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re de l'estomac est constitué par le pancréas. Il ne reste qu’une bande de tissu gastrique antérieur de 4 à 5 cm. de large. Sa biloculation est ‘véritable et non pas spasmodique. On supprime 20 cm. de petite courbure. L'intervention est laborieuse et les sutures sont très précaires parce que faites en tissu lardacé. La gastro est difficile et faite avec une anse qui remonte très haut du fait de l’étendue de la résection. La malade supporte ie choc opératoire, fait autour du cinquième jour une poussée péritonique qui cède à la glace. Gaz et selles spon- -tanés à partir du septième jour jusqu’au douzième. A cette date, pouls excellent, aucune température depuis près d’une semaine. 3
Le treizième jour, la malade a un abondant vomissement de bile qui se répète malgré les lavages d’estomac et la diète absolue. On pense à une sténose secondaire de l’anastomose et le quinzième jour, on se décide à réintervenir malgré un état presque ca-
chectique. Au contraire de ce qu’on pouvait attendre, le
foyer opératoire est parfaitement libre de toute réaction péritonéale. L’anastomose a un aspect vernissé, on ne
voit plus de suture. On est étonné de la rapidité du
processus de réparation. La cause des accidents est une incarcération de tout le grêle en arrière de la gastro dans lhiatus opératoire. On désincarcère avec la plus grande
facilité et on ferme l’hiatus par deux points de Catgut,
guérison.
Telle est l’histoire de cet accident.
Comment peut-il se produire ?
Ce n’est pas une des choses les moins curieuses de la pathologie du ventre que de voir l'intestin s’animer de mouvements anormaux, allant se forcer dans un orifice interne, s’entêtant en quelque sorte, dans une direction anormale, surtout quand on pense à la facilité avec laquelle toutes les anses reprennent leur place après une
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exploration sans qu’il soit besoin de les ordonner le moins du monde. Il est possible que le primum movens soit comme pour l’invagination une dysharmonie entre le fonctionnement des systèmes circulaires et longitudinal de la musculature intestinale aboutissant à des mouvements de reptation de l'intestin à travers l’hiatus opératoire. Quelle que soit l’explication, cet accident reste rare, mais non pas exceptionnel. Pour moi, il représente un peu moins de 1 % des opérés : trois cas sur 320 opérations gastriques. Il n’en est pas moins à considérer. A mon avis, il est bien prématuré de vouloir conclure Sur la gravité de cet accident dont je ne connais person- .nellement que trois cas. Le premier cas n’a pas été repris, la malade est morte; les deux autres ont supporté l'intervention et ont guéri. Une fois je n’ai pas cru nécessaire de fermer le hiatus et depuis 4 ans, le malade vit sans troubles. Cette fois-ci, j’ai mis deux points de Catgut pour empêcher le retour de cet accident. La hauteur de la résection avait éloigné le moignon gastrique de l’angle de Treitz. L’anse anastomotique, sans être ce qu’on peut appeler « une anse longue », avait quand même une certaine longueur pour aller joindre sans tirer l’estomac réséqué. Il en résultait donc un hiatus allongé d'environ 8 cm. de long.
C’est pourquoi j’ai cru nécessaire de fermer cet orifice. Est-ce à dire qu’il faut le faire régulièrement ? Je ne crois quand même pas que ce soit absolument nécessaire. - Il a été fait bien des gastro sans fermer cet orifice postérieur ; d’un autre côté, il n’est ni long ni difficile de faire cette fermeture. Je croirais plutôt que c’est après la terminaison de l’anastomose que dans chaque cas on jugerait de l’utilité de fermer le hiatus. Une anse courte ne demandera pas ces quelques points de Catgut qu’une anse longue au contraire nécessitera. Je crois que ce sera là la conclusion raisonnable à laquelle je m'’arréterai ».