, soit 10 années, ne nous donne que 37 décès par cancer, ce qui, avec une population de 50,000 âmes, donne une mortalité annuelle de 0,07 pour 1,000 (2) et de 0,3 0/0 des décès (3). Les îles Feroë

(1) in Dict. encycL, art. Carcinome.

(2) Ilirsch, Eandbmh der historisch geographische7i pathologie. Erlaogen 1^69.

(3) Bouà'm, Traité de géographie et de statistique méd.Pa.m, 4857.

(Panum) jouissent d'une telle immunité que l'auteur déclare n'y avoir jamais entftndu parler de cette affection.

Dans la presqu'île Scandinave, ainsi que la partie nord de la Russie (Hirsch), on constate une certaine fréquence. A Copenhague, où de 1840 à 184-4 on a compté 65 cas de décès par cancer, la proportion es': de 2 0/0 de la mortalité générale (Boudin). En Allemagne, de même qu'en Hollande, on le rencentre avec une fréquence' presque égale à celle des autres pays. Les documents bavarois donnent 2,6 OyO. En Belgique, de 1851 à 1835 on a compté 506,985 décès, dont 5,929 par carcinose, soit 1,41 0/0. Ces cas se répartissent (1) ainsi dans les provinces, proportionnellement à 1,000 décès :

Anvers 17 Brabant 25 Flandiè occid. 14 Flandre orientale 13 Hainautie Liège 12 Luxembourg 7 Limbourg 10 Namur, 12 Le royaume entier 14,91.

Mais c'est surtout pour l'Angleterre que nous avons les résultats les plus détaillés. Nous avons déjà cité les résultats de Hirsch, qui donne 2,9 0/0 de 1849 à 1855, et ceux de Moore, qui portent cette proportion de 1 ,7 à 2,2 0/0, pour un espace de dix ans^ de 1851 à 186J . Voici un autre relevé emprunté à M. Boudin pour les années comprises entre 1838 et 1842 :

1838 à 184^ 1833 2^48 décès, soit une proportion de 166 décès sur unmili.

En Irlande, dans la nuit du 30 mars 1851, il a été fait un relevé de toutes les maladies^ duquel nous tirons les résultats suivants :

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