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Que si maintenant nous adoptons pour limites d'intervalle entre l'apparition, du cancer et la disparition du flux cataménial au maximum 2 années, soit avanl, soit après, nous ne retrouvons dans ce tableau que 13 cas sur 50 qui sembleraient pouvoir se rattacher à l'influence de la ménopause.
Sans doute le cancer s'observe souvent à cet âge, mais est-ce bien à la ménopause seule qu'on doit attribuer son apparition ? Nous serions, en elFet, assez porté à nous rattacher à l'opinion de Desormeaux et de P. Dubois, qui disaient qu'on avait exagéré, au point de vue de i'étiologie du cancer, l'importance de l'âge critique. N'est-il pas beaucoup plas naturel d'admettre que ces maladies existaient déjà, et que, la cessation des règles survenant, celles-là avaient pris un développement d'autant plus rapide, qu'elles avaien!: trouvé la femme dans des conditions plus fâcheuses? D'ailleurs nous avons vu qu'il y avait rarement simultanéité: 4 fois sur 50 seulement elle a été notée par M. Bocque ! Le cancer, ici comme chez l'homme, coïncide donc simplement avec la vieillesse.
Passons à l'étudo du sein, en ce qui concerne I'étiologie qui préside à la manifestation carcinomaleuse dans cet organe. La cause qui semble dominer ici, est tout entière dans les
traumatismes. Qnniqiie ce ne soit pas la place où nous devons traiter cette question, disons cependant, à ce propos, que : répondre à une femme, atlribiiant le cancer qu'elle a au sein à un coup quelconque, qu'elle se trompe, c'est peut-èlre se montrer trop affirmatif à tort. La tumeur préexistait, dites-vous, la malade ne s'en était pas aperçue auparavant. Sans doute cette manière de raisonner est peut-être la bonne, mais soutenir l'opinion contraire serait encore assez facile ; car un pincement, un coup, petits traumatismes qui s'oublient assez vite, peuvent devenir ainsi la source -de maladies qui ne font leur apparition que plus tard, « On a souvent invoqué, dit Vel- )) peau (1), l'exemple du vésicatoire, des cautères permanents, 3) pour prouver Tins uffisan ce des irritations répétées dans la )) production du cancer. On soutenait cette opinion depuis » Bayle et Cayol, j'en ai pourtant rencontré 10 exemples : j'en 5) ai opéré 6 et vu opérer 2, tant aux bras qu'aux jambes. » Nous reverrons cette question dans notre chapitre suivant.
Quant aux causes prédisposantes, Georges Hill, chirurgien de niiester, l'attribuait souvent au sevrage; Velpeau, qui a particulièrement traité ce sujet, ne les trouve ni dans l'âge, le sexe, la constitution, ni dans l'état général, ni dans les climats. Le cancer du sein est moins rare qu'on ne le croit avant trente ans; Carraichael en rapporte un chez un enfant de douze ans. C'est de 40 à 60 qu'on en rencontre le plus; mais les autres périodes de l'existence n'en préservent point ; l'époque la plus avancée delà vie n'en n'est pas exempte elle-même. — Velpeau ne l'a jamais trou vé chez les nouveau-nés.
L'une des mamelles est-elle plus exposée que l'autre ? Sur 212 cas de squirrhe observés par Velpeau, H 6 fois à gauche, 75 fois à droite, 6 fois des deux côtés ; sur 62 encéphaloïdes, il a
fl) Velpeau, Maladies du sein. Paris, 18!j4.
noté : 33cas à droite, 23 cas à gauche. Erisorleque poiirrensemble la proportion, qui semblait différer, est à peu pr^s la même.
Le sexe a peu à intervenir. En effet, si le cancer du sein est plus rare chez l'homme, cela tient évidemment à ce que chez ia femme cet organe est soumis à des fonctions bien plus importantes. — On le rencontre chez les femmes sanguines, bien musclées, aussi bien que chez les femmes nerveuses, impressionnables; chez les femmes lymphatiques, grasses, aussi bien que chez les femmes brunes, sèches, atrabilaires. Des observations de Velpeau on peut conclure, en outre, que nulle constitution organique ne met à l'abri du cancer, pas plus que l'état moral, si souvent invoqué par le pubhc.
A sa statistique, Rocque en a ajouté une autre concernant les relations qui ont pu exister entre la ménopause et le cancer du sein. Sur 21 cas, noxis n'en avons trouvé que 6 pouvant rentrer dans le cadre que nous avons tracé plus haut ; aussi ne répéterons-nous pas ce que nous avons dit au sujet du cancer de l'utérus.
Disons, pour finir, que l'on peat aussi le rencontrer chez l'homme ; il en existait dans la science environ 70 cas, lorsque M. Horteloup (1) est venu en donner 16 nouveaux ; dans une thèse passée l'année dernière (2) nous en avons trouvé 7 autres, ce qui porte le nombre des cas à environ 90. Voici^ en résumé, cinq des principales observations de M. Chenet.
\ . (M. Verneuil), 41 ans. Mère morte à 50 ans, cancer intestin, vie régulière, impressionnable.
2. (M. Chenet), 55 ans. Coup de timon sein, pas d'hérédité,45 enfants, névropathe.
3. (M. Terrier), 57 ans. Disparition d'un flux hémorrhoïdal qui durait depuis \ 0 ans.
(<) Horteloup, Th. agrég. Paris.
(2) Chenet. Bu cancer du sein chez l'homme {Th. Paris, 4876),