ABC
7° Cultures dans le lait. — Le développement du bac. ictérotde s'obtient facilement dans le lait, sans qu'il se produise, même après plusieurs semaines, de coagulation de la caséine. Toutefois ce fait, comme nous verrons plus loin, ne signifie pas que le microbe de la fièvre jaune soit incapable d'attaquer le sucre de lait et de produire de l'acide lactique.
8° Cultures en BomLLON de viande avec lactose a 2 0/0 et CaCO\ — C'est le meilleur milieu nutritif liquide pour le bac. ictéroïde, qui s'y développe rapidement et en abondance, sans cependant y déterminer ni pellicules, ni dépôts floconneux, ni aucune fermentation apparente du sucre.
Cultures en bouillon de viande avec glucose a 2 0/0. — On obtient dans ce milieu une culture assez parfaite, mais il se fait en même temps une fermentation active de la glucose avec une abondante production de gaz.
10° Cultures en bouillon de viande avec saccharose a 2 0/0. — Culture abondante, sans fermentation visible du sucre. L'addition de craie amène un commencement de fermentation.
11° Cultures sur gélose au tournesol. — Dans ce milieu, le bac. ictéroïde se développe comme sur de la gélose ordinaire, seulement, à partir du 2« ou 3** jour, la couleur bleue du milieu commence peu à peu à tourner au rouge. Cela témoigne que le bac. ictéroïde, qui ne fait pas fermenter les bouillons lactosés, attaque cependant légèrement le sucre de lait.
12° Cultures sur gélatine de pommes de terre. — Acidité naturelle. Aucun développement, qu'on ajoute ou non de l'iodure de potassium.
13° Cultures sur gélose Elsner. — Acidité naturelle avec du bouillon de pommes de terre, sulfate de quinine à 1 0/0 et acétate de barium à 0,25 0/0. Développement très lent et limité, à partir de 24 heures.
14° Cultures dans le bouillon Parietti. — Le bac. ictéroïde peut se développer dans le bouillon de viande, en tolérant j usqu'à 9 gouttes (par 10 c. c. de bouillon) du mélange acide Parietti (eau 100, ac. phénique 5, ac. chlorhydrique 4).
lî)° Cultures dans le liquide de Pasteur. — Eau 100, sucre candi 10, tartrale d'ammoniaque 0,50, phosphate de potasse 0,10. Développement peu abondant. Les microbes y conservent cependant leurs caractères morphologiques.
16"^ Cultures dans l'infusion de foin. — Développement presque imperceptible. Les microbes s'y multiplient très peu, en présentant des formes atypiques.
PATHOLOGIE COMPARÉE DE l'iNFECTION
Le microbe spécifique de la fièvre jaune est pathogène pour la plupart des animaux domestiques.
Comme matériel d'inoculation, dans toutes mes expériences, j'ai injecté les cultures de 24 heures dans du bouillon contenant de la lactose à 2 0/0 et du carbonate do chaux. Dans ce bouillon le développement du bac. ictéroïde est beaucoup plus rapide et plus abondant que dans le bouillon simple. L'addition du carbonate calcique sert à maintenir le milieu neutre et à révéler immédiatement la présence de contaminations microbiennespossibles, dues surtout au colibacille, au staphylocoque et au streptocoque.
En effet, dans les bouillons lactosés, les premiers manifestent immédiatement une fermentation active. Les streptocoques qui, isolés, ne donnent pas non plus de fermentation en donnent une assez active en présence du bac. ictéroïde.
La pathologie comparée du bac. ictéroïde se trouve résumée dans l'exposé succinct des expériences suivantes.
A. L'infection amarile chez les souris (mus musculus albinus). — Ces petits animaux sont extrêmement sensibles à l'action de doses très petites du virus ictéroïde. Quelques goultes injectées sous la peau les tuent régulièrement, après une maladie de 3-5 jours.
Les symptômes présentés durant cette période n'ont rien de caractéristique : 24 heures après l'injection, l'animal commence à perdre son habituelle vivacité, devient triste et se relire dans un coin de sa cage; il présente ensuite une sécrétion catarrhale des paupières, ferme les yeux, se refroidit et meurt.
Le tableau anatomo-pathologique est le suivant : le foie présente des taches blanchâtres tout à fait semblables aux taches anémiques bien connues de Hanoi. En rapport avec ces taches, les cellules hépatiques, examinées à l'état frais, montrent une dégénérescence granulaire intense ; la rate est énormément
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tuméfiée et hémorragique, et atteint parfois 3-4 fois le volume normal; les reins se montrent aussi très congestionnés et avec l'aspect de la glomérulo-néphrite.
