UN LENDEMAIN DE LA TOUSSAINT
Le comte Ulric de Mansther et le baron Albert de Freelmann (1 ), tous deux au service de Prusse, étaient amis intimes depuis l'enfance. Ulric portait les épaulettes de capi-
(1) Comme les princi[»aux personnages de cette histoire existent, on a été obligé de changer les noms; mais on n'a point altéré les faits.
taine, et Albert celles de lieutenant. Ils avaient fait ensemble la guerre, en 1815; ils s'étaient rarement quittés; et rien, ni le temps, ni l'absence, ne devaient ébranler leur profonde affection.Ulric était d'un caractère impétueux et passionné, mais plein de délicatesse et d'honneur. Malheureusement, son imagination bizarre et poétique avait constamment en mépris le positif de l'existence; il lui fallait une condition à part ; il appelait à lui de mystérieuses destinées: il rêvait une carrière exceptionnelle; il ne craignait rien tant que la monotonie d'une position calme et sans secousses. Un firmament d'azur lui donnait le spleen ; il préférait le ciel des tempêtes.
Le comte Ulric avait quitté de bonne heure le toit paternel pour embrasser l'état militaire. A son départ, aucune expression de regret n'était sortie de ses lèvres. Hélas! souvent la jeunesse, emportée par le flot turbulent de ses espérances, alors que, prenant son vol, elle secoue ses ailes pour la première fois , est peu reconnaissante envers ce qu'elle quitte, et tout enthousiasme pour ce qui l'appelle. Sans pitié pour les anciens nœuds, elle déchire ce qu'elle détache; au lieu de dénouer, elle rompt. Plus tard» lescho-
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ses changeront. Ses premiers jeux, ses premières affections, ses premières joies, j^randiront au fond de son âme. L'ingrate se souviendra de ces doux parfums du passé, qu'en courant elle a évaporés sur la route; ces parfums, ils lui reviendront : mais la coupe aura de l'amertume ; car, dans le secret de sa conscience, et, du charme des souvenirs, s'élèveront les voix du reproche.
Le baron Albert était d'une nature entièrement opposée à celle du comte Ulric. Il se détournait de la sphère des idées exaltées, et ne se complaisait que sur le terrain des intelligences raisonnables. Que de fois avaitil essayé de ramener son cher capitaine à sa manière d'envisager les choses....! Inutiles tentatives ! Ulric restait fidèle à ses rêves.
« — Quoi! lui disait le lieutenant, tuas décidément élu ton domicile dans les nuages?
« — Je n'y paie pas d'impôt personnel , répondait le capitaine avec ironie. Au surplus ne vaut-il pas mieux être le nuage flottant qui se perd aux champs de l'espace, que l'aride citron... qui a fait une limonade! »
Un jour, à l'armée prussienne, après les derniers désastres de l'aigle impériale, Albert et Ulric, étant en France, et prêts à reprendre
le chemin de l'Allemagne, causaient de leurs destins à venir.
« — J'irai au château de mes pères, dit le lieutenant au capitaine ; c'est un vieux manoir crénelé. Veux-tu m'y suivre, Ulric ?
« — Volontiers. As-tu des donjons, des ponts-levis, des tours, des souterrains , des fantômes, des apparitions?...
« — Donjons etpon^s-/et;is,c'estcertain : apparitions, c'est douteux. En tous cas, s'il n'y a pas là des fantômes, tu auras la ressource de t'en créer. Ton imagination les évoquera : ils n'en seront que plus poétiques.
« — Comptes- tu rester dans tes terres?
« — Sans doute ; et je m'y marierai.
« — C'est cela , et tu giboyeras. Je te vois déjà d'ici, la pipe à la bouche, assis contre un poêle enfumé, devant un large pot de bierre, entre une grosse maman et des marmots criards : jouissances toutes positives. Tu auras eu soin de choisir ta moitié parmi les filles à écus, ayant juste un talent propre à cuire à'point des confitures, etàcouler habilement unelescive: vertus toutes patriarcales.
« — Et toi! reprend le lieutenant, tuas horreur du mariage?
« — Oui, si c'est affaire d' argent. '!i^on,sï c'est entraînement de cœur. Tiens, Albert ! toi
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avec ta sagesse trop hâtée et mûrie avant la saison, tu ressembles d'une façon lamentable à une inûnité de nos contemporains ; tu as passé, de suite et sans transition, de l'enfance à l'âge mûr; tu as supprimé la jeunesse.
rt — Ainsi, mon romanesque Ulrïc! tu prendrais une femme si tu y étais poussé par l'amour?
« — Oui, mon sage Albert! mais par un amour tel que je le comprends : une révélation subite, électrique : Non pas un échange de deux caprices, mais une transformation de deux natures en une.
