OBSERVATION Î
Un cas d’incarcération intestinale, après Gastro-Entéro- Anastomose, par DuBaRp, de Dijon (Bourgogne Médicale, Décembre 1936)
« L’incarcération de l’intestin consiste en l’occlusion d’une masse de grêle au travers de l’hiatus postérieur créé par la gastro. Il s’agit d’une gastro-postérieure transmésocolique. La nouvelle statique créée par l’opération fait qu’un orifice triangulaire se forme, limité par la colonne en arrière, le mésocôlon transverse fixé à l'estomac en haut, et l’anse jéjunale anostomotique reliée à la paroi postérieure au niveau de l’angle de Treitz, à l’estomac par la suture. L’anse afférente de l’anastomose jouera donc le rôle d’une bride, d’une corde limitant cet orifice triangulaire où peut s'engager une hernie intense.
Le terme d’incarcération, d’origine allemande, a l’avantage de bien exprimer l’étranglement de l'intestin dans notre hiatus opératoire, mais, à mon avis, il ne donne aucune précision sur le lieu et l’agent d’étranglement, le mot demande, pour être compris, soit d’être expliqué par une définition supplémentaire, soit d’être réservé, a priori à ce genre d’accident. Pour ma part, j'aimerais mieux un autre terme, quelque chose comme : Etranglement retro-
Mo
anastomotique après gastro, ou étranglement dans le hiatus prétreitzien.
Le premier cas rencontré par moi en 1926. Le second concernait un malade opéré et guéri il y a 14 ans (1932). Le cas actuel est celui d’une femme de 65 ans, à qui je viens de faire, le 8 octobre, une résection de l’estomac pour ulcère de la petite courbure. L'histoire de cette malade est celle d’une vieille dyspeptique qui avait vu, depuis quelque temps ses accidents s’aggraver.
M'° L., 65 ans. Vue pour la première fois le 13 août 1935. A toujours souffert de l’estomac, mais depuis un mois, les douleurs gastriques à type tardif avec irradiation dorsale, les vomissements acides ont rendu la vie impossible à la malade. |
Examen. — Malade encore relativement grasse pour une vieille dyspeptique. Pas de point sdouloureux net au creux épigastrique. Cœur un peu sourd. Diminution du murmure vésiculaire au sommet gauche comme c’est si fréquent chez les ulcéreux. Foie normal. Rien du côté de la vésicule. Traces d’albumine. Dès lors, on songe à un ulcère de la petite courbure, à cause de l’histoire et malgré qu’à la palpation rien ne permette de l’affirmer. Soulagée temporairement par un traitement médical, elle revient en janvier 1936, par suite de la reprise des douleurs. — Mêmes symptômes qui font faire un examen radiologique: gros ulcère de la petite courbure, très haut placé à 19 cm. du pylore, c’est-à-dire dans la zone cardiaque.
Biloculation de l’estomac. Cinq heures après, il resta environ deux tiers de la bouillie. La malade refuse une intervention qu'on ne tenait pas à tenter, vu la hauteur de la lésion et sa dégénérescence possible. Lasse de souffrir, la malade revient en octobre, avec un état général extrêmement déficient, sollicitant l’intervention.
Le 8 octobre, résection d’un ulcère géant, sous cardiaque, le fond de l’ulcère qui a rongé toute la face postérieu-