Les cultures démontrent la présence de quantités innombrables de microbes, aussi bien dans le sang que dans les organes. On peut les observer en quantité dans le sang et dans la rate, même à un simple examen microscopique direct, après une coloration préalable quelconque.
Il s'agit donc d'une véritable infection seplicémique, qui se manifeste après S jours de maladie.
Les cultures des cavités séreuses montrent un nombre de microbes parfois très insignifiant, el en tout cas bien inférieur à celui qu'on trouve dans le sang ou dans le parenchyme des organes.
B. L'infection amarile chez les cobayes — Le cobaye est un animal assez sensible au bacille ictéroïde.
L'infection peut s'obtenir indifféremment par voie souscutanée, péritonéale, intraveineuse ou intratrachéale.
La durée de la maladie ainsi que le résultat anatomique et bactériologique varient suivant la voie par laquelle l'infection se produit.
1° Infection sous-cutanée. — La dose mortelle minima ne peut se fixer. J'emploie ordinairement la dose de 0.5 cm. c. d'un bouillon-culture de 24 heures, mais les résultats ne varient guère qu'on emploie 5 cm. c. ou 0,1 cm. c.
La fièvre, jaune expérimentale des cobayes est une maladie cyclique., qui ne peut être influencée, généralement, par la dose du virus inoculé.
Cette maladie dure en moyenne de 5 à 8 jours, mais la plupart des décès arrivent au plus tard le T'' jour de maladie. Par exception, cependant, les cobayes peuvent mourir après les premières 48 heures ou seulement après 15, 20 et 30 jours. Mais, comme j'ai déjà dit, cela ne dépend pas de la quantité de la culture inoculée, mais bien des conditions spéciales de résistance de l'animal; car, dans les nombreuses séries de recherches effectuées dans le but de résoudre définitivement ce point controversé, j'ai vu mourir au 6" ou 7« jour, et môme avant, des cobayes inoculés avec 0,1, 0,2, 1,0 cm. c, etc., et survivre jusqu'aul4«oul6'^jourdes cobayes inoculés avec 0,5, et2,0cm. c.
Les phénomènes qu'on relève durant la maladie sont la fièvre et l'amaigrissement.
En effet, 24 heures après rinjection du virus, la température rectale du cohaye, qui est normalement de 38''-39« G., monte à 39°, 6,-40", 8, et on observe une diminution du poids de 20-30 grammes et plus. Les jours suivants, la température monte jusqu'cà 410-41°, 5 ; le poids continue à diminuer irrégulièrement, mais presque sans interruption jusqu'à la mort qui a lieu habituellement, comme je l'ai déjà dit, entre le 3" et le 8" jour, précédée de quelque décharge diarrhéique.
Le résultat anatomique est le suivant : le point d'injection présente parfois un œdème hémorragique ou une vaste infiltration d'aspect légèrement purulent; les ganglions lymphaliques axillaires sont augmentés de volume et extraordinairement cong'estionnés; à l'ouverture de la cavité tlioraciqiie, les poumons se présentent en conditions normales, parfois parsemés de petites taches ecchymotiques, et, dans les cas de très longue durée, les cavités pleurales et le péricarde se trouvent remplis d'un exsudât citrin ou hémorragique. Le muscle cardiaque est normal; sous le sternum, la glande thymus, surtout dans les cas de très longue durée, apparaît fortement hypertrophiée, d'aspect pâle, presque blanc jaunâtre, purulent.
A l'ouverture de la cavité abdominale, le péritoine apparaît presque toujours un peu congestionné, mais, seulement dans les cas un peu chroniques, on y rencontre une petite quantité d'exsudat, d'ordinaire dense et parfois si riche en éléments lymphoïdes, qu'il a l'aspect d'un liquide lactescent; le foie est toujours congestionné, mais d'aspect normal. Dans les cas chroniques seulement, c'est-à-dire lorsque l'animal vient à mourir après plusieurs jours, le foie se présente évidemment dég'énéré, gris pâle et avec l'aspect noix muscade. Dans un cobaye mort après deux mois et demi, à la suite d'une seconde injection de virus, 25 grammes de substance hépatique donnèrent 1 gr. 3 de substance grasse. Néanmoins, la dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques n'atteint jamais chez le cobaye cet aspect que nous avons décrit chez l'homme et que nous retrouverons plus loin chez d'autres d'animaux.
Chez les cobayes, la cellule hépatique est très résislanlc à l'action du poison ictérique, lequel produit au plus un trouble
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granuleux du protoplasme et des phénomènes de nécrose cellulaire, très rarement suivis d'un processus se terminant par une dégénérescence adipeuse.
