‹ Être aimé ou mourir!Chapitre 3 sur 21 · scène comme tateur» et aii · texte numérisé non relu

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MAGASIN THÉÂTRAL

CLOTILDE

C'est pour cela :

(A àsml-volx). Quand je suis seule, je m'ennuie. Ils se lèvent.

BONNIVET. Je fais cependant tout ce que je peux pour te distraire... Tous les étés, un voyage de plaisir ou de santé, ce qui revient au même... Cette année, aux bains de mer de Boulogne... L'année précédente , en Italie... Il y deux ans, aux *aux de Bagnères. ..

CLOTILDE, vivement. Arrêtez, mon ami, vous en conjure, ne me parlez jamais es eaux de Bagnères.

BONNIVET. C'est juste, et je t'en demande pardon... ce souvenir-là m'est aussi pénible qu'à toi. .. Cepauvre jeunehomme, avec qui j'herborisai dans les montagnes, et que j'avais pris en amitié.

CLOTILDE. Finir d'une manière aussi déplorable !

BONNIVET. Aussi absurde! aller se tuer, it sans dire pourquoi, encore!

CLOTILDE. On m'a assuré, à moi , que c'étaitpar amour.

BONNIVET. Quelle bêtise! CLOTILDE. Hein?..

BONNIVET. Je dis : Quelle bêtise!

CLOTILDE. Ah ! c'est que vous ne pouvez comprendre un pareil dévouement...

Vous ne seriez pas capable de mourir pour une femme.

BONNIVET. Jamais !

CLOTILDE. Pas même pour la vôtre ?..

BONNIVET, J'en serais bien fâché... et elle aussi , je l'espère. . . Car il y a un raisonnement bien simple que devraient faire tous ces cerveaux brûlés... Ou celle que /'aime sera désolée de ma mort, et je suis trop galant homme pour lui causer un pareil chagrin : ou mon trépas lui sera indifférent , et alors je serais bien dupe de lui donner ce plaisir-là.

CLOTILDE. Est-ce qu'on raisonne , quand en aime ?

BONNIVET. Certainement... C'est parce que j'aime ma femme et mes enfans, que je me dis : «Je leur serai plus utile en vivant » et en travaillant pour eux... » Aussi, sois franche, qu'est-ce qui te manque?.. Y at-ï' dans Paris , une femme de notaire plus heureuse que toi?.. La clé de ma caisse n'est-elle pas à ta disposition?.. Maison de campagne l'été, quatre bals dans l'hiver, et un quart déloge àl'Opéra... secondes de c6«...

T-lOTILDE. Je ne dis pas non...

B0«NIVET. Et s'il te faut quelqu'un pour

t'obéir les jours de caprices, ou pour te plaindre les jours demigraine... est-ce que je ne suis pas là?.. Est-ce que je ne te suis pas nécessaire?. . J'en suis persuadé, et si tu devenais veuve, ma pauvre femme, j'en serais désolé pour toi... encore plus que pour moi.

CLOTILDE. Oui, sans doute, vous êtes un bon mari...

BONNIVET. Je m'en vante, et un mari qui aime à vivre... Aussi, ne parlons plus de tout cela; et pour dissiper tes idées noires, viens donc respirer l'air frais de la rivière.

Il ouvre la fenêtre et passe sur le balcon.

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