LE NAUFRAGE
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Echappé tout seul du naufrage Un enfant sur un mât brisé, Frêle appui qui sur l'eau surnage Se cramponne , faible , épuisé ; Depuis deux jours sans nourriture Il erre au gré des flots amers ; Il a froid , la nuit est obscure , Il pleure perdu sur les mers.
Il appelle ... et sa voix éteinte A nommé sa mère tout-bas :
« Par pitié , dit-il , Vierge sainte , « Oh ramène-moi dans ses bras !
« Que je puisse la voir encore - Un moment , avant de mourir ! .
« Pauvre mère, hélas! elle ignore « Que loin d'elle je vais périr !
À cette heure , hélas ! que fait-elle ? Assise au milieu de mes sœurs , Elle travaille , et se rappelle Son fils absent ... et moi je meurs ! . Et demain quand l'onde en furie M'aura recouvert sans retour, Peut-être à l'autel de Marie Elle implorera mon retour.
« Adieu, adieu, mère adorée!
* L'onde m'entraîne je le sens , « Que ma mort, au moins, ignorée « N'attriste pas vos derniers ans.
« Bénissez-moi ...» Mais l'onde amère Mugit, et le flot s'est accru . . .
On entendit un cri : Ma mère ! . . . Et l'enfant avait disparu.
— eo/@)eo