L'hypertrophie de la rate constitue le fait constant et le plus caractéristique de l'infection amarile chez les cobayes, Elle est toujours très prononcée : la rate atteint parfois 4-5 fois le volume normal. Dans ce cas, l'organe est rouge brunâtre, peu résistant, très riche en pulpe et facilement friable.
Le degré de cette hypertrophie dépend surtout de la durée de la maladie. Dans les cas exceptionnels d'une durée de 3 ou 4 jours, la tuméfaction splénique est peu prononcée; dans ceux qui dépassent le terme ordinaire extrême de 8 jours, elle est toujours plus marquée, et parfois extraordinaire.
Si la maladie a une longue durée (cas chroniques), la rate apparaît plus pâle que d'habitude : le processus inflammatoire finit par donner lieu aux altérations persistantes bien connues, représentées par l'hyperplasie de la pulpe, des trabécules, des parois vasculaires, etc.
Après la rate, l'organe qui appelle le plus fréquemment l'attention chez les cobayes, c'est le rein. Le tissu rénal du cobaye ne réagit pas contre le poison amaril avec la même intensité que celui de l'homme ou d'autres animaux. Cependant, dans les cas aigus comme dans les chroniques, cet organe se trouve toujours un peu altéré chez les cobayes.
Dans les cas aigus, il s'agit surtout de processus congestifs ; dans les cas chroniques, on a évidemment affaire à une altération glomérulaire, reconnaissable même à l'œil nu.
En ce qui regarde l'urine, la recherche de l'albumine ne donne pas chez les cobayes des résultats dignes d'attention. Rarement, j'ai pu en démontrer la présence, en employant la preuve de l'anneau, dans des cas qui avaient duré 16-20 jours. Une seule fois, j'ai pu la révéler en très petites traces dans l'urine d'un cobaye mort après 6 jours de maladie.
Quant à Vappareil digestif àa cobaye, contrairement à tout ce que j'ai pu établir pour le poison typhique et à l'opposé de tout ce qui se vérifie chez l'homme et chez le chien, il paraît très résistant à l'action du poison amaril. En effet, dans la plupart des autopsies pratiquées sur des animaux morts par infection souscutanée (et qui s'élèvent déjà à plusieurs milliers), j'ai rencontré
le tube intestinal presque tout à fait normal, sauf une légère distension ou un état congestif général, plus ou moins marqué, et qui est commun à toutes les infections expérimentales. Seulement dans quelques cas, très aigus (mort survenue après 36-48 heures), j'ai pu observer dans le tube digestif tous les signes d'une gastroentérite aiguë, de larges portions de l'intestin grêle se trouvant remplies de sang.
Mais ce qui représente le fait le plus saillant de l'infection amarile expérimentale chez les cobayes, c'est moins le tableau des altérations morbides, que le résultat bactériologique.
En effet, quiconque considère à priori la longue marche cyclique de cette infection chez les cobayes, se trouve plus porté à considérer le processus morbide comme une intoxication que comme une infection commune.
Néanmoins les cultures, faites avec le sang et les viscères des cobayes qui meurent après la période habituelle de G-8 jours, démontrent une abondance extraordinaire de microbes répandus dans tout l'organisme, surtout dans la rate. Les cobayes meurent donc d'infection à forme septicémique.
A mesure que la mort s'éloigne du terme ordinaire indiqué plus haut, les microbes trouvés à l'autopsie deviennent moins abondants.
Ils commencent à diminuer, puis à disparaître, d'abord du sang circulant, où ils sont toujours moins abondants même dans les formes aiguës, ensuite des reins et enfin du foie.
La rate est l'organe oii l'on trouve toujours des microbes, même après une longue maladie. Seulement, dans quelques cas d'une durée exceptionnelle (40-50 jours), l animal peut mourir d'intoxication et de cachexie, et le cadavre se présenter stérile.
Après avoir établi le fait assez curieux d'une septicémie qui tue les animaux après une maladie fébrile de 7 jours, il restait à étudier la façon de se comporter des microbes inoculés dans l'organisme pendant cette période cyclique.
Dans ce but, j'ai inoculé, en même temps, plusieurs séries de cobayes, que je sacrifiais de 12 en 12 heures, en pratiquant des cultures comparatives du sang et dos viscères, jusqu'au moment où la période cyclique terminée, ils commençaient à succomber .spontanément.
