‹ Étiologie de la carcinoseChapitre 9 sur 26 · M; Terrier), 53 ans. Débiitil y a sept ans · texte numérisé non relu

M; Terrier), 53 ans. Débiitil y a sept ans

5. (i>l. Domrelepont), 5i ans. Affaibli, début remontant à six ans.

Nous voyons ici réunies toutes sortes de causes, sur quelquesunes desquelles nous aurons à revenir ; constatons cependant que dans deux de ces observations il y a eu coïncidence entre la disparition d'un écoulement habituel^ et la production du cancer du sein chez Tliomme : dans l'un des cas, c'étaient des épistaxis intermittentes et assez abondantes ; dans l'autre M. Terrier rapporte, comme un fait singulier, que son malade a vu disparaître, depuis cinq ou six ans ; un flux hémorrhoïdaire périodique très-abondant, qui reparaissait toutes les trois semaines.

L'âge moyen serait cinquante-un ans, si nous prenons la moyenne des âges rapportés par M. Chenet.

Les autres organes, dont nous devons nous occuper plus particuhèrement, ne nous arrêteront pas longtemps.

Les voies aériennes, entre autres le larynx payent leur tribut à la carcinose. Nous en avons trouvé 29 cas rapportés par M. Blanc (1). Jamais cet auteur n'avait pu rencontrer d'hérédité ; mais il avait pu noter : 5 fois l'influence d'un refroidissement, 3 cas avec abus de la parole et 1 par traumatisme. — Les hommes y seraient plus sujets que les femmes, et ceci dans la proportion de 77,8 0/0 :

à 4 ans

à -îa -

Varrière-gdrge peut être également prise, mais si rarement (1) Blanc, ThèsePms, 4872.

que M. le professeur Lasègne (-1) a pu dire que : c: si on estime ]a fr.lquence d'une maladie par le nombre de faits recueillis dans la science, il n'en est pas d'aussi exceptionnels que le cancer de l'arrière-gorge. )) En effet on n'en trouve pas une seule description didactique ; et les observations, en petit nombre, qu'on possède, sont d'un tel laconisme, qu'elles ne fournissent pas de matériaux à exploiter. Warren, Lobstein, Walsiie, Schaw en ont indiqué plutôt que raconté quelques cas.

Dans \q, poumon le cancer est assez fréquent, mais pas tant cependant que le ditValleix, qui affirme, d'après des travaux inédits de Louis, que, pour la fréquence, le cancer du poumon viendrait après ceux de l'utérus, de l'estomac, ou du foie, opinion évidemment exagérée. En effet sur 67 décès par le cancer, Herrick et Papp en ont trouvé G cas ; et Lebert seulement 6 aussi sur 4-47.

Il est certain que jusqu'à présent on l'a moins observé en France qu'en Anglelea-e, nous dit une thèse inaugurale (2) (ie4861. — Il est de tous les âges, ce cancer; Lebert Ta vu chez un enfant de 7 mois; Lacaze-Dulhiers en cite 2 cas chez des enfants de 7 ans. — Aviolat et Walshe ont dressé deux statistiques.

0 à 20 ans 20 à 30 30 à 40 40 à 50 SO à 6.0 au dclii Aviolat 3 4< ^ <2 o • 2

Walshe 3 8 7 i iL ^

Ces deux auteurs ont également noté le sexe; Aviolat donne 20 femmes contre ^ 9 hommes, et Walshe 49 contre 25 sur 44 cas. Ainsi donc, l'âge moyen est encore ici de 40 à 50; et l'influence des sexes se fait sentir dans la proportion de o3 hommes contre 47 femmes, sur 400.

(1) Lasôgue, Traité des angiJies, 1868.

(2) Aviolat, C. primitif du poumon [Th. Paris, i861).

