‹ Etiologie et traitement du cancerChapitre 15 sur 34 · STATISTIQUE DES 126 CAS TRAITES JUSQU’AU 20 JANVIER · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DES 126 CAS TRAITES JUSQU’AU 20 JANVIER

Le nombre des cas traités depuis le i or janvier 1901 jusqu’au 20 janvier igo4 est de 126.

i° 58 observations n’ont été suivies d’aucun résultat favorable, soit que le traitement ait été tenté dans des cas désespérés où il y avait généralisation ganglionnaire et viscérale, soit que les malades aient interrompu volontairement les injections.

Un certain nombre des malades qui ont interrompu volontairement le traitement étaient en voie d’amélioration manifeste et cette amélioration avait été constatée par d’autres confrères. Mais on voulait exiger qu’une seule semaine de traitement guérît des cas inopérables; beaucoup de médecins voudraient traiter le cancer comme la diphtérie ou le furoncle, par une seule injection antitoxique.

E. DOYEN. —- TRAITEMENT Dü CANCER. 7

5 o ÉTIOLOGIE ET TRAITEMENT DU CANCER.

Nous devons signaler que presque tous les malades qui, apres une amélioration manifeste, ont interrompu volontairement le traitement malgré les observations qui leur étaient faites, et qui ont voulu s y soumettre de nouveau au moment où une aggravation indiscutable s était produite, ont vu leur tumeur se développer beaucoup plus rapidement. Il semblerait que l’intoxication générale qui caractérise la cachexie cancéreuse ait repris le dessus et que les injections, au lieu de produire une réaction vitale plus grande des cellules de la périphérie du cancer, aient alors affaibli leur résistance.

Ce phénomène n’est pas nouveau en sérothérapie. On l’observe, tout à fait identique, dans les expériences d’accoutumance du lapin à des poisons minéraux tels que l’arsenic.

2° Les cas en observation sont au nombre de 47 - Parmi ces cas 18 peuvent être déjà considérés comme favorables et 29 doivent être classés comme devant être observés plusieurs mois encore, bien que, par analogie, la plupart d’entre eux puissent déjà rentrer dans la catégorie des 18 premiers.

Les observations seront publiées en détail ainsi que les suites ultérieures.

3 ° Il nous reste 21 cas où il est impossible de déceler actuellement la moindre trace de cancer. Ces 21 cas peuvent être considérés actuellement comme des guérisons.

Je répète que la suite des observations favorables ou défavorables sera publiée avec toute la rigueur scientifique exigible.

Ces 21 cas se rapportent à toute une variété de tumeurs : lymphadénome du testicule avec généralisation au pli de l’aine, sarcome des muscles de la cuisse, cancer de l’estomac avec généralisation à la paroi, cancer de l’utérus avec noyaux disséminés dans le péritoine pelvien, cancer de la verge généralisé à la région inguino-crurale avec envahissement de la gaine des vaisseaux ; sarcome de l’amygdale avec généralisation aux ganglions du cou, cancer de la langue, cancer du corps thyroïde, épithélioma de la face avec généralisation ganglionnaire, épithélioma du sein avec extension rapide et envahissement de la gaine des vaisseaux axillaires, cancer des ovaires avec greffe péritonéale et ascite, cancer de la langue, de 1 amygdale et du voile du palais avec masse cancéreuse diffuse envahissant la gaine des vaisseaux carotidiens.

De ces 21 cas : 2 remontent à 1 année 1901, le plus ancien datant de janvier 1901 ; 6 appartiennent à l’année 1902, et i3 à l’année 1903.

Chez tous ces malades sans exception, après la réaction, généralement variable, de la première injection, l’état général s’est considé-

rablement amélioré, à ce point que les personnes en traitement signalaient d’elles-mêmes la sédation des douleurs et le retour des forces.

La sédation des douleurs est très remarquable et caractérise bien, dans les cas favorables, l’arrêt rapide du processus néoplasique sous l’influence des injections. L’amélioration de l’état général' démontre que le traitement permet à l’organisme de délruire les toxines qui déterminent chez les cancéreux la cachexie bien connue.

Localement, les phénomènes observés sont très curieux. Le cancer en cuirasse, dont les noyaux présentent habituellement une teinte rougeâtre assez accentuée, pâlit rapidement. Les nodules s'affaissent et prennent une teinte rose, puis jaunâtre, pour disparaître à la longue presque complètement. Certains points reprennent l’aspect et la souplesse de la peau saine, les autres ont l’apparence d’un cuir mince et jaune d’un aspect spécial, qui ne ressemble à aucune des lésions cutanées connues jusqu’ici.

