FONDÉE
\mvy \t CViwoIut JOSEPH POMBA. à sa mile, yà& iU Quuts
le 19 Août 1833.
Ii n'est pas de plaisir et plus grand et plus doux Que celui de semer le bien autour de nous, De faire naître au fond des âmes ingénues Les plus saintes vertus , trop souvent méconnues ; D'indiquer le chemin par le sage suivi , D'aider l'esprit humain si longtems asservi, A secouer enfin le joug de l'ignorance , D'aiguillonner les cœurs qu'endort l'indifférence, Pour prouver que le bien conduit seul au bonheur , Et d'enseigner ces mots : Devoir , Patrie , Honneur ! Mots saints qui guident l'homme à travers les orages , Où l'on voit défaillir l'esprit même des sages ! Mots que Dieu crayonna dans le fond de nos cœurs, Et qui du vice impur restent toujours vainqueurs. Mais , ce n'est pas assez de changer de systèmes,
De rédimcr un peuple à de nouveaux baptêmes,
De combattre l'erreur, les abus, le passé,
Les préjugés, non, non, c'est un rêve insensé,
Si , pour le char d'or pur, où le progrès s'avance,
( )n n'a pas fait exprès une route d'avance.
Préparons-lui la voie, et, fier triomphateur,
Il marchera tout seul sous l'œil du Créateur.
Formons des citoyens dignes de la patrie;
La vertu seule rend une race aguerrie ;
Moralisons d'abord aidés par le savoir;
Ce n'est qu'en s'instruisant qu'on connaît son devoir.
Eclairons les esprits au foyer des sciences,
Pour que l'homme soit grand donnons-lui des croyances.
La pensée affranchie , en quittant sa prison ,
A chaque pas découvre un nouvel horizon ;
On ne peut l'arrêter , par Dieu même guidée ,
Une idée est toujours en avant d'une idée ;
L'esprit humain ainsi marche , marche à grands pas ,
Il est comme le temps , il ne recule pas ,
Envain l'homme obstiné voudrait quand tout avance,
Par droit de fanatisme et par droit d'ignorance
Opposer le rempart de ses vieux préjugés.
Trainards de la raison ils seront submergés
Par les flots ascendants de la pensée humaine ;
L'avenir est à nous, préparons son domaine,
Ainsi que le soleil répandons la clarté,
Ouvrons les yeux au jour, l'âme à la liberté ;