‹ Étiologie et pathogénie de la fièvre jaune [electronic resource]Chapitre 6 sur 27 · VIRUS PASSÉ A TRAVERS LES COBAYES · texte numérisé non relu

VIRUS PASSÉ A TRAVERS LES COBAYES

Dose de la culture inoculée.

Jlort après :

Dose de la culture inoculée.

Mort après ;

Lapin 1° » 2»

3 jours 8 »

Cobaye 1»

3 jours 7 »

Malgré les grandes oscillations dans les résultats de ces expériences, ce qui arrive très souvent dans l'infection amarile expérimentale, il se dégage pourtant de l'ensemble le fait que je viens de signaler : Les cultures passées par les lapins sont pour ces animaux beaucoup plus actives que les cultures passées par les cobatjes, et réciproquement. L'atténuation du virus qui provient des passages à travers des animaux d'espèces différentes, devient bien plus manifeste chez les cobayes que chez les lapins, parce que ces derniers, comme je l'ai déjà dit, sont aussi beaucoup plus sensibles que les premiers à l'infection amarile.

Il est probable que, sur les tableaux ci-dessus, on ne manquera pas de relever une parlicularité réelb^ment curieuse. Dans les deux séries des lapins et dans la dernière des cobayes, ce sont les plus petites doses de virus qui ont tué dans le plus court espace de temps.

C'est un fait que j'ai eu l'occasion de vérifier plusieurs fois dans d'autres séries de recherches, mais dont il m'est impossible de donner l'explication, d'autant plus qu'il ne se répète pas d'une manière constante.

L'infection expérimentale chez les lapins peut être déterminée par les mêmes voies que chez les cobayes.

1" Infection sous-cutanée. — La dose minima mortelle n'est pas déterminée, mais on peut la considérer comme très faible, puisqu'on obtient toujours la mort des animaux dans la même période de temps, c'est-à-dire entre 4 et 5 jours, aussi bien en injectant 0,1 c. c, que â c. c. Par exception, la mort peut survenir dans un espace de temps beaucoup plus court.

Les phénomènes objectifs présentés dans le cours de la maladie n'ont rien d'intéressant.

L'animal a des hyperhémies et une diminution constante du poids du corps, mais il reste avec le môme aspect et bien portant, même lorsque les microbes se trouvent en quantité dans le sang. Le processus biologique de l'infection chez les lapins est à peu près le même que chez les cobayes, avec cette seule différence que l'invasion générale desmicrobes dans l'organisme se fait longtemps avant la mort.

En efl'el, en sacrifiant de 12 en 12 heures des lapins inoculés en même temps avec une dose de 0,5 c. c. de bouillon-culture, voici ce qu'on observe : pendant les premières 24 heures, tous les organes se trouvent stériles, mais, à partir de la 36" heure, les cultures du sang et du foie sont positives et celles de la rate montrentle b. ictéroïdeen quantité innombrable; au 3* jour, tout l'organisme est déjà envahi, la rate est déjà hypertrophiée et farcie de microbes. Il est facile d'obtenir aussi d'abondantes cultures du sang circulant, même 24 heures avant la mort, en tirant de la veine auriculaire quelques gouttes au moyen d'une pipette effilée.

Le résultat anatomique est le suivant : hypertrophie considéi-able des ganglions axillaires et inguinaux, surtout de ceux

qui correspondent au côté de l'inoculalion ; dans la cavité thoraciquc, la glande thymus apparaît ordinairement hypertrophiée et congestionnée; les poumons sont intacts. A l'ouverture de k cavité abdominale, les masses inleslinales se montrent énormément distendues et diarrhéiques, et on trouve parfois dans la cavité abdominale une certaine quantité de liquide hémorragique. La rate est toujours hypertrophiée et présente, chez les lapins comme chez les cobayes, le caractère constant et presque spécifique de l'infection amarile.

Le degré de cette tuméfaction splénique n'est pas toujours identique, mais la rate présente à peu près le même aspect que la rate pneumococcique : elle est de couleur rouge brun, tuméfiée, consistante, et sèche à la coupe. L'examen histologique des coupes fixées à l'alcool ou au liquide de Flemming, démontre une infiltration hémori agique énorme de tout le tissu splénique, en particulier sous la capsule; les éléments propres de la rate se trouvent désagrég"és ou réunis en tout petits groupes, au milieu d'une grande étendue de sang extravasé. Les microbes s'y rencontrent en abondance, mais ils sont réunis, comme chez l'homme, en petits amas compacts, situés au milieu des amas sanguins.

Le foie est toujours très congestionné et de couleur foncée. A l'examen histologique (fixation au liquide de Flemming et coloration parla méthode Martinotti), on voit de suite une énorme congestion vasculaire de tout l'organe; les veines centrales, de inême que le réseau capillaire environnant, sont tellement dilatées et gorgées de sang que la travée cellulaire se trouve souvent extraordinairement comprimée et réduite. En quelques points, le protoplasma cellulaire se présente moins granuleux, presque raréfié ou contenant des vacuoles, et parfois diminué de volume; mais il garde toujours ses contours nets.

Les noyaux sont le plus souvent intacts; dans le tissu connectif périlobulaire, il existe toujours, à un degré variable, une infiltration leucocytaire souvent très remarquable.

Chez le lapin on observe un commencement de stéatose de la cellule hépatique, mais dans des proportions très limitées.

La plupart des cellules ne sont pas atteintes; mais, dans le champ du microscope, on trouve toujours de nombreux groupes de gouttes de graisse, de diverses dimensions, colorées en noir

par l'acide osmique. Ces goutleletles adipeuses sont situées dans le tissu liépaliquo sans règle fixe, tantôt en petits amas, tantôt sous forme de chaînettes ou de fines granulations irrégulièrement distribuées.

On- n'observe jamais de gouttes de grandes dimensions, analogues à celles qu'on rencontre dans le foie des animaux plus grands et que nous avons décrites chez l'homme.

Les rems présentent chez les lapins, plus fréquemment que chez les cobayes, des altérations de nature inflammatoire. Les affections glomérulaires et les hémorragies de la substance corticale y sont très fréquentes. L'examen hislologiquc montre toujours un gonflement trouble de la plupart des épilhélinms, dont une grande partie se trouve très souvent en complet état nécrotique et réduite en amas informes , granuleux et sans noyau.

L'intérieur des tubuli se trouve considérablement réduit et parfois rempli de détritus, d'éléments épithéliaux et de cylindres hyalins, parfois tiès étendus, et contenant dans leur intérieur des cellules épithéliales.

En quelques points, ces cellules épithéliales sont tombées de la coupe et alors le cylindre prend un aspect fenêtré.

Les glomérules présentent parfois des anses vasculaires privées d'épithélium; mais en général elles paraissent simplement remplies de sang en excès. Les vaisseaux sanguins du tissu conncctif interlobulaire sont aussi, en difîérentspoinls, engorgés, présentant, le long de leur axe, des dilatations lacuneuses dont la dimension atteint, bien des fois, le diamètre des sections des luhuli, et qui soiU visibles même à l'œil nu, dans les pièces durcies à l'alcool, sous forme de petites raies brunâtres, qui se dirigent perpendiculairement à la partie corticale, en suivant le cours des canalicules.