Le cancer primitif existe également dans la plèvre et se rencontre avec une fréquence relative. Lannec en cite 2 cas, un de Boerhaave, un autre deCorvisar; Ândral en rapporte une obs. prise par lui à Cochin (l);*Trousseau (2) en a observé un cas. Le D' Gintrac en rapporte, dans sa thèse, un cas observé par Chaussier et- par Lebert. M. Lépine en a présenté un chez un enfant de 10 ans, du service da D^" Barthe. En somme 12 cas dans la science. Ils semblent devoir prendre, pour cause ordinaire, une propagation d'un carcinome siégeant sur un organe voisin (3).

Nous ne dirons rien en particulier ici des organes de la digestion qui sont, l'estornac et le rectum surtout, le siège trèsfréquent des néoplasies cancéreuses. Nous avons eu et aurons l'occasion d'en parler d'une manière générale. Cependant, la bouche est, relativement, si souvent atteinte de cancroïdes ou d'épitheliomes, qu'il nous semble intéressant de voir si le tabac ou son usage ne peuvent pas être incriminés. Et, en effet, M. Bouisson (4) incline à penser que le cancer buccal est devenu beaucoup plus fréquent depuis l'importation du tabac; cependant il fait une part assez large à la diathèse générale, en sorte que le tabac ne serait, le plus souvent, qu'une cause provocatrice locale, aussi bien que la chaleur. Et comme preuves à l'appui il rapporte : 1° le cas d'une demoiselle qui avait précisément l'habitude de fumer, chez laquelle, il avait constaté un cancer labial; 2° celui d'un Espagnol, chez qui le carcinome occupait le nez. Le malade attribuait lui-même cette localisation de Taffection à l'habitude qu'il avait de rejeter la fumée de tabac par les narines. Nous ne serions pas éloigné de penser que la chaleur aussi joue son rôle de cause provocatrice, puisqu'on a rarement vu d'individus, en proie à la

(1) Andral, armoUlious à la 4e édit. du Traiicd'amcultation médiate.

(2) Trousseau, Cliniques, t. I, Leçons sur la liioraceulèse, 'Î86I.

(3) Anauli, Manifestation cancéreuse de la plècre [Th. Paris, 1874). [i)ln Gaz. hebdom., t. VI, p. 500, elt. XI, p. 348.

passion de priser, être pris de cancer du nez. Cependant Fourcroy rapporte le cas d'une dame qui mourut d'un cancer du nez, pour avoir prisé trop de tabac (1). M. Mérat (2) est de cet ayis. Sur 72 observations de M. Bouisson, neuf fois seulement il y a eu en même temps cancer de la langue. M. Esmark rapporle qu'il a vu plusieurs cancers papillaires de la muqueuse buccale chez des jeunes gens qui. commençaient à fumer, et qui, pour cela, se servaient de tabac à moitié brûlé, ramassé dans les cabarets (3). On trouve également cité un travail de M. Liret, du même avis que M. Bouisson, et qui met en cause les pipes courtes et mal culottées. Ici il y a trois causes qui entrent en jeu, sur la dernière desquelles nous aurons à revenir : tabac, chaleur, traumatisme lent et prolongé.

Le péritoine voit quelquefois se localiser sur lui la carcinose, qui frappe plus généralement les organes renfermés dans son intérieur. Lebert lui a assigné comme âge moyen 53 ans 28, M. Lorreyte (4), ayant analysé 25 cas à ce point de vue, a trouvé 4i ans 48. M. Galvaing, dans sa thèse (1872), parle d'une enfant de 13 ans ; et les exemples de morts jeunes ne sont pas des plus rares : ainsi il y a deux ans est morte, dans le service de M. Hardy, à Saint-Louis, une jeune fille de 18 ans. Nous avons pu voir, il y a peu de temps, dans un service du Val-de-Grâce, succomber un jeune soldat de 22 ans.

Il est des organes qui servent rarement de terrain au développement des nosorganies cancéreuses : le cerveau et le cœur entre autres; les observations, sans être absolument rares, se rencontrent, mais il y en a peu cependant.

