OBSERVATIONS PERSONNELLES
. Nous avons essayé nous-même de rechercher par l'étude de fragments d’os rachitiques, prélevés surtout au niveau des côtes, l’état des lésions histologiques. Nos recherches sont forcément incomplètes, à cause du nombre relativement peu considérable de fragments examinés et surtout parce qu'il nous a été impossible de nous procurer des échantillons sur lesquels nous aurions pu étudier les lésions du rachitisme au début, et celles du rachitisme à la période ‘de guérison.
Nous nous sommes donc borné à étudier le rachitisme à la période d'état ; le cas qui nous a servi de type àce point de vue présentait une déformation macroscopique très considérable qui se traduisait par une dépression profonde du plastron thoracique sur le côté externe, tandis que du côté interne, pleural, il existait une saillie énorme, telle que nous en avons rarement vue sur l'extrémité antérieure des
côtes. Les coupes ont été faites sur des fragments
traités par divers procédés, en particulier suivant la
technique complèle indiquée de M Marfan ; sur
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d’autres fragments nous avons essayé d'appliquer la technique indiquée par Schmorl dans sa communication au Congrès allemand de Pathologie en 1909 à Leipzig. |
Lésions microscopiques. — Au premier abord, on est frappé par trois phénomènes : :
1° L’hypertrophie énorme de la couche cartilagineuse ; MES Ne
2° Le développement considérable du réseau vasculaire, hyperactivité médullairé en certains points ;
3° La formation du tissu ostéoïde.
Enfin le faitle plus caractéristique à première vue est celui du mélange de tous les tissus et de
-toutes les formations qui s’enchevêtrent sans ordre
etse pénètrent les uns les autres.
1° Réaction proliférante de la couche cartilagineuse. — C’estla couche cartilagineuse qui représente par sa masse et par son abondance, l'élément principal de l’hypertrophie. Il existe une ligne de séparation encore assez nette,en certains points entre le cartilage au repos et la couche cartilagineuse en voie de prolifération ; il y à surtout une différence de coloration assez nette du tissu fondamental cartilagineux entre ces deux couches, qui permet de les différencier aisément. Cette ligne de séparation est interrompue parfois par des encoches irrégulières qui pénètrent dans le cartilage au repos qui contient au sein d’un stroma fibreux peu abondant des éléments cellulaires nombreux et de petits vaisseaux.
Immédiatement au-dessous de la ligne de sépara-
= 100 = tion les cellules cartilagineuses, petites et aplaties sé disposent parfois encore en colonnettes constituées par des éléments superposés, mais rapidement à mesure qu'on approche vers l'extrémité diaphysaire de l'os, ces cellules se gonflent, deviennent volumineuses et se disposent dans un ordre irrégulier, tassées les unes contre les autres ou bien elles se
rangent en séries vaguement linéaires.
Au sein de celte couche cartilagineuse apparais- sent des vaisseaux jeunes. | |
2 Développement du réseau vasculaire. — Du côté de l'extrémité distale dans les aréoles du tissu spongieux, la moelle peut être dans un état d'hyperactivité fonctionnelle très marquée. Au sein d’un stroma fibrillaire souvent très délicat, -on voit des vaisseaux très nombreux et des éléments cellu-
‘laires petits et fortement colorés, accumulés en nom- . bre considérable,
On peut suivre un grand nombre de vaisseaux dans leur continuité jusque dans la couche cartilagineuse en voie de prolifération et c'est toujours au voisinage des vaisseaux el en rapport avec eux, semble-t-il, que se fait la formation du tissu ostéoïde. Il existe aussi et de façon indiscutable un certain nombre de vaisseaux d'origine périchondrale qui pénètrent dans la zone cartilagineuse en voie de prolifération. Mais ils paraissent beaucoup moins nombreux et l'origine médullaire, ascendante si l’on peut dire de la plupart des vaisseaux nous paraît évidente, au moins sur les coupes examinées,