Les hémorragies interstitielles étendues, accompagnées de destruction d'une grande partie de tissu rénal, ne sont donc pas rares. En ce cas, la zone hémorragique apparaît comme une couche compacte, uniforme, de fibrine coagulée, au milieu de laquelle on trouve accumulés des globules sanguins et des sections transversales entières de tubuli rénau.x, désagrégés en bloc du reste du tissu.

En ce qui regarde la dégénérescence graisseuse, elle est très

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peu accentuée, seulement dans le centre de quelques lubuli où, au milieu de détritus épithéliaux dégénérés, on observe parfois quelques granulations noires très fines.

Quant à Vurine, elle peut se trouver en quantité variable, parfois limpide, et parfois extrêmement riche en sédiment. La présence de l'albumine n'est pas constante.

Les résultats des recherches bactériologiques sont les suivants : les microbes se trouvent répandus dans le sang et dans les organes en quantité innombrable et à l'état de pureté absolue; ■seulement, dans la cavité péritonéale, ils sont toujours très rares et en grande partie englobés par les leucocytes. Il s'agit donc d'une véritable septicémie, beaucoup plus grave que celles que nous avons décrites chez les souris et les cobayes.

Comme l'infection amarile ne prend jamais chez les lapins la forme chronique, les altérations anatomiques sont limitées à celles que nous avons décrites jusqu'ici.

2° Infection intraveineuse. — Elle ne diffère des précédentes que dans la durée de la maladie et l'intensité des lésions analomiques.

En conservant le virus dans son état de plus grande activité au moyen de passages successifs, on parvient à obtenir, comme règle fixe, la mort des lapins en 48 heures, par l'injection intraveineuse (dans une veine marginale de l'oreille) de 0,1 c. c. d'une bouillon-culture de 24 heures.

La seule différence qui existe entre le résultat anatomique de l'infection par voie sous-cutanée et celui de l'infection par voie intraveineuse, est représentée parla tuméfaction de la rate, qui, dans ce dernier cas, est toujours un peu moins prononcée.

Malgré cela, on peut considérer comme fréquents les cas dans lesquels on trouve une tuméfaction splénique marquée, même dans le cas de l'infection intraveineuse. En outre, la distribution des microbes dans les tissus n'est pas celle que nous avons décrite plus haut, dans les lapins qui meurent par infection sous-cutanée. En ce cas, en effet, nous avons vu que les hac. icléroïdes se réunissent en petits amas, ce qui les fait apparaître presque toujours clans les sections sous la forme de petits tas. Quand, au contraire, le lapin meurt en 48 heures par infection intraveineuse, les microbes apparaissent sur les coupes distribués

irrégulièrement parmi les tissus, où ils ne forment presque jamais de groupes nombreux.

Parfois on observe de plus l'entérite hémorragique; une seule fois j'ai observé un cas typique d'hémoglobinurie. La vessie était en ce cas complètement remplie d'urine, de couleur rouge-bordeaux; l'examen microscopique ne révéla pas la présence de globules rouges. Il s'agissait donc de pigment sanguin dissous et passé à travers le rein. Cet organe se présentait en elfet, des deux côtés, gravement altéré. Il était extraordinairement congestionné, dans presque sa moitié, d'une couleur noirâlre et de consistance molle.

La constatation de ces résultats, bien qu'extrêmement rares, constitue un argument déplus à l'appui de la grande importance qu'on doit attribuer à la disposition individuelle, dans l'analyse des phénomènes morbides dus à un même virus.

3° Infection par les voies respiratoires. — Ce mode d'infection est sûr, mais il n'est pas aussi constant par rapport à la durée de la maladie.

En effet, la même dose de 2 ou 3 gouttes de bouillon-culture, inoculée directement dans l'appareil bronchial, par la trachéotomie, peut tuer en 16 heures, comme en 5 ou 6 jours.

Dans le premier cas, les lésions anatomiques se limitent à de très petits foyers d'infiltration pulmonaire et à des congestions viscérales diffuses. La rate apparaît cependant déjà un peu tuméfiée et les intestins sont distendus et diarrhéicjues.

Dans les cas à durée plus longue, les poumons sont œdémateux et avec de nombreux foyers de pneumonie lobulaire; parfois on observe aussi des lobes pulmonaires entiers atteints d'un vrai processus d'hépatisation rouge; les ganglions lymphatiques bronchiaux sont hypertrophiés et la tuméfaction splénique est énorme.

Le tableau bactériologique est toujours celui d'une septicémie. L'exsudat pulmonaire est riche en microbes, comme toutes les autres humeurs de l'organisme.

Les cavités séreuses, dans les cas à marche très aiguë, sont généralement tout à fait stériles; dans les cas qui se prolongent de quelques jours, elles sont envahies à leur tour par une certaine quantité de microbes, dont le nombre est bien inférieur à celui qu'on trouve dans les organes ou dans le sang circulant.

AiNNALKS DE l'INSTITUT PaSTIiUU

l'L. Ain

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Dans ce genre d'infection, qui peut être considéré comme une des plus graves, se répète donc le fait déjà observé dans l'infection amarile des souris et des cobayes, c'est-à-dire la résistance des cavités séreuses à la localisation du b. ictéroïde.

En résumant donc nos résultats sur l'infection amarile expérimentale des lapins, nous trouvons comme phénomènes constants le cours cyclique de la maladie, les adénites axillaires et inguinales, l'hypertrophie de la glande thymus et la tuméfaction splénique. En outre, le virus est capable de déterminer dans les lapins : la néphrite, l'entérite, l'albuminurie et l'hémoglobinurie; enfin, parfois, il peut y manifester des propriétés hémorragipares.

D. L'infection amarile chez les cmENS. — Le chien est l'animal le plus avantageux, pour faire ressortir les étroites analogies anatomiques et symptomatologiques qui existent entre la fièvre jaune expérimentale et la fièvre jaune humaine.

Mais, comme sa sensibilité est moindre que celle du cobaye et du lapin, l'injection du virus doit être pratiquée par voie intraveineuse et à dose plus élevée, impossible à indiquer d'avance pour chaque cas, car elle est intluencée par la grandeur, l'âge et la race de l'animal.

Cependant, une fois le processus infectieux déterminé, il se manifeste et se développe avec une violence de symptômes et une complication de lésions telles qu'il rappelle le tableau clinique et anatomique de la fièvre jaune chez l'homme.

Il est impossible de tracer un tableau morbide général, comme nous l'avons fait pour les cobayes et les lapins, chez lesquels la maladie revêt un type presque constant. Chez les chiens, les résultats des expériences varient presque d'un cas à l'autre. Les seules exceptions sont celles où la mort survient par septicémie très aiguë en 12-24 heures. Il vaut donc mieux rapporter quelques expériences parmi les plus typiques. Exp. I. — Chien de kg. 10,200.

12 août 4896. — Température rectacle 38o,2. [njection intraveineuse de 10 c. c. d'une culture-bouillon de 2i heures.

Peu après l'injection, l'animal est pris d'un tremblement général • il présente le vomissement, la diarrhée et le ténesme vcsical. Après une heure environ, il ne peut se tenir debout, la dyspnée se manifeste, le tremblement augmente, il se jette par terre et tombe en coma.

