OBSERVATION X
(Recueillie par nous dans le même service)
F..., âgée de cinquante ans, sans profession, née à Maraussan (Hérault), domiciliée à Valros. Internée le 1° avril 1902,
Antécédents héréditaires. — Rien à signaler.
Se
Antécédents' personnels. — Réglée à dix-huit ans, mariée, a une fille. Elle semble avoir eu une syphilis conjugale. Ne buvait pas beaucoup.
Elle a été internée à cause de manifestations mégalomaniaques ; affaiblissement de l'intelligence et troubles paralytiques.
À l'examen de la malade, nous constatons un érythème squameux très caractéristique au dos des mains, ainsi qu'au front. Impossible d’en savoir le début. Il est à remarquer une particularité très curieuse chez cette malade : elle présente, à la base du cou, un joli érythème en forme de collier (faisant, par conséquent, le tour du cou) ; chaque plaque a la dimension d’une pièce de 5 franes et, se touchant, forme le collier pellagreux (nous avons donné ailleurs l'explication de cette particularité); les pieds n’ont rien à signaler.
La langue mince, rouge, fendillée ; la muqueuse buccale fongueuse. Estomac non douloureux, diarrhée abondante.
Pouls petit, régulier, rien au cœur ni aux poumons; pas d’albumine, ni sucre, dans les urines.
Tremblement horizontal et irrégulier des extrémités, diminution des forces. Exagération des réflexes rotuliens et de l'avant - bras. Céphalée et rachialgie.
REMARQUE. — Il est bien regrettable de n'avoir rien su de plus sur l’état antérieur de la malade.
Il y a cinq autres malades dans l'asile qui présentaient la pellagres mais, ne pouvant nous procurer des renseignements utiles sur le début et le développement de la maladie, nous constaterons simplement que :
Tous ces cinq malades ont des {ares héréditaires incontestables ; sont plus ou moins alcooliques et miséreux. Ils présentent très nettement le trépied symptomatique; n'ont jamais fait usage de maïs, ne sont pas de pays d’endémie.