‹ Étiologie-Pathogénie et Anatomie Pathologique du RachitismeChapitre 6 sur 29 · THÉORIES MICROBIENNES · texte numérisé non relu

THÉORIES MICROBIENNES

a) Mircoli (68) voit dans le rachitisme un proces- ” sus infectieux dû à un agent pathogène banal : streptocoque, staphylocoque, colibacille, etc... Pour étayer sa théorie l'auteur s’appuie sur les données suivantes : : |

1° Epidémies de rachitisme ;

2° Relations entre les symptômes du rachitisme et les fermentations gastro-intestinales ;

3° L'existence de la fièvre au cours de la maladie : les symptômes rhumatoïdes ;

4 Les symptômes nerveux : épanchement aigu du cerveau ; Marasme.

En 1891 Mircoli observa un enfant, qui, d’abord, parfaitement sain devint ensuite en peu de temps fortement rachitique, avec une hydrocéphalie très marquée, eut de la fièvre, de la cachexie et enfin mourut au bout de quelques mois. En cultivant de la substance nerveuse du cerveau et de la moelle, l’auteur obtint des cultures virulentes de staphylocoque et de streptocoque pyogenes. Chez d’autres

enfants il retrouva les mêmes micro-organismes et le bacterium coli.

Injectant à de jeunes lapins une à deux gouttes de cultures de staphylocoques, Mircoli a vu presque toujours se produire des ostéomyélites épiphysaires. : ne

Lapin âgé d’un mois : processus de suppuration atieignant toute l’épiphyse.

Lapin âgé de quinze jours : abcès miliaires dans les épiphyses.

Lapin âgé de huit jours : processus inflammatoire, non purulent qui détermine une hypertrophie du cartilage et de l’épiphyse.

L'auteur voit dans les altérations osseuses ainsi obtenues, en particulier dans la dernière expérience, une analogie parfaite avec les lésions osseuses rachitiques. ni

Par contre, Spillmann (88) trouve dans les os rachitiques les mêmes microbes que dans les os d’enfants morts d’une affection quelconque. Ses injections de cultures coli-bacillaires sont toujours restées sans résultat. Avec le staphylocoque et le bacille pyocyanique, Spillmann a amené la mort de l'animal, mais pas de lésions osseuses.

b) Le rachitisme est-il dû à une infection microbienne spécifique ? Chaumier (14) (de Tours) admet cette spécificité en invoquant les arguments suivants :

1 Certaines années, on observe un plus grand

nombre de rachitiques ;

» Le rachitisme accomplit ses périodes d’augmentation, d'état, de guérison avec une régularité cyclique comme dans les maladies infectieuses ;

3% Le rachitisme s’observe chez les enfants de parents rachitiques soit par hérédité, soit par contagion ;

4e Presque tous les enfanis d’une même famille sont atteints de rachitisme ; |

5° Il ya des maisons dans lesquelles tous les habitants successifs ont des enfants rachitiques ;

. 6° Epidémies de rachitisme chez les animaux.

Chaumier en conclut que :

1° Le rachitisme est une maladie spécifique due à un microbe inconnu ;

2° C’est une maladie nier épidémique, endémique ;

3° Les germes semblent se conserver dans les habitations.

En Allemagne, Hagenbach-Burckhardt (36) soutient la même théorie, en se basant sur les analogies entre le rachitisme et la tuberculose, qui se développent tous deux dans les grandes villes, dans les rues et les habitations malsaines, qui sont plus rares à mesure qu’on s'élève.

Pollosson (76), frappé de la coïncidence de l’apparition du rachitisme avec l'importation de la pomme de terre, admet l'hypothèse d’une maladie infectieuse produite par un microbe de la pomme de terre. Remarquons que le rachitisme est signalé en 1554 et en 1635 alors que l’importation de la pomme de terre en

France date du xvnr siècle. II manque aux vues de Chaumier et de Hagenbach-Burckhardt le contrôle de l'expérimentation : quel est ce microbe inconnu ? Les prétendues épidémies de rachitisme peuvent s’expliquer par ce fait que tous les sujets atteints sont placés dans les mêmes conditions défavorables d’° FPE giène et d’alimentation.

Spillmann (88) a tenté avec le sang d'enfants à la période de début du rachitisme des cultures qui sont toujours restées stériles. La recherche des microbes dans le sang, les organes, et les os d’enfants et d’animaux rachitiques a fait constater la présence d’éléments microbiens analogues à ceux qu’on rencontre lorsque le rachitisme n’est pas en cause. Avec les cultures ainsi obtenues, Spillmann n’a jamais pu reproduire les lésions caractéristiques du rachitisme. L’inoculation d’os rachitique à de jeunes animaux est toujours restée sans résultat.

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