13 août. - L'animal garde la position du jour précédent et présente les

mômes symptômes. La température rectale est ii 39o,7' ; il urine beaucoup et il présenle un catarrhe aigu des conjonctives et du nez. Il ne touche pas à sa nourriture.

44 août. — Le même état comateux continue, ainsi que le jeûne.

•15 août. — Poids kg. 8,400; les conditions générales sont pires, l'adynamie et l'abstinence sont complètes, la diarrhée est profuse, mais l'animal réussit à avaler un peu d'eau et vomit très rarement. Il reste dans cet état pendant 9 jours, c'est-à-dire jusqu'au 21 août, où une kératite bilatérale survient : les deux cornées sont opaques et infiltrées de pus. Le même état comateux persiste, interrompu seulement par de continuels et violents accès de toux rauque. L'examen des urines démontre la présence d'une grande quantité d'albumine.

23 août. — L'animal est complètement aveugle et ne réussit pas encore à se tenir sur ses pattes; outre la kératite et la broncho-pneumonie il se manifeste un coryza aigu et violent, qui empêche la respiration par les narines : le chien est obligé de respirer la bouche ouverte,' et, comme il se trouve étendu par terre dans un état de somnolence ininterrompu, la fermeture instinctive des mâchoires détermine à chaque instant de violente attaques d'asphyxie, suivie d'accès de dyspnée. Il commence k prendre quelques aliments.

11 sort des narines une abondante sécrétion catarrhale de couleur vert clair. Je soupçonne la présence de pigments biliaires dans le sang et je pratique une petite saignée de la jugulaire : le sérum extrait du caillot est lactescent et de couleur vert olive. Cette couleur vert olive est propre au sérum des convalescents de quelques maladies de fièvre jaune, chez lesquels l'ictère est très développé.

31 août. — Poids kg. 6,800. Temp. rectale 39o2'. L'œil droit est guéri de la kératite, mais le gauche présente encore la cornée infiltrée de pus dans sa chambre antérieure.

lei- septembre. — Poids kg. 7,020. La température est redevenue presque normale (38o,7), mais les conditions générales de l'animal sont toujours mauvaises. Il est toujours étendu parterre; la toux est continuelle, le catarrhe nasal plus abondant, la respiration excessivement dyspnéique, la faiblesse extrême.

Il continue dans cet état presque sans variations jusqu'au :

13 septembre. — Poids kg. 7,S40. Temp. rectale 380,5. Les articulations des membres antérieurs sont tuméfiées, enflammées et douloureuses. L'examen des urines démontre toujours l'existence de grandes quantités d'albumine. Enfin, les conditions générales ne paraissent s'améliorer que vers le 28 septembre, c'est-à-dire 46 jours après le commencement de là maladie.

Peu à peu le chien commence à se remuer et à se nourrir plus abondamment ; il n'a plus de fièvre et les yeux sont complètement guéris. Les tuméfactions articulaires persistent encore.

Le 14 octobre suivant, c'est-à-dire 63 jours après l'injection du virus et 16 jours après l'entrée en franche convalescence, je pratique une nouvelle saignée et je sépare du caillot un sérum laclescenl (analogue à celui qui a été récemment signalé chez l'homme néphritique) mais sans pigment et

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doué d'un faible pouvoir préventif chez les animaux. Le chien resta par la suite eu vie et fut destiné à la vaccination.

Le 9 mars 181)7, c'est-à-dire 7 mois après, il pesait kg. 14,800 et avait reçu en tout, par injections intraveineuse, 300 ce. de culture en bouillon et plusieurs cultures sur gélose.

Exp. IL — Chien jeune de kg. 5,120.

loi' septembre 1896. - Temp. rectale 38o,6. Injection intraveineuse d'une culture sur gélose délayée dans l c. c. de culture en bouillon.

Immédiatement après l'injection, le chien vomit tout le contenu de l'estomac et, après une heure environ, il tombe en profond coma.

Il meurt dans la nuit du même jour.

Autopsie -- Dans la cavité thoraciqtœ, rien de remarquable; cavité abdominale, rate et foie très congestionnés; estomac dilaté et rempli de liquide sanguinolent; la muqueuse gastrique est tuméfiée et tellement congestionnée qu'elle présente la couleur rouge vineux, caractéristique de la gastrite aiguë générale. Tout le canal intestinal offre la muqueuse également tuméfiée, rougie et de la même couleur que la muqueuse gastrique; en plusieurs points, on observe des ecchymoses, et le contenu de l'intestin grêle est représenté par une énorme quantité de mucosités et de sang.

Il s'agit d'une vraie entérite hémorragique des plus graves.

Les cultures démontrent la présence du b.ictéroïde dans tous les organes et en quantités innombrables.

Exp. III. — Chien de kg. 7,800.

2 septembre 1896. — 11 heures, m. : injection intraveineuse d'une culture sur gélose, délayée dans 1 c. c. de bouillon-culture.

1 heure s. : Le chien a vomi abondamment, il est accroupi et présente une respiration accélérée et dyspnéique.

2 heures s. : Il est toujours étendu et se plaint continuellement, saisi d'un tremblement général. Les mâchoires sont ouvertes et de la langue pendante coule abondamment du liquide gastrique mêlé de sang.

Une photophobie intense se manifeste.

A. 2 h. 30, le chien continue à pousser des cris plaintifs, il est complètement abattu, allonge le cou pour respirer librement, comme s'il était menacé d'asphyxie; la diarrhée sanguine apparaît. A 2 h. 40, il meurt.

Autopsie. — Cavité ihoracique : poumons avec taches ecchymotiques ; cavité abdominale : rate un peu congestionnée, foie avec de nombreuses taches jaunâtres. L'examen microscopique pratiqué à l'état frais, grâce à l'emploi de l'acide osmique, montre les cellules hépatiques déjà riches en gouttes de graisse. Les reins sont congestionnés; l'estomac présente une muqueuse extraordinairement tuméfiée et si congestionnée qu'elle a une couleur générale rouge vin très marquée ; les mié's^hjs^présen lent, dans toute leur étendue, une muqueuse d'une couleur rouge écarlate, tuméfiée, recouverte d'exsudat catarrhal, et, en plusieurs pomts, hémorragique; les parois intestinales, observées extérieurement, ne présentent rien d'anormal.

Les cultures démontrent la présence de grandes quantités de b. ictéroïdes dans tous les organes, mais surtout dans la rate.

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Exp. IV. — Chien de kg. 8.

3 septembre 1896. — ii h. m. Injection intraveineuse de S c. c. de bouillon-culture.

I h. s. : l'animal est triste, en proie à un frisson général et à de violents efforts de vomissement. 11 a déjà rejeté tout le contenu stomacal (environ 1,000 gr. d'aliments à peine digérés).

6. h. s. : Les efforts de vomissement deviennent moins intenses, mais l'animal est complètement abattu.

4 septembre. — Les conditions générales sont meilleures, mais l'adynamie et l'abstinence des aliments n'ont pas tardé à survenir.

Les jours suivants, on ne remarque rien de nouveau dans l'état général toujours mauvais. La diminution du poids du corps est progressive et constante. Le 15 septembre, le poids est descendu à kg. 6,440, et les déjections apparaissenf tachées de sang.

