NELLE
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Alors qu'avril en fleurs pare la jeune année, Quand le soir moins brumeux sourit à l'horizon ;
De cette roche abandonnée Oh ! n'allez pas , enfants , fouler l'épais gazon.
Voyez , un cercle noir cerne trois fois la terre , Et la fumée en sort ainsi que d'un volcan ;
Pourquoi? c'est un sombre mystère!
Entendez-vous au loin gémir le pélican?
Vovez-vous, l'aigle noir a plané sur nos têtes, Le soleil s'est voilé d'un nuage sanglant ,
L'éclair sinistre des tempêtes Comme un serpent de feu fend la nue en sifflant.
Taisez-vous, taisez -vous, ce 'souffle formidable Fait plier en passant le front altier des bois ;
Ecoutez ce cri lamentable ", Vous frissonnez, enfants, de Nelle c'est la voix.
Au pied du mont Chauvet que parfume l'olive S'étend un frais vallon sur le sol qui déclive; Des bosquets d'orangers dans la froide saison , D'une neige de fleurs parfument le gazon ; Les roses, les jasmins, et les souples lianes Balancent dans les airs leur arceaux diaphanes, Le rossignol plaintif et les tendres ramiers Cachent leurs nids de mousse à l'ombre des palmiers, Le muguet parfumé frêle grappe de perles, Croît sous l'arbousier rouge, arbuste cher aux merles, Les blancs magnolias ouvrent leurs chastes fleurs D'où tombent à la fois des parfums et des pleurs ; Un ruisseau clair et pur de cascade en cascade Écume en bondissant , puis traverse une arcade De granit rose et noir par la mousse verdi, Et se fraye un sentier loin des feux du midi; Plus loin à l'horizon à travers les grands arbres, Aux pieds étincelants d'une masse de marbres La mer nous apparaît comme un miroir terni , La mer, où l'œil se perd comme dans l'infini.
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Des nuages rosés tlottaient sur sa surface, D'ineffables parfums poétisaient l'espace , Les arbres frémissaient par le vent agités, Les airs étaient chargés de molles voluptés , La lune dans le ciel mélancolique et pâle Répandait en tremblant sa clarté virginale, On sentait qu'un moment suprême et solennel Rendait plus attentif et la terre et le ciel.
Nelle , la blanche vierge , aux longues tresses blondes ,
S'avançait à pas lents en côtoyant les ondes ;
Pure et suave enfant dont le cœur ingénu
N'avait jamais bondi sous un trouble inconnu ;
Le sourire flottait sur sa lèvre candide ,
Rien ne voilait l'éclat de son regard limpide , , •
Et , sur son chaste front par la grâce embelli ,
Aucun chagrin encor n'avait laissé de pli ;
Ainsi qu'un chant vibrait sa voix pure , argentine ,
Echo mélodieux de son âme enfantine ;
Et lorsqu'elle chantait les séraphins ravis
L'accompagnaient du haut des célestes parvis.
Tout-à-coup , en tournant un massif de verdure ,
Elle crut entrevoir une étrange figure;
Un jeune homme au front vaste , à l'œil sombre et rêveur ;
Beau de cette beauté que donne un grand malheur,
Ses longs cheveux tombaient sur sa tempe pâlie,
Sa bouche souriait avec mélancolie,
Et son regard superbe élevé vers les cieux ,
Semblait les défier d'un air audacieux.
On eût dit à le voir si triste et si sublime
Un chêne dont la foudre a déchiré la cime ,
Qui frappé, mais debout, sur son tronc sillonné
Brave encor l'ouragan contre lui déchaîné ;
La menace crispait sa lèvre convulsive,
Un soupir souleva son sein; Nelle craintive
S'arrêta , puis long-tems le regarda ; la peur
Engourdissait ses sens d'une étrange torpeur,
Sans oser s'avancer, sans pouvoir fuir, tremblante,
Et sans savoir pourquoi, troublée et chancelante
Elle disait tout-bas: « Quel est cet étranger?
