‹ Etrenne poétiqueChapitre 15 sur 37 · LE NAUFRAGE · texte numérisé non relu

LE NAUFRAGE

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Echappé tout seul du naufrage Un enfant sur un mât brisé, Frêle appui qui sur l'eau surnage Se cramponne , faible , épuisé ; Depuis deux jours sans nourriture Il erre au gré des flots amers ; Il a froid , la nuit est obscure , Il pleure perdu sur les mers.

Il appelle ... et sa voix éteinte A nommé sa mère tout-bas :

« Par pitié , dit-il , Vierge sainte , « Oh ramène-moi dans ses bras !

« Que je puisse la voir encore - Un moment , avant de mourir ! .

« Pauvre mère, hélas! elle ignore « Que loin d'elle je vais périr !

À cette heure , hélas ! que fait-elle ? Assise au milieu de mes sœurs , Elle travaille , et se rappelle Son fils absent ... et moi je meurs ! . Et demain quand l'onde en furie M'aura recouvert sans retour, Peut-être à l'autel de Marie Elle implorera mon retour.

« Adieu, adieu, mère adorée!

* L'onde m'entraîne je le sens , « Que ma mort, au moins, ignorée « N'attriste pas vos derniers ans.

« Bénissez-moi ...» Mais l'onde amère Mugit, et le flot s'est accru . . .

On entendit un cri : Ma mère ! . . . Et l'enfant avait disparu.

— eo/@)eo

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