19 septembre. — Le poids est encore descendu à kg. 5,540 et de continuelles entérorragies surviennent, elles se répètent les jours suivants jusqu'au 25, où l'animal meurt, après avoir maigri jusqu'à kg. 5,040.

Autopsie. — Cavité tJioracique : les poumons sont normaux; le sang du cœur, très épais et à demi coagulé, présente une consistance et une couleur semblables au goudron de Norvège; abdomen : le foie est couleur feuille morte avec de très nombreuses taches d'étendue variable, couleur jaune chamois.

L'examen microscopique à l'état frais, avec l'acide osmique, montre non seulement toutes les cellules hépatiques en proie à une dégénérescence graisseuse extraordinairement intense et diffuse, mais de nombreuses et grosses gouttes de graisse complètement libres, à tel point que l'acide osmique finit par noircir presque toute la préparation; la 7'ate est un peu augmentée de volume et flasque; les reins présentent les signes d'une néphrite grave, avec dégénéi'escence graisseuse diffuse, reconnaissable même à l'œil nu par l'aspect presque jaunâtre du parenchyme; la vessie est fortement contractée et contient quelques gouttes d'urine fortement albumineuse; Vestomac et les intestins remplis d'un liquide couleur café; dans les parties supérieures de l'intestin grêle, la muqueuse est recouverte d'une abondante mucosité couleur jaunâtre, mais les . parois intestinales ont un aspect presque normal, à l'exception de quelques points plus ou moins atteints d'inflammation catarrhale.

Les cultures du sang et des viscères permettent de constater la présence d'une grande quantité du bac. ictéroide mêlé de coli-bacille.

L'analyse chimique du sang a révélé une quantité durée égale à 4,27 0/00.

Exp. V. — Chien de kg. 3,630.

8 septembre 1896. — 10 h. m. : Injection intraveineuse d'une culture sur gélose délayée dans du bouillon.

Deux heures après l'injection, l'animal a vomi tout le contenu gastrique. A 4 h. s., il est. très mal, soufl're de photophobie, vomit continuellement et présente de la diarrhée sanguine : Adynamie complète.

II meurt dans la nuit.

Autopsie. — Thorax : congestion pulmonaire; abdomen : raie hypertrophiée, noire, engorgée, friable; /■02e exsangue, desséché, avec des zones de dégénérescence graisseuse et plusieurs points ccchymotiques ; on observe dans l'estomac la muqueuse de couleur rouge vin, avec de nombreuses ecchymoses sous-muqueuses, présentant l'aspect d'une gastrite hémorragique très aiguë; tout le canal intestinal présente la muqueuse dans le même état, c'est-à-dire tuméfiée, de couleur rouge-vin, avec beaucoup d'ecchymoses et tous les signes de l'entérite aiguë par cyanure de potassium. Le contenu intestinal est composé d'une quantité extraordinaire de matière visqueuse, couleur chocolat avec des stries sanguines ; les reins sont congestionnés ; la vessie est contractée et vide d'urine.

Les cultures démontrent la présence de grandes quantités de bacilles ictéroides dans les organes, et d'une petite quantité dans le sang.

Exp. VI. - Chien de kg. 4,650.

9 septembre 1896. — A 10 h. m. Injection intraveineuse de 2 c. c. de bouillon-culture.

Quelques heures après l'injection, l'animal commence à faire des efforts de vomissements et finit par expulser tout le contenu gastrique ; il reste un peu abattu et adynamique, mais, les jours suivants, il revient à peu près aux primitives conditions générales satisfaisantes, quoique la température reste à 40° environ 4 jours de suite.

Le poids du corps diminue aussi d'une manière sensible. •19 septembre. — Cependant, après dO jours, il n'est descendu qu'à kg. 4,080; la fièvre a disparu complètement, l'état général est excellent; je pratique une seconde injection endo-veineuse de 2 c. c. de culture en bouillon.

Après cela, le poids du corps diminue de nouveau rapidement, l'état général s'aggrave, surtout l'adynamie qui s'accentue davantage et, le 24, apparaît la diarrhée sanguine. Le 26, l'animal se trouve très mal; le 27, il est étendu, immobile dans sa cage, dans un état comateux profond, interrompu seulement par des gémissements et des accès de dyspnée.

28 septembre. — La mort survient.

Autopsie. — Thorax : poumon gauche un peu congestionné, sang du cœur, en grande partie liquide et très pàle. Abdomen : foie gros, sec, de couleur rouge tirant à l'orange (semblable au foie de l'empoisonnement phosphorique) avec de nombreuses taches jaunes. L'examen microscopique démontre une dégénérescence graisseuse diffuse de toutes les cellules hépatiques; la vésicule biliaire est intacte et contient de la bile excessivement épaisse de couleur jaune or ; rate grosse, tuméfiée, rouge foncé, friable; les deux reins présentent tous les caractères macrosropiques &\igros rein blanc; à la surface on trouve plusieurs taches hémorragiques; la section permet de voir le parenchyme blanc sale, anémié, très peu résistant; la vessie est fortement contractée et ce n'est qu'au moyeu d'une pipette que je parvins à recueillir quelques gouttes d'urine limpide, mais qui se coagule immédiatement au contact de la chaleur; la muqueuse gastro-intestinale n'offre ni congestion ni hyperhémie d'aucune espèce, mais elle est tuméfiée, de cou-

loui- gris sale, cl alteinte d'un processus calarrhiil manifeste, dont l'abondante sécrétion remplit presque complètement le canal digestif qui ne contient pas de substances alimentaires.

Les cultures, pratiquées avec du sang et différents organes, montrent une quantité innombrable de bacilles iclérdides.

Le sang contient 3, 15 0/00 d'urée.

Exp. VII. - Chien de kg. 3,300.

10 octobre 1896. — 9 h. m. : Injection endoveineuse de 2 c. c, de bouillon-culture.

Les premières heures suivantes, l'animal présente les symptômes ordinaires déjà indiqués dans les autres expériences, c'est-à-dire : adynamie, vomissement, ténesme vésical et diarrhée.

La température de 38°, G monte à 40o-40o,7 et reste telle jusqu'au 13. Le ii et le 16, elle est à 39o,7. Le 16, elle remonte à 40o. Comme le 17, elle descend à 39o,l, je pratique une nouvelle injection endoveineuse de 5 c. c. de bouillon-culture.

18 octobre 1897. — La mort arrive précédée de vomissements sanguins et d'eutérorragies.

Autopsie. — Thorax : rien de remarquable ; abdomen : le foie est fortement dégénéré et parsemé de taches pâles couleur feuille morte. L'examen microscopique à frais, avec de l'acide osraique, démontre une dégénérescence graisseuse ditîuse de toutes les cellules hépatiques; la rate est grossie et présente plusieurs taches d'infarctus sanguins; les reins présentent les signes de la néphrite aiguë très intense; la vessie est contractée et contient quelques gouttes d'urine très albumineuse; l'estomac est dilaté, la muqueuse tuméfiée et de couleur rouge sang, les intestins, remplis de mucus blanc jaunâtre, présentent aussi la muqueuse très épaissie et de couleur rouge écarlate.