Dans le cerveau, le cancer peut se localiser partout, ainsi

(1) In ?a,Ten\.-Dachdiielel,Hygine publique, 1836, t. II, p. 505.

(2) Mérat, Dict. des sciences médicales, \ t. LIV, art. Tabac, p. 4 56.

(3) Etmark, in Archives de médecine^ 1875, 6" série, t. 26, p. 738

(4) Lorreyle, Cancer primitif du péritoine {Th. l'aris, 1875).

(ju'il uppert des observations relatées dans le travail inaugural de M. Pardessus (i), dans les ventricules, les corps striés, les couches optiques; sur l'écorce, en avant ou en arrière, sur la protubérance, etc. Un cas s'est manifesté à 2 ans 1/2; un autre à 24, trois de 30 à 40 ans et un à 53 ans.

Pour le cœur, la somme des observations rapportées semble plus forte, quoique, cependant, on rencontre moins de cas de cancer de cet organe que des autres, probablement parce qu'il est moins facile à reconnaître pendant la vie. Il y a trois ans, sous les auspices de M. Liouville, a été passée une thèse (2) qui contient 24 observations de carcinome du cœur. La localisation se répartit ainsi qu'il suit : — Ventricule g. 7 fois. — Oreillette g, 2. — Ventricule et oreillette dr. 7. — Paroi inter ventricule, 1. — Péricarde, 2. — Tissu adipeux péricardique, i.

C'est ici le lieu de parler de l'hypothèse du cancer primilif du sang, érigée en doctrine par Carswell (3). Suivant cet auteur, avant l'apparition de la première tumeur, les éléments du cancer existent toujours dans le sang ; ils ne se déposeraient que plus tard, molécule à molécule, dans le parenchyme des organes, il est bien démontré aujourd'hui que ces prétendues infections primitives du sang ne sont que secondaires à un cancer intravasculaire.

Les muscles aussi peuvent être le siège de cancer primitif. Il existe 26 observations dont 22 dues à Lebert, 3 à Cruveilhier, 1 à M. Broca de cancer primitif généralisé. Mais il peut être unique, et 5 cas se trouvent dans la science, rapportés par M. Vignes, dus à Demarquay, M. Gosselin et Warren, et à un auteur (lu Compendium (4).

(1) Pardessus, Cancer du cerveau {Th. Paris, 1869).

:;2) Lober, Contribution ù l'étude des maladies de cœur {Th. Paris, 1874). . (3) Carswell, The Cyclopedia of practical medicine. Londres 1834, t. III, art. Sciirhus.

(4) Vigoes, Cancer primitif des muscles {Th. Paris, iS^îl).

Nous terminerons cette élude, que nous avons abrégée le plus possible, mais qui est encore trop longue pour l'importance de notre travail, par l'examen rapide des organes de l'appareil génito-urinaire, envisagé surtout chez l'homme, puisque l'utérus a été le premier organe duquel nous nous soyons occupé.

Le rein est une localisation rare de la diathèse, suivant certains auteurs ; mais nous croyons que cette rareté a été exagérée. De plus c'est celui, de tous les cancers qui peuvent affecter l'enfance, qui se rencontre le plus souvent (1). D'après Hirschprung on le rencontre 15 fois sur 29 cas de carcinose de l'enfance. On le rencontre même dans le plus jeune âge, puisque M. Louis Odin (de Port-au-Prince) a trouvé un sarcome fasciculé du rein chez un jeune nègre de 10 ans, dont le début paraissait devoir remonter au moment de la naissance; fait communiqué à la Société méd. des hôpitaux le 26 fév. 1875 par M. Ferréol (2). Bennett mentionne un cancer hématode de 4 livres chez une enfant de 4 ans ; Obre, un cancer des deux reins chez un enfant de 13 mois. Rayer relaté une observation recueillie par Hance, chez une petite fille de 17 mois.

