RENCONTRE MATINALE
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Où vas-tu bel enfant aux lèvres purpurines , Aux longs cheveux bouclés flottants au gré des vents? Que viens-tu donc chercher aux pieds de ces collines Et le long de ces blés mouvants?
Vas-tu dans ces halliers dénicher les fauvettes? Ou d'une branche d'if te façonner un arc? Est-ce le daim léger que palpitant tu guètes, Ou le faisan doré qu'on nourrit dans le parc ?
Et l'enfant souriant à ma demande étrange, Me fit voir un panier de fraises , et joyeux : « C'est pour ma mère », il dit, et je crus voir un ange, Un instant descendu des cieux.
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L'avez vous vue? elle est passée
Le long des bois.
Oh! c'est elle, ma fiancée
l'entend sa voix.
Elle qu'au fond de ma pensée
Toujours je vois.
C'est elle ! elle est pâle et timide,
Son œil rêveur Aussi bleu que !e lac limpide
A sa douceur ; Sa bouche vermeille et candide
Semble une fleur.
Oh! c'est elle, c'est ma Lucie ,
Son front si beau , S'orne d'un schal de Gircassie
Noir et ponceau , Et sa blanche main amincie
Porte un anneau.
L'avez vous vue? . . . oh! je m'égare!
Un cavalier A cette fleur suave et rare,
Fit oublier, En soupirant sur sa guitare,
L'honneur altier.
Elle l'écouta, faible femme!
Il l'entraîna . . .
Elle est partie ! . . hélas! l'infâme
L'abandonna . . .
Ah ! reviens , ah reviens ! mon âme
Te pardonna . . .
Je crois la revoir triste et belle
Sur le chemin, J'accours joyeux au devant elle
Baiser sa main ; Ah pourquoi ce jour, que j'appelle,
N'est-il demain ! . . .
Mais le traître qui l'a ravie,
Où donc est-il?
Oh! je sens qu'il me faut sa vie,
Et sur ce vil, Pour venger ma pauvre Lucie,
J'ai mon fusil!