« Pourquoi soupire-t-il? allons l'interroger,
« Peut-être est-il tout seul et malheureux! Mon père
« Dit que l'infortuné devient pour nous un frère ;
« Si j'osais, approchons ... », et d'un pas moins craintit
Nelle sur le gazon posait un pied furtif.
A ce doux frôlement d'une robe de femme
Le farouche étranger leva son œil de flamme ;
Nelle veut fuir , recule et se rapproche encor ;
Telle sous le regard du boa constrictor
La timide gazelle, hélas, est fascinée.
Nelle ainsi s'avançait muette , consternée ,
Et lui la regardait d'un œil fixe et profond ,
Une rougeur subite empourpra le beau front; l)t> la vierge ingénue, et d'une voix troublée :
— Que faites-vous tout seul le soir dans la vallée?
« Vous souffrez, je le vois, n'avez-vous pas de sœur Dont l'amour sur vos maux verse quelque douceur?
— Non, répond l'étranger, je suis seul sur la terre, « Nulle étoile ne brille en mon ciel solitaire,
• Nulle fleur ne fleurit sur mon triste chemin ,
• Et jamais d'un ami je n'ai pressé la main » . Et Nelle en pâlissant tout émue et troublée , En avançant sa main , d'une voix étranglée Murmura doucement: — Quoi! si jeune et si bon, « Pouvez-vous mériter un si lâche abandon . . .
• Si vous ne le désiez , j'aurais peine à le croire ! » Secouant à longs flots sa chevelure noire, Superbe et dédaigneux lui, d'un regard perçant
De Nelle qui frémit voit le trouble naissant, 11 sourit, et l'orgueil a gonflé sa narine, Puis sombre, vers le sol tristement il s'incline : — Non , tu ne comprends pas , pauvre enfant ingénu , L'insatiable soif, le tourment inconnu Qui torturent mon cœur, abîme, immense gouffre « Qui rugit sans savoir la cause dont il souffre , « Mon esprit à l'étroit dans ce vaste horizon Superbe et révolté veut -briser sa prison.
• J'ai besoin d'aspirer , de voir et de connaître , Et de me mesurer face à face avec l'Etre ».
— Je ne vous comprends pas, dit Nelle en soupirant, « Mais je souffre à vous voir , mon esprit ignorant
« Ne connaît pas le nom du mal qui vous torture , « Et pourtant je voudrais guérir votre blessure » .
— Me guérir? a-t-il dit , toi frêle et douce enfant, « Toi qu'anéantirait mon souffle dévorant » ;
Et son regard brillait plein d'un éclat étrange , Il était plus qu'un homme, et n'était pas un ange ; Nelle pâle d'effroi reculait doucement.
Et lui, courbant le front avec abattement :
— Non, tu ne connais pas cette tristesse immense « Qui dévore la vie et mène à la démence;
« Le monde que je hais n'a plus rien à m'offrir , « Je ne puis espérer, et je ne peux mourir ». Nelle lui dit : — Priez , la prière console * . Lui bondit frémissant, sombre, à cette parole, Et d'un rire strident, incisif, saccadé, D'une froide sueur le front tout inondé :
— Prier! prier! », dit-il, l'œil hagard et farouche, Et le blasphème impie a profané sa bouche :
— Prier! devant un être inflexible et jaloux,
« Qui? moi! je fléchirai lâchement les genoux !
« Qui, moi? devant ce Dieu que ma raison réprouve,
« Qui sans daigner répondre aux tourments que j'éprouve,
« Seul dans son ciel désert où se perd tout regard,
* Pour règle à l'univers a donné le hasard.
« Qui? moi! libre et puissant je me ferais esclave !
« Ton Dieu je n'y crois pas, je fais plus, je le brave! i
— Oh! ne blasphémez pas », dit Nelle avec effroi,
Et triste en soupirant : — Pour vous je prîrai , moi » .