' De cette façon, j'ai pu vérifier l'ordre suivant de faits : après
12 heures, les microbes inoculés sous la peau apparaissent déjà dans la raie d'une façon constante; ce n'est qu'en cultivant de grandes quantités de sang dans des milieux liquides qu'on peut obtenir alors des cultures positives.
Après 24 heures, on obtient des cultures positives même avec le foie.
Du 2« au 5« jour inclusivement, sauf des exceptions, les cultures restent complètement stériles, ou montrent la présence de quelques rares microbes et seulement dans la rate. Au 6** jour, il se fait une brusque invasion générale des microbes dans le sang- et les organes, ayant toujours son siège principal dans la rate, de telle sorte qu'au 7'' jour, c'est-à-dire lorsque la mort arrive spontanément, la multiplication générale et abondante des microbes prend le type d'une véritable septicémie.
Celte façon de se comporter des microbes icléroïdes, dans l'organisme des cobayes pendant la maladie que nous avons décrite, mérite de fixer toute notre attention, non seulement parce que, comme nous verrons plus loin, le même fait se répèle aussi chez les lapins et les singes, mais parce que ce type infeclieux, expérimental, présente beaucoup d'analogies avec celui qui se vérifie spontanément chez l'homme,
Un dernier fait curieux de l'infection sous-cutanée chez les cobayes, c'est l'absence complète ou l'extrême rareté des microbes dans les cavités séreuses.
En effet, même dans les cas de développement très rapide, les cavités pleurales et périlonéales restent le plus souvent stériles ou donnent lieu à de rares colonies, l'examen microscopique du liquide péritoncal montre parfois la présence de grands phagocytes remplis de microbes, sans que ceux-ci puissent se rencontrer à l'étal libre.
Gela contraste singulièrement avec le résultat de la plupart des infections expérimentales, surtout de celles qui sont dues au colibacille ou au bacille Lypkiqiie, lesquels, comme on le sait, quel qu'en soil le mode de pénétration dans l'organisme, trouvent toujours, surtout dans la cavité péritonéale, un milieu électivement favorable à leur localisation et à leur multiplication.
2° Infection péritonéale. — Ce mode d'infection chez les cobayes no présente d'intérêt qu'on tant qu'il établit un fait que nous utiliserons bientôt, et qui est en rapport avec tout ce que
nous venons de dire relativement aux localisations séreuses du bacille ictéroïde, et avec ce que nous avons signalé à propos de l'infection chez les souris blanches.
En ce qui regarde la durée de la maladie, la voie péritonéale l'abrège un peu. Le plus souvent les cobayes meurent en 4 jours, présentant un amaigrissement considérable et un abondant exsudât séro-fibrineux du péritoine. Pour tout le reste, le résultat anatomo-pathologique est identique à celui qu'on trouve chez les cobayes tués par infection sous-cutanée.
Par exception et indépendamment de la dose du virus (qui fut une fois de 10 c. c. !), la mort peut arriver à la fin du terme ordinaire, c'est-à-dire 6-7 jours.
En ce cas, l'exsudation périlonéale est d'ordinaire hémorragique et les lésions des viscères sont beaucoup plus accentuées; le thymus est extraordins-irement hypertrophié, la rate est très volumineuse, les reins sont euQammés et Vurine peut présenter de l'albumine, des corpuscules gras et même des spermatozoïdes.
L'infection est toujours générale et à type septicémique comme dans tous les autres cas, mais le point intéressant est que la sécrétion péritonéale, quelle qu'en soit la nature, présente une quantité très faible de microbes, nullement en rapport avec leur nombre si abondant dans tout le reste de Torganisme.
En outre, l'examen microscopique de la sécrétion péritonéale démontre bien rarement la présence de bacilles libres : ils se trouvent tous généralement dans l'intérieur des leucocytes polynucléaires.
Cela nous amène à établir que le bacille ictéroïde, même dans les cas où, après avoir vaincu la résistance naturelle de l'organisme, il produit une infection générale, a toujours de la peine à vivre et à se multiplier dans les grandes cavités séreuses.
3° Infection intraveineuse. — L'injection du virus dans les veines, de même que l'infection périlonéale, abrège parfois la durée de la maladie. Quant aux lésions anatomiques et à l'action des microbes dans l'organisme, le résultat en est identique à celui qu'on obtient au moyen des injections sous-cutanées.
4o Infection par les voies respiratoires. — Ce mode de contagion offre, même au point de vue pratique, un certain intérêt,
Annales de l Instiïuï Pastiîur
Vl. Xll
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puisque, comme ou le sait, il reste encore à établir quelle est en réalité la voie de pénétration du virus dans l'organisme humain.
