‹ Étiologie et Pathogénie de la PellagreChapitre 14 sur 23 · OBSERV ATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERV ATION VIII

(Personnellement recueillie dans le service de M. le prof. agr. VIREs).

R. L., quarante-six ans ; né à Saint-Maurice; entré à l'hôpital le 18 mars 1899, chez les vieillards, pour un commencement de paralysie générale. Profession, facteur d’abord, garde-champêtre ensuite.

Son père bien portant, mais sa mère, d'une santé précaire, toussant et crachant beaucoup, est morte poitrinaire.

Tout jeune, il a eu la variole, puis une pleurésie: un chancre induré. Il aime beaucoup l'alcool.

Depuis neuf ans, il voit la peau du dos des mains s’éplucher chaque année au mois de mai; la desquamation dure à peu près deux mois,

2 MAS puis la peau reste pendant l'hiver brunâtre et sèche. Il ne peut nous fixer sur le début réel de la maladie, il dit avoir eu lourdeur de tête, perte de mémoire et surtout de la diarrhée, mais c’est tout.

Actuellement, l'érythème est localisé deux travers de doigt au-dessous de l’articulation radio -carpienne et descend jusqu'aux deuxièmes phalanges des deux mains. Il est à remarquer que l’érythème se trouve exactement au dos de la main, quand celle-ci est en flexion ou au repos, La limite supérieure est bornée par la manche assez longue de sa veste.

Tout autour de l'érythème la peau est cuivrée, d’abord brune et ensuite blanche. Le derme que l’on remarque sous la pelure de l’érythème est rouge foncé.

Le malade nous dit qu’il sent des gouttelettes de feu tomber sur la peau de sa main s’il l'expose au soleil, à part cela il a une démangeaison.

A la nuque, il y a quelques plaques, ainsi qu’au front très insensiblement. Le malade dit que ces érythèmes gagnent de superficie chaque année, et depuis neuf aus c’est la première fois qu'il a des plaques érythémateuses au front et au cou.

Il mange très peu, il a de l’anorexie, il ne peut pas voir la viande. La langue mince, rouge, fendillée. L’estomac normal, pas de diarrhée actuellement, mais il a eu de la diarrhée il y a quatre ou cinq ans; pendant ce temps il lui était impossible de garder ses fèces.

1! a la tête lourde, une rachialgie continuelle. La sensibilité est conservée. Ses réflexes rotuliens radiaux sont conservés. La marche est sautillante.

Les artères petites et pleines, le cœur petit à la percussion à des battements assez forts et nets à l’auscultation, le premier bruit est un peu fort.

Ni sucre, ni albumine dans ses urines, pas d'œdème des jambes.

Rien à signaler dans ses poumons.

L'état général du maladeest assez bon à cause d'un traitement tonique auquel il est soumis.

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