« — J'entends ; tu veux une fiancée qui s'offre à toi comme une invasion inouie de quelque ineffable génie ! la vision prédestinée d'un ange!... Ah! que n'as-tu connu ma sœur', elle aurait pu te convenir.
« — Un instant : pas de convenances. Fi du calcul ! tu sais ma pensée.
a — Parfaitement, n'en parlons plus.
« — Comment ta sœur se nomme-t-elle ?
« — Clémence: c'est la bonté même.
« — Et sans doute aussi la miséricorde^ Peut ôlre que, si je l'aimais, Clémence aurait pitié de moi.
« — lllric! trêve de railleries. Nous nous séparerons avant peu.
« — Pas du tout, Albert! puisque je veux raccompagner à ton manoir. Je te promets d'y respecter tes idées matrimoniales et tes opinions religieuses. Jamais, d'une parole d'incrédulité, je ne chercherai à ébranler tes saintes croyances; et, au bout du compte, en effet, pourquoi immoler un bonheur! pourquoi renverser un appui! Moi aussi, Albert, je suis pieux. Mais ta ferveur est terre à terre ; ia mienne plane dans l'espace.
« — Bien: je t'emmènerai avec moi.»
Quelques moisaprès cet entretien, le capitaine et lelieutenant repassaientles frontières
de France, et foulaient le sol de la Prusse.
« Vois-tu, là-bas, sur cette montagne, une haute tour crénelée?» dit un soir Albertk Ulric^ en ralentissant sa monture.
Lesdeux amis se dirigeaient à cheval vers le castel de Freelmann. Le soleil baissait à l'horizon, et la nuit descendait sur les bois.
« — Oui, réplique le capitaine : est-ce le manoir de tes pères?
c( — Il se présente bien, n'est-ce pas? « — A merveille; quels beaux remparts!
il n'y manque que des chevaliers armés de
pied en cap. N'y verrons-nous âme qui vive?
« — Un vieux concierge et quelques valets.
« — A propos ! ta sœur, où est-elle ?
<r — Quoi, Uiric ! tu y penses encore. En ce cas, il faut que je détruise les illusions qu'il te plairait de caresser. Ma sœur a été mariée.
^ — Ah .' mariée !
c — Et elle est veuve. Or, selontes suprêmes idées, une veuve, quelle que soit d'ailleurs sa beauté, ne peut plus être un rêve virginal. Puis, je te l'avouerai, je lui ai écrit que nous allions ensemble à Fi eelmann , lieu qu'elle a quitté depuis l'enfance ; je lui ai mandé que nous avions parlé d'elle ; et je lui ai fait ton portrait d'après nature. Elle sait que lu n'épDUseras qu'une essence éthérée, qu'une figure fantastique,' et que cela ne pourrait encore avoir lieu qu'à la suite de péripéties dramatiques et d'aventures merveilleuses.
Tu sens bien que, d'après de tels renseignements, elle serait peu favorablement disposée en ta faveur... à moins d'un accès de folie.
<r — Bien obligé de tes bons services ! de tes attentions délicates ! Ta sœur est proba-
blement dans ton genre : un Caton d'Utique en jupons, une Lucrèce moins Tarquin.
<r — Au contraire, mon capitaine. Elle a une ame enthousiaste et une imagination brûlante. J'en ai souvent frémi pour elle. »
Les deux amis, causant ainsi, étaient arrivés au pied de l'ancienne forteresse. C'était le 2 novembre. Il faisait un froid pénétrant. Le comte et le baron, transis, s'enveloppent de leurs manteaux. Ils n'avaient ni clairon ni trompette ; et pourtant ils réussissent h se faire baisser le pont-levis. Un vieillard à cheveux blancs, concierge du manoir, les reçoit, une lanterne à la main, sous la première voûte, à la tourelle du beffroi. Il soufflait un âpre vent du nord. La soirée était sombre : l'entrée du castel était à peine éclairée. Le bruit des pas d'Albert et d'Ulric retentissant sur les dalles du 'portique, venait de mettre en fuite un essaim de hiboux et de chouettes. L'air semblait chargé d'effroi, de tristesse et de deuil. Le silence y était lugubre.
« ■— Monsieur le baron ! murmure le concierge avec un accent- singulier ; je ne vous attendais point ce soir. Qui aurait pu s'imaginer que vous choisiriez, pour revenir ici, un lendemain de la Toussaini !
<r — Ah 1 ah ! répond Albert en riant. Toujours des superstitions !... Tu n'es pas changé, bon Frilshal!
«r — Est-ce que le lendemain de la Toussaint est, ici, un jour dangereux? demande Ulric au vieux serviteur.
<r — Dangereux, Monsieur! c'est possible. Le jour des morts! Ce n'est pas gai.