— Va, lui dit l'étranger, espérer est folie
« Dans la coupe falace on ne boit que la lie ,
• Gloire , bonheur , vertu , sont de sonores mots
— Qui dans la fosse, hélas, ne trouvent plus d'échos. « Je souffre, laisse-moi, ta voix est impuissante
■ A calmer mes tourments , vis , aimée innocente ! » Mais elle à ces accents se prit à soupirer :
— Heureuse enfant, dit-il, au moins tu peux pleurer,
• Et moi , dans mes yeux secs les larmes sont taries , « Vois , le sourire est mort sur mes lèvres flétries ;
« Ton Dieu même, en son ciel, n'aurait rien à m'offrir, ' Je ne puis espérer et je ne peux mourir ».
Nelle le regardait triste et déjà pâlie,
D'un vague et sombre effroi son âme était remplie ,
Une peine inconnue, atroce, la troublait,
Elle baissa les yeux qu'une larme voilait :
— Oh ! dit-elle à la fin et d'un son de voix triste ,
« Quand vous souffrez ainsi, ce peut-il que j'existe.
« Hier encor pour moi l'horizon était beau,
• Et je sens aujourd'hui le frisson du tombeau ,
« Votre amer désespoir est passé dans mon âme,
Mais si l'amour du bien vous touche et vous enflamme, De l'amer désespoir dont votre cœur s'aigrit Tachez de délivrer, par pitié, votre esprit, Et ne blasphémez pas surtout, je vous en prie; Voyez ce ciel d'azur , cette terre fleurie , Ecoutez ces oiseaux qui chantent doucement, Harmonieux soupir, concert doux et charmant Qui, s'élevant des monts, des bois, de la vallée Monte comme un parfum vers la voûte étoilée » - - Tu ne vois a-t-il dit, qu'harmonie et qu'amour, Le désordre et le mal me frappent à mon tour; Cesse de contempler la nuit calme et sereine Et tends l'oreille aux pleurs de cette race humaine Si superbe et mesquine, hélas, tout à la fois, Entends-tu s'élever, passer toutes ces voix? C'est le cri des mourants que là-bas on égorge , Ces femmes , ces enfants que l'on frappe à la gorge , Ces vierges qu'on profane, et ces vieillards tremblants Dont la main des bourreaux souille les cheveux blancs? C'est-là l'humanité, comme ton Dieu l'a faite Victime d'un tyran , dupe d'un faux prophète Qui changeant tour-à-tour d'idoles et d'autels Ferme l'œil aux clartés des rayons éternels, Et, d'erreurs en erreurs et de crimes en crimes, Se divise en deux camps : oppresseurs et victimes; Une part des humains opprime l'autre part. Si tu l'oses sur eux , arrête ton regard . . .
Ecoute ces sanglots , plainte éternelle , immense Qui ne finit jamais et toujours recommence » .
Nclle répond : — J'entends les bruits harmonieux, De ces mondes ailés qui parcourent les cieux , Et mon œil , à travers l'infini que je sonde , A reconnu la main qui servit d'axe au monde « ; - Et moi, dit l'étranger, dans ces cités là-bas, Par delà tous ces monts que ton œil ne voit pas, Je vois un peuple entier que le besoin dévore : La faim, l'horrible faim, ce hideux minotaure Décime sans pitié les enfants , les vieillards , Vois ces tristes humains pâles, les yeux hagards, Couchés sur le sillon que leur sueur arrose , D'autres viendront cueillir la plante à peine éclose , Le blé qu'ils ont semé ne mûrit pas pour eux. Ah ! le lot des mortels est d'être malheureux ; La douleur, noir vautour dans sa serre les broie. Du malheur éternel tes frères sont la proie; Et quoi ! tant de tourments éternels , incessants , Sur ce globe maudit tant d'êtres gémissants Ne lassent pas ton Dieu! son éternelle rage S'acharne incessamment contre son propre ouvrage Tous les êtres créés à souffrir condamnés Sont voués à la mort avant que d'être nés ? Laisse-moi, laisse-moi, ta vertu, je la nie, Et l'existence n'est qu'une amère ironie » .
