b3 hommes malades 5-3.442 femmes malades
dont 161 do cancer. dont 206 de cancer.
(1) Annales d'hygiène, r série 18B8, t. IX. Causes de décès cnBoigique.
Nombre assez considérable, puisqu'il donne une moyenne de 3,5 cas pour 1,000.
Moore a divisé l'Angleterre par une ligne oblique allant de Bristol à Saint-Pétersbourg. A-U sud-est de cette ligne la mortalité est en excès, tandis qu'elle est moindre au nord-est. Ainsi en 1851 on avait :
0,0087 hommes et 0,020 femmes 0,0068 hommes et0,0i3 femmes
et, chose remarquable, cette mortalité, moindre au nord-ouest, est en rapport avec l'élévation de la vie moyenne, où 1 sur 6 habitants atteignent quarante-cinq ans, tandis qu'il n'y en a que 1 sur 5 qui atteignent le même âge dans le sud-est.
En France, le cancer est évidemment bien répandu ; mais nous ne pouvons guère donner le chiffre exact de sa fréquence, car il y a peu de statistiques, et celles qui sont faites, pour Paris surtout, le sont avec des chiffres tirés des grands hôpitaux, qui n'ont que peu de valeur au point de vue de la fréquence de la maladie, et non avec des listes de mortalité générale qui, du reste, n'auraient de valeur qu'à condition de porter sur une longue série d'années.
Nous avons vu qu'à Paris, la carcinose entrait pour 6,3 dans la mortalité générale. A Lyon (1) le cancer se montre dans une certaine proportion, surtout chez les femmes. Résultais de trois années d'observations, 1861, 1862 et 1863.
organes génitaux. . .
(1) Mormy, Topograp. et statist. du Rhône, MGQ,
Sur 23,712 décès, soit 5,3 pour i ,000. On le rencontre assez fréquemment en Auvergne, sous forme de cancer des lèvres (1) surtout chez les montagnards. On le voit moins chez l'habitant de la plaine ; il est très-rare parmi les ouvriers, quoique ceux-ci fument beaucoup, surtout comparativement aux montagnards, qui ne fument pas. Une pratique de trente années fait croire à l'auteur qu'il faut l'attribuer à la malpropreté.
L'armée française compte 0,015 de cancéreux pour 1,000 hommes d'effectif.
Pour le canton de Genève, Marc d'Espine (2) nous donne une mortalité de 1,1 pour 1,000, chiffre assez élevé. lia pu conclure de ses 13 années d'observations que la mortalité par cancer était de 68,4 par an, sur toute la population du canton, qui est de 68,281 habitants. C'est le cancer stomacal qui s'est montré le plus souvent, 399 sur 889; l'auteur croit reconnaître une certaine relation entre le cancer et la fréquence endémique des affections chroniques de l'estomac dans plusieurs contrées de la Suisse et de la Souabe. Cette relation expliquerait cette fréquence considérable pour le canton de Genève, proportionnellement à l'Angleterre, par exemple.
Si la région centrale de l'Europe est fréquemment atteinte, il n'en n'est plus de même pour sa partie sud- est, l'Italie exceptée (Velpeau). En Turquie, en effet, les cancers du sein et de l'utérus sont très-rares, au point que, d'après Rizler, M. Messani n'en n'aurait vu que 3-i cas de l'un, et 50 de l'autre dans une clientèle très-étendue (Hirsch). On peut en dire autant de la Grèce (Hirsch).
Pour l'Asie, les auteurs sont unanimes à constater le peu de fréquence de la carcinose quant aux régions tropicales ou
(1) Fleury, C. des lèvres à Clermont. Arch. cjénér. dem^d,, 6e série 1876 t
(2) M. d'Espine, loco citato.
chaudes, surtout celles du Sud-Ouest (Hirsch), spécialement en Syrie, en Perse (Hénocque) et en Arabie (Duthil) (1). Dans les Indes il est beaucoup plus rare qu'en Europe; ainsi sur 4,080 hommes entrés dans l'espace de trois ans à l'hôpital IIobart-Town de Calcutta^ il n'y a eu que 3 cas de cancer ; sur 701 femmes on n'en a compté que % soit 0,07 et 0,28 0/0. Cette maladie est très-rare aussi chez les Indous (Leberl) ; elle ne se montre presque jamais sur les habitants de la vallée du Cambodge.
Les hôpitaux de Cochinchine offrent à examiner la statistique suivante :
1863 22269 entrées 2 cancers estomac; 1 encéphale.
1864 ISSU — 0 cas.
se subdivisant, quant aux races :
Arabes 4 sur 60 décès] '1863 Asiatiques \ sur 64 — [sur 625 décès — 1864 606 décès. Divers 1 sur 20 — )
En somme, très-faible mortalité (Thorel) (2).
