‹ Étude Anatomique Des Dilatations BronchiquesChapitre 38 sur 56 · ÉTUDE HISTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE HISTOLOGIQUE

1° La paroi de l'abcès. — Elle comprend de dedans en dehors:

— une zone condensée dite de pneumonie nécrosante : les alvéoles ont leur cavité bourrée de cellules desquamées de l’épithélium et de polys, les parois alvéolaires sont épaissies, avec des capillaires distendus. L'ensemble est mal coloré, dans certains points les contours seffacent : nécrose au début;

— à mesure qu'on s'éloigne du foyer, l’'alvéolite prend des caractères différents : purulente, fibrineuse, œdémateuse, sans qu’on trouve de régularité bien marquée dans cette succession;

— sur les mêmes lames et dans les mêmes zones, on observe, plus ou moins développée, une organisation scléreuse intra etinter alvéolaires que nous he décrirons pas ici;

— au contact et en dehors du tissu scléreux, généralement intriquées avec lui, on trouve des figures d’atélectasie groupées en petits amas, elles sont souvent associées à des productions de type adaptatif: transformation cubique des éléments épithéliaux se groupant en cordons, en rubans ou en formations canaliculaires.

Parfois de vastes édifications se forment, tubes à revêtement cylindrique contournés et ramifiés.

Ces figures épithéliales sont plus ou moins abondantes ; leur intensité, leur exubérance sont surtout frappants dans Les abcès subaigus ou chroniques.

L'état des bronches. — 1° Les bronches de drainage, bien que rarement dilatées, ont leur structure profondément modifiée ; les détails tendent à s’effacer au milieu de la sclérose inflammatoire. Souvent l'épithélium persiste malgré la suppuration ; dans les cas anciens il peut subir une métaplasie épidermoïde, et devenir pavimenteux stratifié. Plus profondément, le chorion est infiltré de cellules rondes, mais les éléments de soutien musculaires et élastiques, persistent généralement.

2% Dans les bronches de voisinage dilatées, au contraire, l'aspect de

la paroi est à peu près exactement celui des dilatations bronchiques dites primitives, et nous n'avons jamais vu la paroi bronchique envahie par le procéssus nécrotique. L’épithélium est toujours intact sur les pièces opératoires, il est cylindrique cilié, souvent hyperplasique ; les couches sous-jacentes offrent tous les intermédiaires entre les états très inflammatoires et les aspects fixés : sur certaines coupes Je chorion est très épaissi, d'aspect granulomateux, avec une trame * fine de fibrilles collagènes. Sur d’autres une couche mince de cellules rondes sous l'épithélium représente tout le chorion, et les travées collagènes arrivent presque à son contact. bte) Dans tous les cas, le système musculo-élastique est très altéré : les fibres élastiques sont toujours invisibles, les fibres musculaires tantôt disparues, tantôt apparentes encore pampaquets isolés. Le parenchyme pulmonaire avoisinant a un aspect très analogue à | celui qu'il a au contact de l’abcès : il est dense, vide d'air montrant | 4 un mélange de collapsus, d’atélectasie et d’alvéolite, plus ou moins cloisonné par des bandes de sclérose mutilante ou systématisée autour des vaisseaux.

Les figures adaptatives d’épithélium cubique sont nombreuses le long et dans les bandes scléreuses. |

Les Vascularites. — Enfin, nous décrirons à part les vascularites qui revêtent ici une importance toute particulière.

On les trouve tant autour de l’abcès qu’au voisinage des pédicules bronchiques dilatés : ce sont des endovascularites chroniques végétantes et thrombosantes ; Besancon et Etchegoin les tenaient pour rares, pourtant nous les avons retrouvé sur toutes nos coupes : les lumières vasculaïres sont rétrécies, la tunique interne est épaissie et fibreuse, les limitantes élastiques se désagrègent sous la poussée scléreuse qui envahit la média et l’adventice. Tous les vaisseaux peuvent être atteints, pulmonaires et bronchiques, artériels et veineux, mais il est certain que les thromboses complètes sont plus souvent le fait des artères bronchiques, pour autant qu'on puisse les distinguer à distance du hile.

Après Ameuille, Sergent incrimine les thromboses des artères bronchiques comme cause des altérations bronchiques qui conduisent à la a ses cas DE ns qui plaident dans ce sens.

pporte aux modifications vasculaires les remanie-

ments alvéolaires, processus d'adaptation des milieux scléro-inflammatoires.

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