Les cultures démontrent l'absence de microbes dans le sang et l'urine, leur extrême rareté dans le foie et leur présence en petite quantité dans la rate.

Exp. VITI. — Chien de kg. 4,060.

15 octobre 1896. — 9 h. m. Température rectale 38o,5. Injection intraveineuse de 5 c. c. de bouillon-culture.

Après l^injection, l'animal offre les symptômes généraux déjà décrits, mais, vers le soir, il se remet un peu.

Les jours suivants, malgré une température oscillant toujours entre 390,7 et 40o, et une diminution constante du poids du corps, il se trouve en des conditions générales satisfaisantes.

23 octobre. — Huit jours après l'inoculation du virus, l'état du chien commence cependant à s'aggraver, présente de la diarrhée, de la somnolence, de la photophobie et du vomissement couleur café.

24 octobre. — Il tombe dans un état comateux profond, et meurt le 23. Autopsie. — Thorax : les poumons se présentent ecchynioliques sur

quelques points ; abdomen : le foie est de couleur jaunâtre, parsemé de taches

couleur cuir naturel. L'examen microscopique à frais, avec de l'acide osmique, montre les cellules complèlemcnt remplies de peliles et de grosses goiiUes de graisse; la raie est pelile, desséchée, consistante, avec divers amas hémorragiques ; les mns offrent une néphrite parenchymaleuse diffuse; la vessie est contractée et contient environ 1 c. c. d'urine très albumineuse; Veslomac et les intestins sont remplis totalement d'une grande quantité de liquide couleur café qui, examiné au microscope, paraît constitué de bactéries de diverses espèces, de flocons épithéliaux, de globules et de pigment sangTiin. La muqueuse de l'intestin grêle, dans toute son étendue, est tuméfiée, de couleur chocolat, avec de vastes ecchymoses, et recouverte d'un vernis muqueux, épais, résistant, de couleur rouge café. En plusieurs points, les plaques de Peijer se montrent énormément tuméfiées, proéminentes et ulcérées; tout autour il existe une infiltration hémorragique vaste et intense.

Les cultures avec du sang et divers organes donnent pour résultat la présence du bac. ictéro'idc mêlé au streptocoque. Ce dernier prédomine dans la rate et sang, mais il est en quuntité inférieure dans le foie et les reins.

Le sang contient 2,46 0/ûO d'urée.

L'étude histologique des lésions anatomiques a une grande importance dans la fièvre jaune expérimentale du chien, car ses résultats sont identiques à ceux de la fièvre jaune chez l'homme.

Chez le chien, comme chez l'homme, la stéatose des organes et surtout de la cellule hépatique, représente une altération spécifique et partant constante.

A l'état frais, et sur les coupes des organes fixés au liquide de Flemming, l'aspect des tissus est parfaitement identi(}ue à celui qu'on observe chez l'homme.

Le foie est, comme on le comprend, l'organe qui est atteint de préférence. L'altération anatomique générale qui appelle immédiatement l'attention consiste en une dilatation capillaire qui, en certains endroits, devienttellementexagérée qu'elle simule presque un tissu angiomateux. Les sections des vaisseaux prennent les formes les plus variées elles plus irrégulières et, souvent, aux points de confluence, on trouve de grandes lacunes. Les colonnes hépatiques situées entre les capillaires sont réduites, parfois, à de subtiles trabécules, constituées par des cellules fortement altérées dans la forme, le plus souvent diminuées de volume, troubles, granuleuses et, en certaines parties, complètement détruites et réduites à des amas globuleux méconnaissables. Les noyaux des cellules, en général, se colorent peu (coloration à la safranine) et se montrent très pâles, tantôt gonflés, tantôt atrophiés. Le protoplasma cellulaire est

complètement altéré, il a perdu son aspect granuleux et offre une déi ^énérescence graisseuse tellement grave et diffuse, qu'elle ne peut se comparer qu'à celle qu'on rencontre chez l'homme ou dans les empoisonnements par le phosphore. Toutes les cellules sont atteintes h divers degrés.

Dans quelques-unes la dégénérescence se manifeste sous forme de petites granulations noires; dans d'autres il apparaît comme de grosses gouttes de graisse qui finissent par remplir tout le réticule; dans d'autres enfin la stéatose est si complète que toute la cellule est représentée par une lâche noire uniforme, à contours un peu sinueux, et souvent avec une Fenêtre circulaire dans la partie centrale, qui représente le noyau presque incolore ou détruit. L'aspect de ces cellules grasses peut se comparer à celui de quelques cellules nerveuses colorées en noir par la méthode osmio-bichromique de Golgi.

En observant les coupes à un faible grossissement, l'intensité du processus stéatogène apparaît encore plus claire. Le tissu hépatique se montre formé comme d'un réticulum irrégulier, constitué par les éléments hépatiques, dont les mailles se présentent parfois, sur un long trajet, complètement noircies par l'acide osmique, de telle sorte que la préparation prend un aspect curieux que la planche xiv peut faire comprendre mieux que toute description.

Il s'agit de séries entières de cellules hépatiques complètement transformées en un amas de substance graisseuse qui conserve parfois la forme des cellules primitives, et d'autres fois se réduit à une série de grosses gouttes de graisse.

L'analogie de ce processus stéatogène dû au bacille ictéroïde, avec celui que produit l'empoisonnement phosphorique, ne pourrait être plus évidente.

Pour les pouvoir mieux comparer, j'ai déterminé chez des cobayes, des lapins et des chiens l'empoisonnement phosphorique, en introduisant le poison par la voie gastrique.

A ma grande surprise, j'ai observé que, chez les deux chiens empoisonnés avec le phosphore et niorts environ 2 jours après l'administration du poison, la stéatose du foie était bien moins accentuée que celle qu'on observe dans l'infection amarile.

Eu effet, les gouttes de graisse étaient très rares et apparais-

Annales de l institut fasteuk

saient distribuées parmi les cellules hépatiques plutôt que dans le protoplasma même.

La cellule hépatique se montre en général beaucoup plus

intacte.

Après le foie, dans rinfection ictéroîde du chien, ce qui mérite d'être pris en considération, ce sont les reins.

Le processus dégénératif prend ici aussi des proportions très graves, bien que moins accentuées que dans le foie.

Les cellules des canalicules urinaires sont, en général, tantôt troubles et granuleuses, tantôt homogènes, tantôt en forme de grumeaux. En plusieurs parties, l'épithélium est atteint d'un véritable processus de nécrose, ce qui explique que ces parties apparaissent complètement détruites et sans noyau.

L'intérieur des canalicules urinaires contient souvent des cylindres éphitéliaux, des Jeucocytes, des cylindres hyalins et granuleux, formés d'albumine exsudée et de cellules détruites.

La plupart des noyaux préexistants ne peuvent plus être colorés. On observe souvent, comme dans le foie, des figures nucléaires bizarres, qu'on doit attribuer sans doute à des processus de karyolyse. La dégénérescence graisseuse n'est ni aussi grave, ni aussi généralisée que dans le foie, mais elle se manifeste en certains points tellement intense qu'on observe des sections entières de canalicules, dont l'épithélium nécrosé est parsemé d'une immense quantité de gouttes de graisse de toutes les dimensions. Dans ce cas, la dégénérescence adipeuse prend le même aspect qui a été déjà décrit par divers auteurs dans l'intoxication diphtérique grave.

