LE ARE
à Schearer et Pickford, qui, en 1928, dans les Annales of Surjery, rapportent 24 cas d’invagination. Les symptômes sont essentiellement caractérisés par une douleur abdominale subite, extrêmement violente, survenant dans l’étage sus-mésocolique et de là devenant assez diffuse avec des radiations dorsales, suivies immédiatement de vomissements alimentaires, puis de vomissements bilieux, puis hémorragiques. L’examen du malade à ce moment est à peu près négatif. On peut percevoir toutefois une douleur périombilicale avec un peu d’empâtement à ce niveau, mais il faut avoir à faire à des sujets exceptionnellement maigres. Très rapidement l’état général s’altère et le malade succombe si on n'intervient pas avec des phénomènes de collapsus et de toxémie. Nous insistons sur un symptôme extrêmement important, car il oriente le diagnostic du côté de l’invagination, il s’agit du vomissement sanglant. Ce vomissement a été constaté six fois sur seize ; il ne s’agit pas généralement de sang pur, rouge, mais de sang mélangé aux aliments ou aux éléments vomis. L'évolution se fait fatalement vers la mort, si on n'intervient pas rapidement pour pratiquer une désinvagination ou un résection de l’anse invaginée suivie de sutures bout à bout et d’une nouvelle anastomose. Pronostic réservé puisque Kopp signale que ces interventions ont été suivies six fois de mort sur quatorze cas considérés. Il s’agit donc d’un accident particulièrement grave et dramatique.
Les AUS
L'étranglement du grêle à travers la brêche
du mésocolon
OBSERVATION (KocH, Odessa)
Deux observations recueillies à la clinique de SokoLov. La première concerne des accidents aigus survenus aussitôt après l’opération, par étranglement du grêle dans la brèche mésocolique.
Homme de 36 ans, auquel on a fait une gastrotomie (Billroth II avec anostomose restro-colique) pour un ulcère du duodenum. Koch a laissé ses aides terminer l'opération.
Le troisième jour, vomissements, d’abord noirâtres, puis bilieux ; pas de météorisme ni de péristaltisme. Les lavages d'estomac ne donnent qu’un soulagement momentané et le malade s’affaiblit rapidement.
Koch se sécide à intervenir le septième jour : il trouve le grêle congestionné et dilaté ; la plus grande partie de cet intestin s’est engagé dans la brèche mésocolique, a pénétré dans l’arrière cavité des épiploons et même passé par dessus le côlon transverse ; l’intestin a subi en outre une torsion de 180° te comprime l’anastomose. Réduction facile de l’intestin, fermeture de la brèche mésocolique, guérison.
Dans la seconde opération, les accidents ont eu une marche chronique, mais résultent également de l’engagement, sans étranglement véritable , de l’intestin dans la brèche mésocolique. Le malade, âgé de 38 ans, avait été opéré deux ans auparavant, de gastro-entérostomie postérieure pour un ulcère pylorique. L'opération avait été suivie de vomissements qui persistaient encore lors- -que le malade quitta l’hôpial au quarantième jour. De-
Het pres
puis deux ans, ces vomissements se répètent chaque jour, accompagnés de diarrhée. Le malade, amaïigri et affaibli, présente un ballonnement de l’ahdomen supérieur, avec + bruits hydro-aériques que l’on perçoit à la palpation et
à l’oreille. 3