Il est à regretter que les statistiques ne soient pas assez nombreuses pour qu'on puisse établir la fréquence relative du cancer du rein. (]elle deTanchou (3) se rapporte à 9,118 cas de décès par carcinose dans la Seine, de 1830 à 1840. Sur ce grand nombre de cas, il n'y en n'a eu que 3 pour le rein. Lebert en a compté 12 sur 257. Nous n'en avons trouvé que 4; sur 1,421 décès par cancer des hôpitaux de Paris .

Robert (4) dit qu'il se manifeste de préférence à deux époques de la vie, dans l'enfance et dans l'âge adulte.

{{) LécorcM, Maladies des reins . Paris, 1875.

(2) In Gazette hebd., Ml 5.

(3) Recherches sur le traitement médical des tumeurs cancéreuses du sein. Paris, 1844.

(i) l\oberts, Vriiiary and rénal diseuses. Londoti, 1865.

0 à 1 an 1 à 2 2 à 3 3 à 4 7 à 8 4 0 ans ■19 enfants 1 4 6 5 2 4

4 9 ans 20 à 30 30 à 40 40 a 50 50 à 60 60 à 70 au delà 29 adultes 4 6 4 3 7 7 4

La statistique que Rosenstein ( 1) a dressée est la suivante :

O—l 1-10 4 0—20 20-30 30—40 40—50 50—70 70—80 7 TT ~Ô~ 5 3 5 45 2

il donne en parallèle celle de Walshe :

C'est aussi l'opinion de Niemeyer.

Suivant Lehert, on le rencontrerait chez 7 hommes pour 4 femmes. Pour Rosenstein, cette Droporlion serait de 22 pour 15, et selon Roberts de 37 sur 15. La proportion varie donc pour 1 homme, entre 0.40 et 0.63 pour la femme.

Il est plus fréquent dans le rein droit que dans le rein gauche par suite de sa plus grande fréquence dans le foie que dans la rate (Rayer) (2).

Le cancer rénal par métastate apparaît chez l'homme, à la suite soit d'un cancer primitif du foie, du poumon (Velpeau, Cruveilhier), soit d'un carcinome de l'estomac, du testicule. Chez la femme, c'est ordinairement à la suite d'un cancer du sein ou de l'utérus.

Le cancer par propagation se rencontre dans les cas du cancer, du côlon descendant ou ascendant, du foie ou de l'estomac (3).

On a encore admis l'influence du traumatisme; nous ne

(1) Rosenstein, Maladies du rein ^ 4874, p. 530.

(2) Rayer, Ma/adies des m'ns, 4 839, t. III.

(3) Lécorché, /oc. citatOi

voyons pas dans le cas particulier qui nous occupe, ce que cette cause peut avoir de bien fondé. Il est trop facile vraiment de raisonner sur ce sophisme : ce Post hoc, ers^o propter hoc. )>

Les tumeurs bénignes de la vessie, lefongus surtout, peuvent d'après Civiale(l) prendre un caractère malin et devenir subitement .cancéreuses. Pour Virchow ce sont surtout les myômes qui sont sujets à revêtir ce caractère de mahgnité « pour peu qu'ils se soient développés, dans leurs tissus interstitiels, des éléments hétérologues. »

La prédisposition se rencontre surtout chez les individus atteints de la pierre : est-ce à cette cause qu'il faut attribuer la plus grande mortalité qui semble peser sur ce cancer de la vessie? Ainsi sur 11 cas dans les hôpitaux de Paris, on a eu à compter 9 décès, soit une mortalité de 81,8 p. 100.

Il nous faut parler ici du cancer de la vulve, dont nous n'avons rien dit en parlant de l'utérus. Churchill (2) n'a pu en réunir que 3 cas, deux chez des femmes mariées, un chez une vierge; aans ces 3 cas, c'était toujours la lèvre gauche qui était atteinte. — La première des femmes mariées avait eu 7 enfants, l'autre 10. De plus il n'a constaté aucune lésion semblable soit du côté du vagin, soit du côté de l'utérus. Nous n'avons trouvé que 2 cas, ayant amené une fois le décès dans notre statistique de Paris.