« — Vous pensez donc que cette nuit?...
« — C'est la nuit des esprits. Monsieur.
« — Des esprits !... Tant mieux 1 dit Ulric.
<r — A merveille! interrompt Albert. Te voilà servi à souhait. Ulric! veux-tu qu'en guise de souper, l'on te régale de visions?
« — Messieurs? balbutie le concierge. Au nom de Dieu, pas de risées! Un lendemain de la Toussaint !...-»
Fritshal tremblait de tous ses membres.
« — Soyez calme! reprend Ulric; à la Toussaint je prie pour les morts.
« — Ce soir. Monsieur, répond le vieillard, je prierai, moi, pour les vmiuts.»
Le lieutenant et le capitaine, après avoir traversé nombre de couloirs et de vestibules, arrrivent à la salle des chei^aliers. Cette spacieuse enceinte, environnée de trophées et de drapeaux, avec des simulacres de guerriers
armés de toutes pièces, était humide et gla*ciale.
<t — Du feu ! dit x'Mbert au concierge. De la lumière ! et à souper! »
Fritslial s'empresse d'obéir; mais en continuant à manifester une insurmontable frayeur dont Albert lui-même s'étonne. Un gros fagot et d'énormes bûches sont allumés dans le gigantesque foyer de la salle; et de pâles bougies sont posées sur la table.
<r — Que penses-tu de ce logis? dit en riant Albert à Ulric. N'entre-t-il pas dans tes goûts? Ne parle-t-il pas à ton imagination? Toutes les commodités de Texistence y manquent complètement. C'est de la vraie poésie moyen -âge. »
Le comte ne T écoutait pas.
« — Ce sont là sans doute les portraits de tes ancêtres? demande-t-il à son ami d'un air rêveur, en examinant la vaste enceinte avec une sombre attention. Quelle est cette angélique figure?...
« — Mon aïeule, répond Albert. C'était une beauté accomplie.
« — En vérité, reprend Ulric, si une pareille femme existait, ce serait à en devenir fou; je n'ai jamais rien vu de plus attrayant.
<( — Bon ! te voilà épris d'un portrait.
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Encore une passion malheureuse ! Tu ne sortiras donc point, mon ami , des espaces imaginaires ! Au surplus , cette ravissante créature est presque encore de ce monde : car elle ressemble d'une manière prodigieuse....
« — A qui donc ! mon cher ?
« — A ma sœur. »
Ulric fait le tour de la salle. Il s'arrête à chaque trophée ; il se fait raconter les faits et gestes des principaux ancêtres d'Albert , dont il a devant lui les armures. Il paraît ravi ducastel. Pendant ce temps , le concierge , aidé de sa femme et de ses deux fils, préparait le repas du soir, sur une table massive, au milieu de l'appartement. Bientôt le souper est servi.
« — Quel luxe! dit le capitaine en regardant les mets succulents et les vins fins qui s'offraient à lui. Banquet de Lucullus, par ma foi!
« — Ceci, répond le lieutenant, c'est de la poésie nourrissante. Nos aïeux aimaient la bombance : aussi ma cave est bien montée. »
L'entretien s'anime, les officiers remplissent leurs verres et se livrent aux éclats d'une gaîté bruyante. Les bouteilles de Champagne et de bordeaux se vident avec une effrayante
rapidité ; ils boivent à leurs triomphes passés et à leurs conquêtes à venir. Le vin trouble déjà leurs esprits.
« — Monsieur ! dit tout bas la vieille concierge Morille au comte Ulric, le visage pâle et l'œil effaré : en voilà assez ! prenez garde Un lendemain de la Toussaint !...
« — Ah oui ! la nuit des revenants ! répond Ulric à demi-ivre : eh bien! ma bonne mère ! qu'ils viennent ! j'ai là d'excellents pistolets: tiens! regarde !... chargés à balles. Les mauvais esprits ne sont peut-être pas à répreuve des chevrotines. Qu'en penses-tu, la vieille sorcière ! «
Le comte, en prononçant ces mots, armait ses pistolets de guerre, et les étalait devant lui.
« — Sainte Vierge ! réplique la pauvre Marthe en se signant , il adviendra malheur: c'est bien sûr. Monsieur ! N'entendezvous pas le vent qui se lève ?...
« — Qu'est-ce que cela me fait qu'il se lève ! je n'en resterai pas moins assis. Dismoi ! la donneuse d'avis î... Cette grande porte du fond, près du portrait de cette belle que par parenthèse j'adore, où mène-t-eî!e? le sais-tu ? »
« — Dans la salle des Châtelaines.
« ■— J'y coucherai : sont-elles jolies ?. . .
« — Taisez-vous, Monsieur, par pitié!... On ne couche pas là.
