‹ Etrenne poétiqueChapitre 6 sur 37 · RENCONTRE MATINALE · texte numérisé non relu

RENCONTRE MATINALE

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Où vas-tu bel enfant aux lèvres purpurines , Aux longs cheveux bouclés flottants au gré des vents? Que viens-tu donc chercher aux pieds de ces collines Et le long de ces blés mouvants?

Vas-tu dans ces halliers dénicher les fauvettes? Ou d'une branche d'if te façonner un arc? Est-ce le daim léger que palpitant tu guètes, Ou le faisan doré qu'on nourrit dans le parc ?

Et l'enfant souriant à ma demande étrange, Me fit voir un panier de fraises , et joyeux : « C'est pour ma mère », il dit, et je crus voir un ange, Un instant descendu des cieux.

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L'avez vous vue? elle est passée

Le long des bois.

Oh! c'est elle, ma fiancée

l'entend sa voix.

Elle qu'au fond de ma pensée

Toujours je vois.

C'est elle ! elle est pâle et timide,

Son œil rêveur Aussi bleu que !e lac limpide

A sa douceur ; Sa bouche vermeille et candide

Semble une fleur.

Oh! c'est elle, c'est ma Lucie ,

Son front si beau , S'orne d'un schal de Gircassie

Noir et ponceau , Et sa blanche main amincie

Porte un anneau.

L'avez vous vue? . . . oh! je m'égare!

Un cavalier A cette fleur suave et rare,

Fit oublier, En soupirant sur sa guitare,

L'honneur altier.

Elle l'écouta, faible femme!

Il l'entraîna . . .

Elle est partie ! . . hélas! l'infâme

L'abandonna . . .

Ah ! reviens , ah reviens ! mon âme

Te pardonna . . .

Je crois la revoir triste et belle

Sur le chemin, J'accours joyeux au devant elle

Baiser sa main ; Ah pourquoi ce jour, que j'appelle,

N'est-il demain ! . . .

Mais le traître qui l'a ravie,

Où donc est-il?

Oh! je sens qu'il me faut sa vie,

Et sur ce vil, Pour venger ma pauvre Lucie,

J'ai mon fusil!

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