OBSERVATION IX
(Recueillie par nous au service de M. le professeur MaireT)
P. L., âgé de vingt-huit ans, né à Lansargues, cultivateur, non marié,‘entré à l'asile le 30 juin 1897 avec un diagnostic de manie avec
PAGES prédominance des idées de grandeur et d'arrêt de développement intellectuel.
Antécédents héréditaires. — Parents d’une intelligence médiocre, pas de renseignements au point de vue des maladies cachectisantes.
Antécédents personnels. — Avant .son internement, il a eu au mois de mars 1897 une fluxion de poitrine ; il buvait beaucoup.
Nous regrettons de n'avoir pu préciser le début de la pellagre. Actuellement, il nous semble que le premier érythème doit remonter à dix ou douze ans selon l'aspect parcheminé de la peau du dos de la main, d'une teinte cuivrée, parcheminée, remontant à deux traveré, de doigt au-dessus de l'articulation du poignet et descendant jusqu'aux deuxièmes phalanges. Aux pieds, il dessine un triangle à base supérieure, allant d’une malléole à l’autre. (Il dessine exactement l'ouverture de l’espadrille qu'il chausse).
Il présente des plaques d'érythème sur le dos du nez, à la tempe, au cou et au rebord des oreilles.
La langue pâle, très mince, fendillée ; les gencives fongueuses saignantes, ainsi que la face interne des joues. Pas d’appétit. L'estomac douloureux. Une diarrhée colliquative qui le fatigue excessivement.
Le pouls petit, dépressible. Le cœur se maintient.
A cause de l'extrême maigreur, qui se prononce de plus en plus, on ne peut pas bien ausculter les sommets des poumons; à la base rien à signaler, pas de trace de tuberculose. Il ne tousse ni ne crache.
Les jambes sont un peu enflées, trace d'albumine dans les urines.
Depuis le 16 juin 1902, l’état cachectique gagne de jour en jour du terrain, malgré le traitement symptomatique.
Il a succombé le 13 juillet 1902.
L’autopsie n’a pas été autorisée par les parents.