Et Nelle en se voilant de sa tremblante main
Reculait, reculait sur le bord du chemin; Et lui, la retenant par un pli de sa robe , De la lune un brouillard avait caché le globe , Et l'air, plus lourd, chargé d'une humide vapeur, Versait dans tous les sens une affreuse torpeur :
— Vous me fuyez aussi » dit-il d'une voix lente Et brisée à la fois , — Non , dit Nelle tremblante ,
Mais vous me faites peur quand vous parlez ainsi ; Seriez-vous donc méchant? » puis d'un ton adouci :
— Ah ! si vous connaissiez , frère , ce Dieu que j'aime , S'il touchait votre cœur, j'en suis sûre, vous même A travers tous les maux qui blessent vos esprits Des bienfaits qu'il répand, oui, vous seriez surpris; Et votre âme goûtant de la vertu les charmes Retrouverait la paix et l'oubli des alarmes. Ah! si vous le vouliez ... ma main joignant vos mains Nous prîrons tous les deux le Père des humains » .
Et Nelle s'avançait radieuse ; ravie ; Lui sinistre , et jetant un long regard d'envie Sur la suave enfant , qui pure souriait , Il étreignit sa main qu'elle lui confiait , Et l'attirant vers lui , d'une voix saccadée :
— Sa puissance, dit-il, est donc dans une idée! « La vertu! la vertu! dans son ciel triomphant
« Ose-t-il me narguer par la voix d'un enfant ,
« Par ce seul mot plus fort , plus grand que ses ouvrages ,
« La vertu ! mot debout sur les débris des âges.
Ah! détruire son culte, et briser ses autels Ce serait Dieu jaloux te ravir les mortels, L'effacer d'un cœur pur, ô triomphe suprême, La gloire vengerait ton terrible anathème ; Si tu l'oses, ô Dieu, viens lutter avec moi, Vaincu je te défie, et suis plus grand que toi
Et le sombre étranger leva sa tête altière,
Un feu surnaturel inondait sa paupière,
Son front pâle et superbe était plein de clartés,
Ses cheveux frissonnaient par le vent agités.
Son sein se soulevait comme l'onde marine,
Un soupir rauque et sourd sortit de sa poitrine,
Et sa lèvre trembla, son œil fixe et profond
Errait triste et rêveur dans l'horizon sans fond.
Nelle les yeux baissés et respirant à peine,
Le cœur tout palpitant d'une indicible peine,
Sans retirer sa main qu'il serrait doucement :
« Et quoi? rien ne peut-il calmer votre tourment?
« Vous blasphémez le ciel et dédaignez la terre.
< Quoi! voulez-vous ainsi rebelle et solitaire,
« A l'espoir, au bonheur dire adieu sans retour?
■ Ne voulez-vous plus rien? — Oh! vierge, ton amour
« Ton amour, ton amour et mon âme ravie,
« S'enivrerait enfin aux sources de la vie;
« Ton amour, et les cieux s'entr'ouvriraient pour mm « Ton amour î et mes pleurs se tariraient sur toi.
• Ton amour, ton amour et mon âme rebelle « Confesserait le Dieu qui te créa si belle ! » Et son bras étreignait Nelle qui pâlissait,
Et le long de sa joue une larme glissait.
Et sans pouvoir parler, haletante, éperdue,
Ses yeux épouvantés à travers l'étendue,
Cherchaient, cherchaient envain le Dieu qu'elle implorait
Et lui la regardait et triste soupirait;
« Vous pouvez me sauver, dit-il, d'une voix tendre,
« Vous seule à votre Dieu pouvez encor me rendre ;
« Pour que je croie en lui ne m'abandonnez pas,
* Et me rendez au ciel en me tendant les bras ».