Je produis rinfoction en injectant difectement dans la trachée, après la trachéotomie, une goutte de bouillon-culture do 24 heures.
La mort de l'animal survient, règle générale, au bout de 16 à 48 heures. Dans les cas les plus rapides, on trouve à l'autopsie une pneumonie lobulaire bilatérale, avec congestion intense de la plus grande partie du poumon, et exsudât séreux ou légèrement hémorragique dans la plèvre. Le péritoine conlient d'ordinaire un peu de sécrétion citrine, le foie et la rate sont congestionnés, les intestins sont diarrhéiques et présentent une entérite desquamative.
Le recherche bactériologique est négative le plus souvent. Rarement, on trouve quelques microbes dans l'exsudat pleural et dans la rate.
Lorsque les cobayes meurent après deux jours, le résultat aiiatomique est absolument négatif : il n'y a pas trace de processus inûammatoires dans les poumons; on ne trouve même pas la moindre altération dans les viscères; même la raie garde son aspect normal.
L'examen bactériologique démontre seulement la présence de petites quantités de microbes dans les poumons en apparence sains et, comme toujours, dans la rate.
Donc, dans les cas d'infection chez les cobayes par la voie respiratoire, le processus morbide a moins le type ordinaire d'une infection générale, que celui d'une véritable intoxication.
On ne peut laisser passer inaperçues les analogies qui lient étroitement ce résultat à ceux qu'on obtient souvent dans la fièvre jaune humaine, lorsqu'on trouve le cadavre absolument stérile ou simplement contaminé par quelques microbes d'infections secondaires.
Quelle que soit la voie de pénétration du virus et la durée de la maladie chez les cobayes, celle-ci se développe toujours sans infections secondaires. Les cultures qu'on obtient à l'autopsie sont complètement pures.
En ce (|ui regarde la virulence des microbes, je dirai en général que le bac. ictéroïde conserve assez bien et longtemps sa virulence dans les cultures artificielles.
Des cobayes qui meurent dans là période cyclique ordinaire, on retire un virus doué d'une activité tonjuurs constante.
Dans les cultures provenant des cas où la mort est survenue exceptionnellement en 2 ou 3 jours, on n'observe aucune augmentation delà virulence ordinaire. Injectées à d'autres cobayes, elles reproduisent invariablement la période cyclique ordinaire de la maladie.
J'ai observé parfois que la mort survenait en 36-48 heures après des injections de cultures provenant de chats et de singes.
Mais ce fait n'est pas constant, et, en outre, cette augmentation de virulence est tout à fait transitoire : au 2" passage, tout revient à son état normal. Je n'ai pas l éussi à obtenir chez h^s cobayes une maladie à marche très aiguë et constante.
En résumé, la maladie déterminée chez les cobayes par le bac. ictéroïde présente les caractères principaux et constants suivants : adénites axillaircs et inguinahes et lésions hépatiques dégénératives dansles cas chroniques. On rencontreplus rarement des entérites, des néphrites et de l'albuminurie; et plus rarement encore des épanchements hémorragiques dans les séreuses.
Le tableau bactériologique est celui d'une infection dans les cas où la pénétration du virus a été faite par voie sous-cutanée, intraveineuse ou péritonéale, et celui d'une intoxication dans les cas d'infection par les voies respiratoires.
C. L'infection amarile chez les lapins. — Le lapin peut être considéré comme l'animal de choix pour l'infection amarile expérimentale. Il est doué d'une sensibilité plus grande que celle de tout autre animal de laboratoire, et il a sur les cobayes eux-mêmes les avantages suivants : il meurt toujours dans une période fixe, ne présente jamais la maladie chronique, quelle que soit la dose de virus employée, et peut être tué régulièrement en 48 heures par injection intraveineuse.
Il est utile de faire remarquer à cet égard que, pour les expériences sur les lapins, il n'est pas indifférent d'employer des cultures provenant des cobayes ou réciproquement.
En général, le virus passé à travers les cobayes, tout en se conservant très actif pour ces derniers, s'atténue un peu pour le lapin, et réciproquement, le virus passé par les lapins s'atténue pour les cobayes. Cependant, il ne s'ayit pas là d'un fait constant.
Une double série de recherches instituées dans le but d'établir l'imporlance de ce fait ma doimé les résultats que je résume dans le tableau suivant.
Le virus des lapins provenait de 67 passages successifs et non interrompus, obtenus par injection intraveineuse.
Lo virus des cobayes provenait d'une série indéterminée de passages successifs obtenus toujours de cobaye à cobaye, depuis le commencement de mes travaux.
Les injections furent exécutées par voie sous-cutanée.