Les glomérules paraissent, au contraire, bien mieux conservés; mais, comme nous l'avons déjà observé chez l'homme, la capsule contient souvent des masses hyalines et granuleuses, constituées évidemment par de l'albumine coagulée.

Le tissu connectif interlobulaire semble participer bien peu, en général, au processus toxique, bien que ses vaisseaux sanguins soient toujours énormément dilatés. En outre, sur quelques points de la préparation, on observe des infiltrations leucocytaires, intertubulaires, à foyer, reconnaîssables même à un faible grossissement.

L'examen des reins, dans l'empoisonnement phosphorique des chiens, contrairement à ce que nous avons observé pour le

foie, montre des lésions dégénératives bien plus accentuées que celles qu'on rencontre dans l'infection ictérique. En effet, la plus grande partie de l'épithélium rénal est peu altérée, mais on y trouve quelques canalicules tellement dégénérés que, dans les coupes fixées préalablement avec- de l'acide osmique, ils apparaissent comme étant complètement remplis d'une quantité innombrable de gouttes de graisse de toute dimension.

Quant à la rate, excepté quelques rares cellules remplies de gouttelettes de graisse, l'examen histologique n'y révèle rien qui puisse constituer un résultat important pour nos recherches.

L'examen histologique de la muqueuse gaslro-inleslinale offre un grand intérêt dans la fièvre jaune du chien, parce que, comme nous l'avons exposé, ses altérations microscopiques sont celles qui se rapprochent le plus des altérations de la fièvre jaune humaine.

. Les lésions gastriques, surtout, méritent notre attention.

La surface de la muqueuse gastrique se trouve toujours, comme chez l'homme, tapissée d'un vernis formé de mucosités, d'éléments épithéliaux dégénérés et de leucocytes. L'épithélium cylindrique des vestibules glandulaires et de la surface interne de l'estomac manque sur quelques points, et il présente sur le reste des degrés plus ou moins élevés de la métamorphose muqueuse.

Chaque cellule, en effet, montre sur son bord libre un renflement sphérique terminal, qui se colore légèrement en rose par la safranine, et dont l'ensemble donne un aspect si bizarre à toute la surface de la muqueuse, que celle-ci paraît recouverte d'organes pareils aux conidies d'un aspergillus .

L'épithélium des glandules peptogastriques apparaît plus granuleux que d'ordinaire, et le tissu connectif interglandulaire présente les vaisseaux sanguins si extraordinairement remplis et dilatés qu'ils sont déchirés sur quelques points, donnant lieu à des infiltrations hémorragiques sous-muqueuses étendues, au milieu desquelles on trouve même de grands éléments connectifs, remplis de gouttelettes adipeuses.

La fièvre jaune expérimentale dans les chiens reproduit donc un tableau morbide qui non seulement offre, sous le point de vue symptomatologique et anatomique, les analogies les plus étroites avec la fièvre jaune de l'homme, mais nous aide encore

(07) SUR LA FIÈVRE .lAUNE. 499

admirablement à iiilerpréter certains faits qui, dans cette dernière, pouvaient être considérés comme d'une explication difficile.

En effet, en commençant par le vomito, qui représente le symptôme culminant de l'infection ictéroïde, nous voyons qu'il se produit chez le chien d'une manière constante, chaque fois que le poison amarilligène entre en circulation. Celui-ci agirait donc dans l'organisme comme un principe émétique très actif, comparable, par exemple, à l'apomorphine.

Quant aux gastrorragies et aux enlérorragies, il semble évident qu'elles doivent leur origine aux graves altérations qui se produisent le long de toute la muqueuse du canal digestif.

En effet, cette muqueuse, toujours par l'effet du poison amarilligène circulant dans le sang, est le siège Je processus, congestifs d'abord, nécrosiques ensuite, tellement graves et généraux, que la rupture consécutive des parois vasculaires explique plus que suffisamment les hémorragies ultérieures.

Il s'agit, même dans ce cas, d'une fonction éminemment hémorragipare du poison spécifique, ayant son point de prédilection sur la muqueuse gastrique, et comparable par certains côtés à celle qui a été décrite par moi et d'autres observateurs pour quelques poisons microbiques (poison typhique, pyocyanique, etc.), ou pour certains poisons du sang (cyanure de potassium, etc.).

Même Victère^ qu'on ne parvient pas à provoquer chez les petits rongeurs, a pu être observé par nous chez un chien.

Il est certain que cette manifestation, si commune chez l'homme, a de la peine à se reproduire chez les animaux; mais la pathogénie de ce symptôme n'a pas été encore bien définie en pathologie. Il est à supposer qu'il est en relation avec la lésion et la dislocation consécutive des cellules qui constituent la travée hépatique et que, par conséquent, on doit le considérer comme mn ictère par réabsorption.

Je dois cependant avouer qu'il m'est arrivé ce qui était déjà arrivé à d'autres investigateurs, c'est-à-dire que, aussi bien dans les sérosités que dans les urines des animaux et des individus complètement ictériques et morts de fièvre jaune, il m'a été impossible, la plupart des fois, même en employant les procédés les plus délicats, de mettre en évidence la réaction du pigment biliaire.

Cela vient peut-être corroborer l'opinion de plusieurs observateurs, d'après laquelle l'ictère de la fièvre jaune serait dû, non seulement à une suffusion biliaire, mais à la matière même du sang- transformée en hémaphéine.

Dans le doute, je crois devoir, pour le moment, passer légèment sur ce point, et fixer plutôt l'attention sur les altérations rénales qui prennent chez les chiens, comme cbez l'homme, une part prépondérante dans le tableau morbide.

En efiet, après l'élément hépatique, l'élément rénal représente chez le chien, comme chez Thomme, le point le plus vulnérable de tout l'organisme.

Les processus inflammatoires et dégénératifs y atteignent une intensité tellement grande qu'ils expliquent par eux-mêmes, d'abord l'albuminurie et ensuite l'anurie qui annonce presque toujours la mort. Celle-ci est d'ordinaire précédée, chez le chien comme chez l'homme, d'une période comateuse, plus ou moins longue, due en partie à l'intoxication urémique qui s'ajoute à l'intoxication amarile.

Le sang des chiens contient, en effet, après la mort, des quantités d'urée très élevées (4,27— 3,15 — 2,46 0/00), et à peu près ég-ales à celles qu'on rencontre dans les cas les plus graves de fièvre jaune chez l'homme.

Du côté anatomique, nous avons bien peu à ajouter à ce que nous avons exposé dans le résumé de nos observations histologiques.

La stéatose générale des organes, surtout du foie et des reins, établit, entre la fièvre jaune du chien et celle de l'homme, des rapports si étroits, si constants et si spécifiques, que nous pouvons eu proclamer avec raison l'absolue identité.

Enfin, on doit noter l'extrême rapidité de l'action du poison ictéroïde sur la cellule hépatique, laquelle peut présenter, même en peu d'heures, une dégénérescence g-raisseuse prononcée (voir exp. III).