« — Pourquoi donc !
« — C'est qu'autrefois, dans cette salle... il s'est commis un meurtre horrible : on n'a su ni comment ni pourquoi. C'était un bel officier, Monsieur! comme vous...etdenob!e race... mais qui blasphémait le Seigneur. On voit encoredes taches rouges sur les dalles. .. Vous comprenez que c'est le poignard qui a fait ces marques. Or , une nuit, j'ai vu sa tête.... »
« — La tête du poignard I
« — Non, de l'homme.
a — Et où cela?... »
« — Sur un plat d'argent... qui a passé rapidement devant moi, à cinq pieds de terre, sans que j'aie pu voir les personnes qui le portaient. Le plat avait un linge rougeâtre... C'était à faire dresser les cheveux.
« — Ceux de la tète coupée ?
« — Non pas , elle n'en avait plus sur le iront; du reste, ses yeux étaient largement ouverts j mais il en découlait des larmes.... et ces larmes étaient du sang.
« — Ah ça ! par hasard , ma bavarde 1 est-ce que tu chercherais à me taire peur !..
OÙ diable prends-tu tes histoires ?.., je crois que la tête te tourne : la mienne aussi s'en mêle : Va-t-en ! »
Albert, pendant ce long dialogue, appuyant ses coudes sur la table et sa tête dans ses mains , s'était profondément endormi. Les fatigues de la route et les fumées du vin n'avaient pu manquer leur efl^et. La vieille Marthe se retire , et le capitaine est demeuré seul.
Eiait-ce par suite des contes effrayants qu'il venait d'entendre? où était-ce le produit d'une imagination montée?... ou bien était-ce chose réelle ?. .. Ulric entend distinctement se choquer entre elles les armures des chevaliers qui , debout , autour de l'enceinte , élevaient leurs têtes altières. Le drapeau des trophées s'agite... il lui semble que les portraits des ancêtres d'Albert ont pris d'ironiques figures... Il croit entendre de mystérieuses et inintelligibles paroles s'échapper de leurs lèvres... Le vent mugit, les flambeaux pâlissent, la flamme du foyer s'éteint.
Le comte , immobile et muet , ne concevait rien à cette étrange scène. Il lui avait pris ridée d'éveiller son ami : mais c'eût été un acte de frayeur ; et il n'éprouvait au-
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cune alarme réelle. Cependant, aux secrètes palpitations de son cœur, il sentait qu'il se passait en lui quelque chose d'extraordinaire Tout à coup la porte du fond ouvre
ses deux battants : il en part une musique harmonieuse ; et une dame de haut parage, une beauté majestueuse , s'avance vers le capitaine. Elle porte le noble et riche costume des châtelaines du vieux temps. Son front est orné de pierreries. Un grand voile à lames d'argent est attaché derrière sa tête, et tombe avec grâce autour d'elle. Sa robe est de velours bleu garni d'hermine ; et sa main tient une coupe d'or.
Ulric en croira-t-il sa vue!... La figure qui lui apparaît est celle de l'aïeule d'Albert... qu'il avait déjà tant admirée. Ce sont les mêmes traits , la même physionomie , le même costume. Quels charmes éblouissants ! quelle image incomparable! Est-elle descendue du portrait? où bien ne serait-ce qu'un rêve?...
Il passe sa main sur son front. Il s'agite sur son fauteuil. Il s'assure qu'il est parfaitement éveillé. Sa première pensée avait été de s'élancer vers la céleste vision ; mais il craint de la mettre en fuite ; et , doutant de
ses propres sens, il lient à prolonger le prestige.
La dame s'approche de lui.
« — Salut , noble comte! dit-elle. As-tu le cœur des anciens preux?
<c — l'ais-en l'épreuve, gente dame ! répond Ulric en s'inclinant.
i( — Cette coupe est celle de l'amour et de la fidélité, reprend l'inconnue d'un ton grave. Veux-tu l'accepter de ma main?
« — Donne ! et permets que je la vide!
«c — Ce serait m'engager ta foi.
« — Raison déplus. A toi pour la vie ! »
L'enthousiaste capitaine , le cerveau déjà troublé par la vapeur des vins , saisit la coupe avec transport, et en vide le contenu. Il ne réfléchit ni ne calcule ; il s'abandonne à tout hasard au magique attrait du moment. Il ne veut ni s'assurer de la réalité de son aventure, ni pénétrer le mystère de sa position. Il n'a nulle envie de comprendre ; il se contente de jouir.
Et puis , qu'elle est belle cette femme , ou cette vision, qui est venue faire battre son cœur si inopinément ! La voilà cette révélation cl amour , celle vhitation d'ange dont il entretenait son ami!... Quelle poésie mer-