Cependant, pour Velpeau il serait aussi fréquent qu'en Europe. Il n'en est plus de même si on vient à examiner la partie sud-est de l'Asie, entre autres la Chine. Suivant Friedel le cancer y serait plus rare qu'ec Europe ; il dit : « La dialhèse cancéreuse paraît, élire plus difficilement domicile dans une constitution de Chinois que dans celle d'un Européen. Dans des cas de cancer du sein, la tumeur n'avait pas le caractère de malignité qui lui est propre, de sorte que la cachexie spéciale faisait à peu près défaut dans la plupart des cas. » Hobson prétend au contraire que ce le cancer dans ses diffé-
(1 ) Duthil (T/i , Paris 1 874) . Cancer primitif du sein,
(2) Thourc'l, Nofc médicahi sur un voyage e7i Cochinchine (Th. Paris 1870).
rentes variétés, et principalement le squirrhe du sein, est assez commun à Canton (Hirsch). »
L'Afrique semble jouir d'une grande immunité, surtout l'Afrique centrale, la côte occidentale, la Sénégambie, etc. (Hirsch). Clot-Bey insiste sur sa rareté en Egypte. D'après Bax, la maladie est rare en Algérie et au Sénégal; Duthil a remarqué aussi que dans ces pays elle était rare chez les indigènes. Cependant Heinecken et Kreûpfer sont d'accord sur la fréquence du cancer à Madère (Hirsch).
A Alger il en serait de même, suivant Boudin :
1852 8 décès par cancer sur 1591 décès généraux
Soit0,66p.l00.— ASainte-Hélène, de 1826 à 1835, sur une population annuelle moyenne de 4,500 habitants, on a compté 552 décès, dont deux seulement par cancer (Boudin). D'après Ant. Petit, celte affection ne serait pas si rare qu'on le dit, en Abyssinie. Il dit, en effet {in Courbon) (1) : « Le cancer m'est apparu atteignant, suivant sa coutume, les principales glandes de l'économie, le sein, les testicules, etc. »
En Amérique, le carcinome est rare dans les régions septentrionales, tropicales et subtropicales. H existe peu de données sur le cancer dans l'Amérique du Nord, de sorte qu'il nous est impossible de décider si, comme on Ta prétendu, la maladie y ect en réalité plus rare que sur l'hémisphère oriental (Hirsch). Cependant la majorité des auteurs semble l'affirmer (Lebert, Duthil, Hénocque') ; j'en excepte toutefois Velpeau, pour qui tous les peuples sont également atteints. Nous relevons dans Hirsch quelques données statistiques :
(I) Courbon, Obs .tûpographique et médicale auv l' Abyssinie (Th. Paris, 1861).
Boston <811 à 1839 2000.000 habitants <76 décès cancer, soit 0,9 0/0
New-York 1805 îi 183G 5036.000 — 358 — 0,9 —
Philadelp. 1807 à 1840 4.873.000 — 744 — 4, '5 __
Baltimore 1836 ^4 855 !g. 250. 000 — 258 — <'i
Ces chiffres sont en faveur de l'opinion émise ci-dessus. M. Armand (1) donne, pour les États-Unis, la proportion de 634 morts chez les noirs contre 4,000 chez les blancs ; ceux-ci seraient donc plus sujets au carcinome que les noirs, qui sont dans des conditions sociales plus mauvaises. Pour King aussi, la maladie cancéreuse est rare dans l'Amérique du Nord ; il y a constaté la rareté des tumeurs malignes; et tandis qu'il parle de la fréquence d'autres maladies chez les femmes, il ne dit pas un mot du cancer de l'utérus ou du sein (Hirsch).
Nous avons déjà vu que les contrées américaines des zones tropicales jouissaient d'une immunité remarquable, quant au cancer (Lebert, Duthil). Dans les Indes occidentales, la Guyane, le Brésil, c'est à peine si on le connaît; et l'affection, désignée au Pérou sous le nom de « mal de Abajo y> n'est pas, comme on l'a cru, le cancer de l'utérus, mais probablement de la syphilis (Hirsch). Au Mexique, dans les districts tropicaux, comme à Campêche, il en est de même (Hénocque), tandis que dans les points correspondants à la partie moyenne de l'Europe, à Puebla par exemple, et surtout à Mexico, il serait aussi fréquent que dans les contrées européennes.
De tout ce qui précède, que conclure ? D'abord, que le cancer est plus fréquent dans les zones tempérées, quoi qu'en ait dit Fabrice d'Aquapendente. L'expliquerons-nous, avec Biessy, parla diminution de la transpiration dans les climats froids, et parles engorgements ganglionnaires consécutifs? Non, nous nous contenterons de constater le fait. Cependant, d'après les
(1) Armand. Traité de climatologie générale, ^"73, p. 863.
quelques données que nous avons pu trouver, quelque incertaines qu'elles soient, nous sommes autorisé à dire, d'accord avec Marc d'Espine, Moore, M. Tanchou et M. Armand, que le cancer est plus commun chez les peuples dont les conditions de bien-être sont plus développées.