Dans les cas de tumeurs étendues du sein, de la langue, où l’ablation est faite tout près des limites du mal et souvent, pour le sein, si la peau est déjà envahie, en deçà des limites de l’envahissement cutané, la cicatrisation se fait avec une rapidité extraordinaire et le plus souvent en cinq ou six jours.

La simple ablation du col de l’utérus cancéreux a suffi pour amener une guérison durable dans un cas où l’affection paraissait inopérable ; dans un autre cas de récidive, la lésion s’est cicatrisée complètement sous l’influence des injections, sans curetage.

Les observations, qui seraient trop longues pour être exposées dans, cette lecture, seront publiées in extenso , et la liste en sera complétée par les observations de tous les nouveaux malades qui seront soumis au traitement.

Ces observations sont toutes corroborées par la photographie et par l’examen histologique et bactériologique des pièces.

Nous pouvons conclure que le cancer a cessé d’être une maladie incurable et qu’au début même de la généralisation, c’est-à-dire dans des cas où tout autre traitement est sans action, il est possible soit d’enrayer 1’évolution du mal, soit, dans certains cas, de déterminer la cicatrisation complète avec ou sans opération.

Académie de Médecine

COMMUNICATION DU 2 3 FEVRIER igo/j 1

Le Cancer

Etiologie — Tr alternent

LE MICROCOCCUS NEOFORMANS - SON ACTION PATHOGÈNE

Les premiers résultats de mes recherches sur l’étiologie et la thérapeutique des néoplasmes ont été consignés dans un pli cacheté déposé à l’Académie le 25 novembre 1901, et qui a été lu par M. le Président dans la séance du 24 décembre suivant. Ces résultats ont été confirmés depuis cette époque par un grand nombre d’observations.

Je n’ai pas à revenir sur la présence du micrococcus neoformans dans les tumeurs, ni sur mes premières expériences d’inoculation aux animaux et de thérapeutique chez l’homme, qui ont été communiquées, soit à l’Académie de Médecine dans cette note du 25 novembre 1901, soit en avril 1903, au Congrès international de médecine de Madrid.

Je rappellerai toutefois, comme le démontre l’envoi d’un premier pli cacheté le i 5 août 1886 à l’Académie des Sciences, que mes recherches sur le micrococcus neoformans datent actuellement de plus de 18 ans, et que les résultats que j’ai obtenus actuellement pour

1. Le texte de celte communication y compris les 126 premières observations, a été déposé au commencement de février 1904 chez M. le Président de l’Académie de Médecine.

l’arrêt, sinon pour la guérison du cancer, n ont ete que la continuation des premières recherches que j’avais entreprises a cette epoque.

Des cultures pures de micrococcus neoformans ont été obtenues de tumeurs provenant de toutes les parties du monde, ce qui prouve à la fois l’unité d’origine des néoplasmes et la dissémination du microbe pathogène sur toute la surface du globe.

L’action pathogène du micrococcus neoformans ne peut plus guère être mise en doute, car, outre mes premières inoculations positives de cultures virulentes, j’ai obtenu de nouveaux résultats, notamment chez le chien, le lapin, le cobaye, le rat blanc et la souris blanche.

Ces inoculations de cultures virulentes aux animaux ont produit chez une chienne, au niveau des mamelles, 2 lipomes encapsulés ; dans la mamelle du cobaye, des tumeurs temporaires assez analogues au cancer du sein chez la femme, et qui se résorbent en quelques mois ; dans le testicule du cobaye, une phagocytose épithéliale intense qui atteint son maximum dix jours après l’injection et se termine par l’atrophie de l’organe.

Une femelle de cobaye, morte spontanément deux mois après l’injection dans la mamelle d’une culture pure, présentait un foyer d’adénome cylindrique du foie. Un lapin, huit jours après une injection faite par la voie lombaire au niveau de l’extrémité supérieure du rein droit, est mort d’une sténose pylorique qui ressemblait extraordinairement à la même lésion chez l’homme.

Deux souris inoculées sous la peau du dos sont mortes, l’une six mois et l’autre dix mois et demi après, d’obstruction intestinale, causée chez la première par une masse cancéreuse développée au niveau de l’angle du côlon transverse et dans laquelle existaient encore des zooglées du micrococcus pathogène; chez la deuxième, on a constaté un adénome cylindrique à type cancéreux, qui avait envahi une longueur de 10 millimètres du gros intestin et présentait le volume de la cuisse de l’animal.

La même injection de cultures virulentes a déterminé chez une guenon un adénome kystique de la mamelle absolument identique aux adénomes kystiques que l’on observe chez la femme.

Un rat blanc a présenté des foyers multiples de lymphadénome du testicule et un rat femelle, injecté dans la région rénale, un fibro-sarcome de la trompe de Fallope 1 . Quatre de ces animaux sont morts spontanément des progrès de l’affection.

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