‹ Etrenne poétiqueChapitre 19 sur 37 · YAM · texte numérisé non relu

YAM

Viens , contemplons le ciel qui brille sur nos têtes , La nuit a répandu ses plus douces clartés;

Le vent a chassé les tempêtes Et verse dans les airs de molles voluptés.

Le firmament d'azur à nos yeux se dévoile Parmi ces astres d'or qui scintillent aux cieux,

Oh vois-tu cette blanche étoile Qui projette sur nous ses feux mystérieux?

C'est le monde où j'irai quand mon âme ravie Aura dit à la terre un éternel adieu;

Heureuse de quitter la vie Et ce terne horizon, pour voler jusqu'à Dieu.

Dans ce monde plus pur comme j'aime l'on aime ; Le vice n'en a point souillé l'air virginal ;

Et là, l'amour chaste et suprême Comme un lis a gardé son parfum idéal.

La, je pourrai nager dans des (lots de lumière, M'enivrer de clarté , d'harmonie et d'amour ;

Car mon âme ici prisonnière Comme l'aigle au soleil tend au divin séjour.

Là je pourrai surtout aimer , aimer sans crainte , Loin des méchants mon cœur pourra se révéler ,

Et d'une flamme chaste et sainte Sous les regards de Dieu mon cœur pourra brûler.

Là, je ne craindrai pas que les hommes profanent Cet amour idéal, don sublime et fatal.

Les fleurs du ciel se fanent Sur le terrestre sol loin de leur air natal.

Et moi je crains ici de voir souiller la flamme Dont le foyer céleste est au divin séjour ;

Je meurs du veuvage de l'âme.

Mais mon cœur vierge à Dieu rapporte son amour.

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