Bientôt Nelle lui dit d'une voix consternée : « Partout où passons, l'herbe est soudain fanée, « Et pour me couronner tantôt de ces jasmins, Je les ai vu tomber desséchés sous tes mains. L'oiseau ne chante plus sous la verte feuillée, Par la rosée en pleurs la terre encor mouillé^ Semble brûler mes pieds, et dans le ciel d'azur, Je vois flotter la lune ainsi qu'un globe obscur. Les étoiles, ces fleurs que la nuit fait éclore, Se voilent à mes yeux, le ciel se décolore,
« De sinistres lueurs passent devant mes yeux,
« Et je crois que la foudre a tonné dans les cieux.
« Que ce passe-t-il donc? et Nelle épouvantée,
Se pressait contre lui palpitante, agitée,
« Je t'aime et la nature est plus triste pour moi;
« Je t'aime et je gémis, j'ai peur auprès de toi !
« Dis-moi, mon bien-aimé, cette terreur profonde
« Me poursuit sur ton sein . . . vois-tu s'enflammer l'onde,
■ La mer est tout en feu, le vent est embrasé,
• La terre sous mes pieds tremble, le ciel rosé
• Semble avoir revêtu des nuances sanglantes,
« Pitié, pitié de moi, de ses deux mains tremblantes > .
Nelle se cramponnait aux bras de son amant,
Et lui, lui l'étreignait riant affreusement,
Et dans ses bras nerveux l'enlevant à la terre,
Tandis qu'à ses côtés serpentait le tonnerre,
Il allait, il allait, il franchissait les monts,
Les plaines et les mers, les cités, les vallons,
Toujours, toujours d'un pas rapide, infatigable,
La flamme sous ses pieds sortait de l'eau, du sable,
De la terre, des fleurs, des chemins, du gazon,
Et déjà devant lui fuyait notre horizon,
Et toujours il allait; et d'une voix brisée:
« Où donc me conduis-tu? lui dit Nelle épuisée;
« Viens toujours, cria-t-il, superbe, impérieux.
« Hélas ! dit Nelle en pleurs, je ne vois plus les cieux ;
« Les regretterais-tu? — pourvu que je te voie,
« J'abandonnerais tout, reprit-elle avec joie,
« Mais où descendons nous? le feu roule des flots,
< Et nous n'entendons plus que de rauques sanglots.
«' Hélas, où sommes-nous? L'air a des éclairs sombres,
« Autour de moi j'ai cru voir s'agiter des ombres,
« Ah ! pour me rassurer presse-moi sur ton cœur,
« Quel frisson m'a donné ton sourire moqueur.
« Oh ! par pitié fuyons, mais lui se précipite,
« C'est ici, lui dit-il, le royaume où j'habite » .
Et tous deux s'enfonçaient dans une mer de feu ;
Lui terrible et glacé, reprit : — Que fait ton Dieu ?
« Il a dû dans son ciel frémir de mon audace,
« Qu'il vienne t'arracher de ce bras qui t'enlace? »
Et Nelle dans le feu le corps déjà plongé :
« Es-tu du moins heureux? » — « Non, mais je suis vengé!
Et l'on dit qu'à la place où l'imprudente Nelle Avait prêté l'oreille aux discours du démon,
S'élève une plainte éternelle, Un bruit confus de pleurs qui semble dire un nom.
La terre est chaude encor, et le sol infertile, Ne s'est plus couronné de plantes et de fruits,
Et sur cette lande stérile, Jamais ne vient briller l'astre si doux des nuits.
Des traces d'un feu noir ensanglantent la terre, Le vent hurle en fureur sur la cime des bois,
Souvent y tombe le tonnerre, Et l'on doit en passant faire un signe de croix.