THÉORIES GLANDULAIRES
I. — Théorie surrénale Stoœæltzner (92). — Le rachitisme est une maladie générale, atteignant tout l’organisme, provoquant dans le squelette une sorte de dystrophie régressive ; du côté de la musculature striée, de l'hypotonie qui n’est pas une conséquence des altérations du squelette, car elle apparaît avant les lésions 1achitiques et disparaît avant elles; du côté de la musculature lisse une atonie révélée par la distension de l'intestin, le météorisme,la dilatation anormale des artères. Stœltzner explique ces symptômes par le manque d’adrénaline dans l’organisme. L’adrénaline présente une action curative marquée
et rapide sur presque toutes les manifestations du rachitisme : atonie intestinale, hypotonie musculaire généralisée, lésions osseuses. La cessalion prématurée du traitement fait réapparaitre les symptômes de la maladie. Bossi et Jemma ont confirmé cette action curative.
Les causes pouvant provoquer l'insuffisance de sécrétion des glandes surrénales peuvent être multiples. En première ligne: l'activité physiologique insuftisante de la musculalure striée : le séjour dans des habitations malsaines : hiver. Confinement au lit par une maladie quelconque. L’alimentation défectueuse ne serait pas en soi une cause de rachi-
tisme ; elle peut le devenir si elle aboutit à des trou-
bles de nutrition diminuant l’activité musculaire des enfants. Par le même mécanisme, l'alimentation excessive peut favoriser le développement du rachitisme.
Von Hansemann (102) a signalé le rachitisme des animaux comme une conséquence de la domestication. :
Findlay (26),enfermant des jeunes chiens dans des cages étroiles,a observé que ces animaux devenaient régulièrement rachitiques même lorsqu'on leur donnait la même nourriture qu'à des animaux de contrôle qui, eux, restaient sains. Les examens histologiques des os malades ont montré qu'il s’agissait de rachitisme vrai.
L'activité musculaire fait augmenter la quantité d’adrénaline dans le système circulatoire, |
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Stœltzner conclut à l’origine surrénale du rachitisme.
D'un travail expérimental sur cette question, Jovane et Pace (45) ont tiré les conclusions suivan- Les :
1° Les injections, chez les enfants rachitiques d’adrénaline en solution à 1 o/oo à la dose de 1 centimètre cube produisentune augmentation et un relèvement du tonus musculaire en agissant peut-être sur les centres régulateurs de la force musculaire : une augmentation de l'appétit avec amélioration de ‘la nutrition, en activant peut-être, comme toute sécrétion interne, les échanges organiques ;
2 L'examen histologique des capsules surrénales de lapins atteints de dystrophie osseuse rachitiforme n’a fait relever de façon analogue à ce qu’on a observé chez les enfants rachitiques, aucune lésion des divers éléments composant ces organes ;
3° La capsulectomie bilatérale est toujours mortelle chez les jeunes chiens, dans les vingt-quatre heures qui suivent l'opération ;
4 La capsulectomie unilatérale ; les animaux d’une première série ayant survécu dix-huit jours et ceux d’une deuxième série, soixante jours n’a provoqué aucune lésion histologique des divers os du squelette, saufune vaso-dilatation des capillaires sanguins des espaces médullaires des os, moindre chez les animaux de la première série, plus accentuée chez ceux de la seconde ;
Etant donné ces résultats, Jovane et Pace ex-
cluent au moins au point de vue anatomo-pathologique tout rapport entre les capsules surrénales et
- le rachitisme,
THÉORIES THYROIDIENNE ET THYMIQUE
Se basant sur l’analogie du myxœdème et du rachitisme Heubner a édifié une théorie thyroïdienne du rachitisme. Hertoghe (39) note que le rachitisme est amélioré par l’opothérapie thyroïdienne, et que ; l’on constate souvent chez les enfants rachitiques des signes d’hypothyroïdie : peau épaisse, jambes cylindriques, hypothermie, asthénie générale. L'influence de la glande thyroïde sur le squelette a été étudiée expérimentalement : l’ablation ou l’atrophie de cette | glande arrête le développement des os, mais sans y déterminer de rachitisme. Trachewski a observé le rachitisme chez les petits animaux thyroïdectomisés. Jeandelize (43), recommençant les expériences de cet auteur, n’a jamais obtenu pareil résultat. La clinique ne montre pas de relations évidentes entre le corps thyroïde et le rachitisme. Cette maladie ne coïncide que dans des cas très exceptionnels avec une affection de la glande thyroïde.
II. — Théorie thymique. — Peut-on incriminer le thymus ? Des recherches de M. du Castel (25), il ressort que dans la majorité des cas de rachitisme, le thymus est hypertrophié : mais sa réaction toute fréquente qu'elle est, demeure inconstante et postérieure aux lésions osseuses, Son action sur le
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squelette reste à préciser. Basch a pu déterminer un arrêt de développement par la thymectomie, mais il
n’a pas reproduit le rachitisme.