THÉORIE SYPHILITIQUE
L'hypothèse de Parrot (73), d’après laquelle le rachitisme serait toujours une manifestation de la syphilis héréditaire, est inadmissible. Cazin et Isvovesco, Assada dans sa thèse ont combattu et détruit les idées de Parrot. Ee rachitisme, en effet, est rare ou absent dans des pays ravagés par la syphilis : on voit des rachitiques contracter très bien la syphilis.
Fournier (28) a réduit l'influence de la syphilis aux limites suivantes: Le rachitisme se rencontre chez les hérédo-syphilitiques avec une fréquence qui ne permet pas de contester entre ces deux affections un rapport de cause à effet. Au lieu d’accepter que le rachitisme soit une émanation directe de la syphilis, Fournier croit plus admissible que le rachitisme est une conséquence banale de l'influence dyscrasique qu’exerce la syphilis sur l’ensemble de l'organisme et en particulier sur le système osseux.
Pour M. Marfan (59), il n'est pas douteux que la sypbhilis puisse suffire à créer le rachitisme. Il a vu des enfants, issus de parents syphiliques et qui euxmêmes présentèrent des altérations spécifiques. Nourris par leurs mères, ces enfants présentèrent peu ou pas de troubles digestifs ct cependant, ils MmOon-
Ba (Ne
trérent de bonne heure des signes nets de rachitisme. M. Marfan ne se sépare de Parrot qu’en ceci : la syphilis n’est pas la seule cause du rachitisme et
celui-ci se développe souvent en dehors d'elle. La | syphilis peut réaliser sur les os des nourrissons les lésions propres de la spécificité et en même temps des manifestations non spécifiques: c’est le rachitisme. La syphilis agirait comme les toxi-infections intestinales chroniques, les staphylococcies prolongées, etc. Ce rachitisme a quelques caractères particuliers : il est précoce dans son apparition; il est remarquable par la prédominance de ses lésions craniennes : il coïncide souvent avec une anémie assez prononcée et s'accompagne d’une hypertrophie chronique de la rate.