M. Rondot(3), lui, a pu, en dehors des 19 cas de West, réunir 27 cas, dpnt2i siégeaient à la vulve et 6 dans le vagin. L'âge moyen oscille entre 40 et 50 ans; toutefois on peut rencontrer ce carcinome à un âge plus avancé, car il cite une malade qui avait atteint sa 10" année. — Une seule n'avait jamais eu de rapports

(1) Giviale, Traité des maladies des voies urinaires, i842.

(2) Churchill, Maladies des femmes, 1866.

(3) Rondot, in Gazette hebdomadaire , Mil 6 .

sexuels, toutes les autres, mariées ou non, avaient été mères au moins une fois. Cet auteur reconnaît comme étiologié l'influence des causes ordinaires; cependant il faut accorder une prépondérance particulière aux affections qui peuvent retentir sur le fonctionnement et la nutrition des organes génitaux, et les irritations locales sont de ce nombre. Comme exemple, il nous suffira de citer, avec MM. Dugès et Boivin, une observation où l'on voit des attouchements répétés et prolongés du clitoris, amener une dégénération cancéreuse de cet organe.

Le cancer de la verge est rare avant 40 ans, époque à partir de laquelle se trouve son maximum de fréquence. Nous en avons compté pour Paris, de 1860 à 1863, 7 cas, dont 3 sont morts. Le phimosis, suivant Roux, même l'état habituel de couverture du gland, selon nous, sont capables de provoquer l'apparition delà maladie. Sir Page t, dans le 1/20 des cas, est arrivé à prouver l'hérédité. — Une cause prédisposante encore, c'est le frottement répété du caleçon ou du pantalon. M. Gerbaut(l) cite 3 exemples où les émotions morales semblent avoir une influence manifeste. Toujours suivant le même auteur la race nègre, dans les pays chauds, est plus particulièrement disposée à contracter cette maladie.

Nous aurons à revenir sur les affections du scrotum à propos des professions ; il nous reste à dire quelques mots du testicule. Pour cet organe, il semblerait que le maximum de fréquence se trouve pendant la période d'acuité, de forcé de la fonction. Ainsi sur 51 cas du cancer du testicule, rapportés par M. Hénocque, on eu voit 11 de 20 à 30 ans, et 22 de 30 à 40 ; les autres se répartissent comme suit : avant 5 ans, 5 ; — de 15 à 20, 1 ; — de 40 à 50, 6 ; — de 50 à 70, 6. — Les cas des hôpitaux de Paris ont été au nombre de 18, ayant amené 6 décès, soit une mortalité de 33, 3 p. 100.

(I) Gerbault, Cancer épithelial du -pénis {Th. Paris, 1872) .

Nous en avons terminé avec les quelques organes dont nous voulions parler. Disons cependant, avec Lebert, l'âge moyen auquel se montrent les différents cancers :

Olilil 32

Sein 50 Intestins

Lymphatiques 50,45 Thyroïde

Testicules 35,12 Os 39,50 Cerveau 44, Oi Utérus 44,12 Langue 47,1 4

Voies respirât. 52,33 Peau Péritoine 53,28 Foie

Estomac 54,59 lleins

Vessie 55,33 OEsophagc

Il serait curieux aussi, de voir si, comme l'ont prétendu quelques auteurs, le cancer paraissait attaquer de préférence un côté du corps. Pour Bordeu, le siège de prédilection était à droite ; sur 35 observations de Ledran, en effet, 14 fois on Favait remarqué à droite, 4 fois à gauche, 17 fois dans les parties moyennes du corps. Et pour expliquer cela on faisait de longues dissertations sur la propriété qu'avait le foie de s'engorger !

On semblait laisser dormir cette question, lorsqu'en 1870 un auteur (1) vint, qui la traita dans son travail inaugural.

