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II. Maladies générales chroniques

Il n'étonnera personne que nous ne parlions pas des affections aiguës, car il est impossible de saisir quel lien pourrait exister entre deux états pathologiques si dissemblables quant à l'essence et à la marche.

Parmi les maladies chroniques, une avait surtout attiré l'attention des anciens, la syphilis. Lassus le professait en 1801 à son cours de pathologie ; Bayle était du même avis. Lisfranc, Boivin et Dugès ont cru à l'influence d'un principe syphilitique constitutionnel, mais Churchill est loin de l'admettre. D'ailleurs Parent-Duchatelet n'a jamais trouvé de rapport, même éloigné, entre les deux atfections.

Nous ne parlerons pas du scorbut, nous ne l'avons trouvé mentionné que dans Hippocrate, et dans Lieutaud (1).

Mais il est un autre état, le névropathique, qui doit nous arrêter quelque temps. Faut-il dire, avec Broussais (2), que le siège primitif du cancer, comme de toutes les autres maladies, est dans le système nerveux? Amussat, admettant l'influence des causes morales, en déduit une sorte de corollaire, et dit : <r Je suis porté à croire que le siège du cancer est dans le système nerveux (3). 3)

(1) Lieutaud, Précis de la médecine pratique^ 4 "762, p. 426.

(2) Broussais, Essai sur quelques points de pathologie médicale, 1821.

(3) Amussat, in Gazette hebdomadaire, t. I, p. 1048.

II y a eu quelques névropathologistes qui ont cru trouver dans les rapports de l'appareil nerveux la cause immédiate de tout développement de tumeur; et, en effet, il en est beaucoup qui prétendent que les influences morales dépressives, que de? lésions directes des nerfs ont pu donner lieu au développement de tumeurs : cette sorte de causes a été mise en avant, suriout pour le eanoër de l'estomac. Sur quelles raisons s'appuie-t-on pour défendre ces théories? Sur de bien faibles, et Barras (1) n'a pas tort de croire que les soi-disant prodromes nerveux sont déjà eux-mêmes des symptômes du cancer de l'estomac.

Schroder van der Kolk (2), dans une fracture de cuisse chez un lapin, au lieu d'un cal osseux vit se former un fongus médullaire. Il pensait que la production du cancer ne se concevait pas autrement, dans son cas, que comme une conséquence du défaut d'influx nerveux ; la force régulatrice, qu'il attribuait au système nerveux, avait manqué au travail régénérateur.Mais, dit Virchow, c'est là un fait unique, et qu'on ne peut considérer comme probant.

Il est fort possible que la coexistence existe, mais de là à conclure à une action causale, nous croyons que c'est aller un peu vite. Voici d'ailleurs comment M. Chenet explique la possibilité de cette coïncidence. Il part de l'arthritisme, dont nous avons parlé précédemment, et delà relation qui existe entre lui et la névropathie ; les goutteux et les rhumatisants donnent naissance à des enfants chez lesquels les accidents trophiques se montrent tard où pas du tout, et alors ils sont remplacés par la névropathie. Or comme le cancer serait une manifestalion tardive, possible de l'arthritisme, et comme la névropathie, dans certains cas, peut se substiluer à l'arthritisme, il exphque par ces rapports certains comment les cancéreux sont souvent névropathes.

{{) Barras, Précis analytique sur le cancer de l'estomac. Paris, 1842. (2) Ira Virchow, Traité des tumeurs t. I, p. 65 et suivantes.

En tout cas, si les affections chroniques n'ont pas d'action directe sur l'étiologie de la carcinose, on ne peut dénier l'action indirecte qu'elles exercent en plaçant réconomie dans les mauvaises conditions de résistance dont nous nvons parlé à propos de l'hygiène.

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