Ce qui m'a été impossible d'établir clairement dans les chiens, c'est la dose mortelle fixe, capable de produire ce processus morbide cyclique, si caractéristique et si analogue à celui de l'homme, que nous avons décrit chez les cobayes et les lapins.

Un dernier résultat qui mérite votre attention dans la fièvre jaune des chiens, c'est le tableau bactériologique.

Dans la plupart des cas, le bacille iclérique se rencontre dans le sang- et dans les organes en quantité variable, mais à l'état d'absolue pureté. Quelquefois, cependant, on le trouve associé, comme chez l'homme, au coli-hacille ou au streptocoque.

Or, comme nous reviendrons en temps et lieu sur cette tendance aux invasions microbiennes secondaires, en étudiant l'intoxication amarile chez les chiens, obtenue avec les seules cultures filtrées, et que, d'ailleurs, elle ne peut être attribuée à des phénomènes post morlem^ car les autopsies ont été exécutées peu après la mort, il faut en conclure que le poison amarilligène, soit par lui-même, soit parles altérations qu'il provoque dans les divers viscères, et surtout dans le foie, favorise les infections secondaires, qui ont peut-être leur point de départ dans le même canal dig-estif.

Le foie est, en effet, considéré par tout le monde comme un organe de défense contre les microbes.

Cela constitue une analogie microbiologique importante entre la fièvre jaune du chien et celle de l'homme.

En considérant donc l'ensemble des résultats qu'on obtient dans l'étude de l'infection amarile chez le chien, nous voyons qu'il est possible d'obtenir, chez cec animal, les symptômes et les lésions principales qui constituent le tableau morbide spécifique chez l'homme

E. L'infection amarile chez les singes. — Le singe m'a paru être peu favorable à l'expérimentation du virus ictéroïde. Sur sept animaux inoculés sous la peau avec 1 c. c. de bouillonculture, trois seulement sont morts, après 8 jours de maladie. Les quatre autres, après avoir présenté une tuméfaction intense au point d'injection et un amaigrissement notable, mais sans autre symptôme caractéristique, se sont rétablis complètement.

Gomme le résultat de chacune des trois expériences .ayant donné un résultat positif présente quelques particularités dignes de remarque, je crois utile de les résumer brièvement.

H.nl ,^«"6. pJiénoménologie caractéristique, provoquée par l'infection iclérique rIP m,plm??<î®f 't '''«"^«''^'t V""^ Confirmation dans les intéressantes observations ob Jrvr nhP, l?""'' "f""' '^^"^ '^^ ^'"^^^^ épidémies de fièvre jaune, auraient fnmZ 'iW^w . p ' les symptômes de la maladie, y compris le

Eps' 80^ Go^-^ALEz Jebcr das ç,, be Fieber welches in Cadix etc. Uebers. «. ot R?wn co' ~ "'^'''/^'''i*"'J>' -Journal, vol. o3, 6i, 70 (184048)

et ^'^'yn Sorne account on the last yellow femr épidémie of Brîl. Guiana. Loî- Cl on, looo.j

502 ANNALES Dli L'INSTITUT PASTEUR. (70)

Exp. \. — Singe du Paraguay (Cebus fatuollm), de 5^0 gr. 6 mai 4890. — Injection sous-cutanée de I c. c. de bouillon-culture de 24 heures.

Quelques heures après l'inoculation, l'animal devient triste et la température qui, normalement, oscille entre 38»,4 et 38",8, monte à 39o,9, et le matin suivant à W,i .

Je remarque un amaigrissement quotidien rapide et, le d4du même mois, c'est-à-diré le 8e jour de maladie, l'animal meurt en coma, après une longue période d'agonie, caractérisée par le rejet du contenu gastrique et un peu d'entérorragie. Voici le résultat de l'autopsie :

Poids du cadavre : 470 gr. Rien de remarquable dans la cavité thoracique.

Abdomen- : foie tuméfié, congestionné et très friable; l'examen microscopique à frais ne révèle que la présence d'une dégénérescence granulaire diffuse de toutes les cellules hépatiques; congestion et tuméfaction de la i-ate et des reins; canal gastro-intestinal presque normal, avec quelques ecchymoses de la muqueuse; une petite quantité d'urine limpide et sans albumine dans la vessie.

Les cultures obtenues avec le sang étaient représentées presque entièrement par le staphylocoque doré; celles du foie, de la rate, des reins et de l'urine, étaient mêlées de staphylocoque doré et de bac. ictéroïde, en quantités à peu près égales.

Le péricarde et le péritoine étaient stériles.

Le seul fait digne de fixer notre attention dans ce Cas si peu démonsttatif est l'infection mixte trouvée à l'autopsie. Il n'a pu y avoir d'infection post mortem, puisque l'autopsie avait été pratiquée immédiatement après la mort de l'animal : on doit en conclure que chez le singe, comme chez le chien et l'homme, l'infection icléroïde prédispose l'organisme aux infections secondaires parles microbes pyogènes.

Exp. II. — Singe comme le précédent, de gr. 710.

le"" décembre 1896. — Injection sous-cutanée de 1 c. c. de bouillon-cultofe de 26 heures.

L'animal meurt le 7e jour, après avoir maigri progressivement jusqu'à 580 grammes.

Autopsie : faite immédiatement après la mort.

Thorax : poumons en partie sains et en partie fortement œdémateux; abondant exsudât séreux dans cavité pleurale droite ; ccewr flasque, presque exsangue, dégénéré. Abdomen : estomac et intestins remplis de liquide diarrhéique, mais d'aspect presque normal ; foie de couleur j aime, complètement exsangue, pareil à du beurre. On observe, vers les bords seulement, un réseau très fin de couleur rouge, dessinant en une délicate arborescence les espaces interlobulaires.

L^examen k frais avec dé l'acide osmique démontre une dégénérescence graisseuse complète de toutes les cellules hépatiques ; la rate est un peu tumé-

fiée mais d'aspect normal; les reins soni pâles et exsangues, donnant l'impression du gros rein blanc; la vessie est contractée et contient seulement •i ou a gouttes (l'urine trouble, lactescente, qui se coagule complètement à la chaleur; les (ja)U]lions lymphatiques axillaires et inguinaux sont tuméfiés.

Le résultat bactériologique l'ut le suivant : très peu de bac. ictéroides dans le sang et les reins, beaucoup dans le foie, très nombreux dans la rate, aucun dans l'urine.

La particularité saillante de celte autopsie fut donc une stéatose du foie telle que je n'en avais jamais observé d'aussi intense et générale dans le cadavre humain, ni pendant le cours de toutes mes expériences antérieures chez les animaux.

Après l'avoir fixé dans une solution de formaldéhyde et d'alcool, je conserve encore ce viscère avec le même aspect et la même couleur dans un mélange de glycérine et d'eau.

Exp. in. — Singe comme le précédent, de gr. 850, 3 décembre 1896. — Injection sous-cutanée de 1 c. c. de bouillon-culture de 24 heures.

L'animal maigrit rapidement, présentant comme le précédent une élér vation fébrile accentuée (38°, 8) dans les premières 48 heures, et finit paF mourir le 14e jour (17 décembre), sans présenter aucun symptôme digne d'être mentionné.