Pour lui le côté gauche est exposé aux maladies dues à un défaut d'activité; or le cancer rentrant dans cette catégorie, doit siéger surtout à gauche. Et, en effet, le carcinome de l'intestin s'observe surtout au côlon descendant (Barth et Roger) ; celui du poumon, d'après Aviolat (Thhe 1861), siégerait plus souvent à gauche qu'à droite. Selon Heurtaux (Tlicse 1860), le cancroïde serait pli?s fréquent à la partie gauche de la lèvre inférieure, qu'à la droite.

Mais comme on rencontre des cancers égaleiuenl à droite, l'auteur ne s'embarrasse pas pour si peu et répond : « une ma- » ladie du corps gauche peut frapper le corps droit, en engen- )) drant un produit virulent qui circule dans le sang ! »

(I) Delaunay, Biologie comparée du côté droit et du côté (jauche {Th, Paris, 1 874) .

Nous n'avons cité cet auteur que comme simple curiosité, ne lui attachant aucune importance, les faits ne venant en rien corroborer ses dires.

Influence de la constilution. — On a admis successivement puis rejeté l'influence de toutes les sortes de tempéraments. Robert met en avant les constitutions bilieuses, mélancoliques et nerveuses, et rejette la prédisposition chez les gens sanguins ou lymphatiques. Pour Lebert, on rencontre le cancer aussi bien dans l'un que dans l'autre tempérament, chez les individus à constitution forte aussi bien que chez deux qui paraissent plus faibles. Selon lui, toujours, rien dans l'habitude extérieure ne peut faire pressentir l'existence ou l'absence d'une maladie cancéreuse.

Pour Churchill (1) les femmes lymphatiques semblaient plus exposées; ainsi sur 44 maladies cancéreuses, Breschet stFerrus (cités par lui) ont constaté 33 fois la coïncidence avec une constitution lymphatique.

Lever, cherchant à vérifier l'influence des téguments colorés, a trouvé 20,8 pour 100 de femmes blondes. Scanzoni (2) au contraire, dit que la plupart des malades qu'il a observées avaient un tempérament sanguin, une peau parfaitement pigmentée, des cheveux foncés ; et de plus que jamais elles n'avaient eu de maladies constitutionnelles antérieures.

Ainsi jusqu'à présent nous voyons les auteurs en désaccord complet, et, en vérité, le tempérament et la constitution nous semblent devoir jouer un rôle de bien peu d'importance, car jamais on ne pourra recueillir de documents assez démonstratifs, les malades se présentant au médecin, généralement au début de leur maladie, et par conséquent dans un état de santé encore assez satisfaisant. Cependant, d'après M. Chenet (3),

(1) Churchill, Maladies de.s femmes^ 1866.

(2) Scanzoni, Maladies des organes sexuels de la femme, 48E8.

(3) Ctienet, Th. Paris, 1876.

dans la plupart des cas observés ou relatés par lui, il a noté un tempérament nerveux, très-impressionnable, et exalté.

Bonnet (de Lyon) a dessiné un tableau de l'habitus extérieur d'un cancéreux, et que nous reproduisons ici : «La peau est pâle, en général elle est sèche, souvent fraîche ou froide ; les individus sont très- sensibles au froid; ils ont de la répugnance pour tout ce qui est exercice : le moindre mouvement les fatigue; ils exhalent moins d'acide carbonique que les autres. En somme ce ne sont pas là des signes caractéristiques, mais bien ceux d'un organisme en voie de dépérissement lent. j>

Citons, pour terminer, cette phrase de Velpeau restée vraie, et que nous retrouvons dans le Dictionnaire encyclopédique : « Mes observations m'autorisent à dire que nulle constitution, nul état de santé générale ou habituelle ne met à l'abri du cancer. Il n'y a pas lieu, dès lors, de chercher là la cause prédisposante de cette maladie ! ï)

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