Ce qui tend à le prouver, c'est que lacarcinoseest presque inconnue en Amérique et en Afrique. En Égypteon la trouve chez les femmes turques et nullement chez les fellahs. De plus, cette maladie n'est pas rare sur les animaux domestiques et sur ceux de nos ménageries, tandis qu'il est encore sans exemple que le cancer se soit développé sur. les animaux à l'état sauvage (i).
Ensuite nous remarquerons que la température, considérée en elle-oiême el séparée de toute autre condition climalologique, semble, en s'élevant, éloigner de plus en plus les cas de carcinome. Car on peut constater que, dans les pays chauds euxmêmes, plus on s'approche de l'équateur, moins on a de chances de rencontrer la maladie. De plus, cette grande fréquence dans les pays tempérés, semble coïncider aussi avec l'exislence de variations dans la température; et on pourrait peut-être expliquer de la sorte pourquoi le Mexique, où la température est très- changeante, fait exception à la loi d'immunité relative qui domine les pays chauds.
Quelle place faut-il donner à l'influence des saisons dans l'éliologie de lacarcinose? Une bien faible, en vérité^ caria question, pour ne pas être neuve, n'en est pas plus résolue pour celaj aucun auteur n'ayant fait de recherches à ce sujet. Marc d'Espine seul, auquel nous allons encore faire un emprunt, a dressé quelques tableaux, sur la manière dont se sont répartis les divers cas de cancer notés par lui dans le canton de Genève.
(1) Tanchou, Académie des sciences, 6 mai -1844.
Et d'abord 150 décès observés en 1854 et 1855
Janvier 8 16 Avril 4 0 4 Juillet 1 41 Octobre 4 4
Février 2 6 Mai 5 7 Aoiil 4 4 Nov. 'à 3
Mars ^ ^ Juin 5 Sept. 4 4 Déc. '2 9
4 6 31 20 20 T tï~ TT Te"
Ce qui nous donne: printemps 41; été 42; automne 24; hiver 43. Pendant ces deux années, les moyennes des observations météorologiques ont été :
l^trim. 12025 725,6 press. almosp. 3Mrim. H»?.! 727,8 pression, 2« trini. la^â 724,7 — 4etrim. 4^ 724.8 — '
C'est-à-dire que,-lorsque la température s'est élevée, le nombre des cas a diminué, pour reparaître avec plus d'intensité après un écart en moins de près de quatorze degrés de température: nous rentrons donc ici dans ce que nous disions plus haut. Mais voyons sa seconde statistique, basée sur treize années :
Printemps
Eté
Automne
Hiver
Totaux
Hommes
Femmes
Citadins
Campagnards
Ici encore nous sommes dans la loi ordinaire j mais si l'été semble l'emporter, c'est aux femmes, et aux femmes campagnardes qu'il faut attribuer la cause de différence, et nous l'ex- [)liquons par ceci, que c'est à ce moment que les paysans travaillant le plus, semblent de la sorte prêter le flanc aux attaques de la maladie. Et si nous n'examinons que les résultats fournis par les citadins, nous les voyons rentrer dans l'ordre que nous donnions tout à l'heure.
Nous pouvons donc conclure, en face d'une statistique de quinze années, avec quelque certitude; et, quoi qu'en dise Lebert, arriver à un résultat plus qu'approximatif. Nous verrons que Stahl avait tort de dire que le printemps exaspérait les symptômes cancéreux; il raisonnait d'ailleurs par analogie, puisqu'il disait que c'était parfaitement en rapport avec l'énergie vitale que cette saison excitait dans tous les corps organisés.
En résumé, l'hiver est la période la plus défavorable aux cancéreux, qui résistent bien mieux "pendant la saison chaude.
Quoique nous n'ayons rien pu trouver concernant {'altitude des terrains, disons cependant qu'en interprétant nos données géographiques, il semblerait que les pays de montagnes soient plus affectés que d'autres, la Suisse surtout, le Mexique. Nous ne pouvons ni n'osons résoudre une semblable question, qui serait importante à connaître, cependant : nous signalons simplement cette coïncidence que nous avons remarquée.
Que flire des races? Y en a-t-il de plus prédisposées que d'autres à la carcinose? Il est vrai de dire qu'aucune ne jouit d'une parfaite immunité, mais il semble, cependant, qu'elles présentent quelques différences dans leur aptitude à contracter la maladie; et, sans contredit, c'est la race blanche qui a le privilège de réunir l'ensemble de presque tous les cas. En eston réduit à conclure de la sorte par le manque, dans lequel nous nous trouvons, de documents sur les races jaune et noire surtout? Nous sommes autorisé à le penser.