Autopsie faite immédiatement après la mort. Poids du cadavre : gr,. 69§, Thorax : poumons un peu congestionnés; exsudât citrin dans les plèvres; cœur pâle, avec un peu de liquide péricardique. Abdomen : estomac et intestins pâles, mais normaux; foie augmenté de volume, exsangue, dessér ché, de couleur brunâtre, avec des taches évidentes de dégénérescence graisseuse.

L'examen microscopique à. frais démontre, en effet, des gouttes de graisse libres et une dégénérescence granulo-graisseuse assez marquée de tous les éléments hépatiques; la rate est d'aspect normal; les reins sont pâles; la vessie contient un peu d'urine claire, mais albumineuse.

Les cultures démontrent la présence du bac. ictéroïdeen grandes quantités dans le sang et les viscères.

Le résultat de ces quelques expériences ne peut nous autoriser à tracer le type morbide de la fièvre jaune chez le singe. Cependant, le résultat anatomique exceptionnel del'exp. II, qui se répéterait sans doute si on expérimentait sur un plus g-rand nombre d'animaux de la même espèce, nous révèle encore une fois, avec une démonstration des plus belles et des plus saisissantes, l'énergique pouvoir stéatogène du poison ictéroïde.

Dans quelques recherches comparatives que j'ai voulu effectuer sur l'intoxication phosphorique, j'aieu occasion d'observer,

504 ANNALES DE L'IlNSTITUT PASTEUR. (72)

surtout chez les chiens et les lapins, des dégénérescences graisseuses du foie réellement remarquables; mais je dois déclarer qu'aucune d'elles ne pouvait être comparée, par son aspect extérieur, à celle que j'ai observée chez ce singe.

F. L'infection amarilk chez la ghèvrh et le mouton.

Je n'ai pas fait des expériences systématiques sur ces animaux. Je m'occuperai ici brièvement d'une chèvre et d'un mouton, morts accidentellement d'infection générale dans le cours de quelques essais de vaccination.

Exp. I. — Chèvre à lait, de kg. 34,480.

Le 2 août, elle commença à être inoculée sous la peau avec t c. c. de culture filtrée. La dose injectée fut augmentée successivement, à tel point que, le 20 octobre, elle avait reçu en tout 195 centimètres cubes de toxine avec une diminution de poids d'environ 4 kilogrammes. Du 24 octobre au 21 novembre, l'animal reçut l'injection totale de 10 c. c. de bouillonculture virulent, qu'il supporta parfaitement bien. Le 24 novembre, il fut inoculé par voie endoveineuse avec 5 centimètres cubes de bouillon-culture. Le jour suivant, il tomba malade et mourut le 27.

Le poids du cadavre était de kg. 28,600.

Autopsie. — Thorax : la cavité pleurale contient une grande quantité d'exsudat séreux, transparent, jaunâtre; les poumons sont exlraordinairement œdémateux, le cœur est flasque et dégénéré. Abdomen : exsudât séreux abondant dans la cavité abdominale; le canal digestif est d'aspect normal, mais le foie présente tous les signes d'une dégénérescence graisseuse, faiblement diffuse; la rate est d'aspect normal; les reins présentent les caractères d'une glomérulo-néphrite très intense; la vessie est contractée et contient quelques gouttes d'urine trouble et fortement albumineuse.

Les cultures du sang, aussi bien que celle des organes et de l'urine, donnèrent une vraie purée de microbes. Seulement les exsudats pleural et abdominal n'en contenaient qu'en très petite quantité.

L'analyse chimique de l'exsudat pleural révéla la présence de 4 gr. 05 0/00 d'urée.

Exp. II. — Jeune mouton, de kg. 22,800.

Le 5 septembre, il commença à recevoir, sous la peau, de petites doses de culture filtrée, qu'on augmenta graduellement jusqu'au 10 octobre, date à laquelle l'animal était descendu au poids de 17 kg. 800, après avoir reçu en tout 115 grammes de toxine.

Comme, malgré la diminution du poids, l'animal se présentait en conditions générales excellentes, le 12 octobre on lui inocula, par voie sous cutanée, 10 c. c. de bouillon-culture virulent.

Cette injection fut si bien supportée que l'animal commença à augmenter de poids; elle fut donc répétée huit fois de suite, de telle sorte que, le

21 novembre, le mouton avait reçu l'injection sous-cutanée totale de 125 c. c. filtrée et de 121 c. c. de culture virulente.

Le 24 novembre, on pratiqua une injection endoveineuse de 5 c. c. de bouillon-culture frais et, comme l'animal paraissait l'avoir bien supportée, elle fut répétée à la dose de 10 centimètres cubes, le 1er décembre.

Le jour suivant, le mouton mourut.

Autopsie (faite immédiatement après la mort). — Thorax : exsudât pleural abondant de couleur jaune intense; œdnme pulmonaire exlraordinairement développé et diffus. Abdomen : appareil digestif d'aspect presque normal, présentant seulement de petites traces d'entérite; foie pâle, mais non dégénéré en apparence; rate petite et flasque; reins très congestionnés; vessie contractée et contenant quelques gouttes d'urine claire et privée d'albumine.

Les cultures du sang et de l'exsudat pleural restèrent stériles; celles du foie, de la rate et des reins donnèrent des mélanges de bac ictéroïde et de streptocoques ; l'urine présentait en culture pure le staphylocoque doré.

L'analyse chimique de l'exsudat pleural donna 2,80 0/00 d'urée.

Le sérum, séparé par coagulation du sang du cœur, produisait, dans la proportion de 1 à 20 et en une heure, l'agglutination, l'immobilisation et la précipitation de tous les microbes d'un bouillon-culture de 24 heures.

On voit donc se reproduire, dans la chèvre et le mouton, le même ensemble de phénomènes que nous avons signalés comme spécifiques dans tout le reste de nos recherches de pathologie comparée.

Dans ces deux dernières expériences, surtout dans la seconde, on remarque la faible intensité de la stéatose hépatique; mais cela ne peut avoir aucune importance, du moment qu'il s'agissait avant tout d'animaux habitués depuis longtemps à supporter de grandes quantités de poison et de virus amarilligène; eu second lieu, le processus infectieux qui fut la cause immédiate de la mort, se développa trop rapidement, surtout chez le mouton, pour pouvoir déterminer une dégénérescence graisseuse considérable du foie.

Nous verrons, en effet, dans un second mémoire, que le poison amarilligène peut déterminer une stéatose profonde et générale des cellules hépatiques.

Quant à la lésion rénale, elle s'est manifestée dans les deux cas avec une telle gravité, qu'on peut en conclure, surtout pour la chèvre, que, même si la mort n'était pas survenue par intoxication spécifique, elle se serait produite par insuffisance rénale.

L'énorme quantité d'urée trouvée dans l'exsudat pleural (4 gr. Oo 0/00} est effectivement bien supérieure à celle que les

auteurs {Gréhant, etc.) ont rencontrée dans les ajiimaux morts après la néphrotomie (2 gr. 70 0/00).

Cela démontre que, même dans la fièvre jaune expérimentale, l'organe qui se montre parmi les plus sensibles au poison spécifique et dont la lésion fonctionnelle constitue un fait clinique et anatomique d'une importance capitale, est le rein.

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