‹ Étude Anatomique Des Dilatations BronchiquesChapitre 41 sur 56 · En NOT · texte numérisé non relu

En NOT

Par ee nous attachons beaucoup d'importance aux bronchec- tasies qui semblent manifestement faire suite à une primo infection tuberculeuse : Duken, Ranké, Simon en ont publié des observations.

Nous en avons relevé deux cas, l’un de Dufourt, l’autre de Gerbeaux; dans les 2 cas l'élément ganglionnaire du complexe hilaire ou, médiastinal était majeur.

Eh | Les dilatations bronchiques.

Elles siègent le plus souvent aux bases : 29 fois sur 37. Plus à gauche (16) qu'à droite (5) ce sont le plus souvent des dilatations cylindriques, tubulaires, renflées à leur extrémité. 17 fois nous les avons vu nettement cylindriques, 8 fois vermiformes, larges et irrégulières, 2 fois ampullaires.

Elles ne sont pas distribuées de manière diffuse mais se groupent en éventail, en grappes dans une zone bien limitée de l’arbre bron-

chique qui correspond généralement 'au domaine d’une bronche de 3° et 4° ordre.

Ainsi nous trouvons en présence 2 ordres de lésions manifestement associées ; toutes 2 sont bien localisées ét bien limitées : il est sûrement intéressant de savoir quels sont leurs rapports topographiques. Nous avons recherché dans la littérature une étude d'ensemble de cette question, nous n'avons rien trouvé. Ce point n'a pas intéressé les médecins qui voyaient dans les bronchectasies les conséquences de processus scléreux diffus ; nous y attachons au contraire une grande importance.

Or dans 36 observations nous en relevons 29 où le siège des lésions tuberculeuses peut être défini avec précision. Dans 24 cas, les bronchectasies sont trouvées loin du foyer tuberculeux, et franchement dans la région opposée du poumon pour 19 de ces 24 cas. Dans les cas les plus typiques, les plus fréquents aussi, la caverne tuberculeuse siège au sommet et la bronchectasie occupe le lobe inférieur dans sa partie interne juxta cardiaque ; entre les 2, aucune altération pathologique du parenchÿme ne vient assurer la jonction. Dans les cas restants, il y a encore solution de continuité entre les foyers tuberculeux et les bronchectasies, mais les 2 lésions se trouvent dans des régions du poumon moins éloignées l’une de l’autre. Il est évident que cette proportion résulte tout simplement de la distribution habituelle des lésions tuberculeuses qui intéressent plus souvent le lobe supérieur que les autres régions du poumon, alors que les bronchectasies siègent plus volontiers à la base.

Dans 5 cas, la bronchectasie siège dans le voisinage immédiat de la lésion tuberculeuse qu’elle encadre ou qu’elle borde.

88 - ay: ‘ ñ * u .

Enfin, dans 7 observations, il n'est pas OAI de dissocier ni a 1

les documents radiologiques le foyer tuberculeux de la région

intéressée par les bronchectasies : l'ensemble donne une ombre

diffuse au sein de laquelle aucun détail ne peut être précisé, sauf par

le lipiodol qui vient injecter les dilatations bronchiques.

Conclusion.

Les bronchectäsies au cours de la tuberculose peuvent intéresser importe quelle partie de l'arbre bronchique, mais c'est à la base qu'on les rencontre le plus souvent ; elles sont généralement cylindriques, rarement ampullaires, et siègent dans un territoire bronchique limité.

Elles peuvent s'observer dans toutes les variétés de tuberculose pulmonaire : il semble que ce soit la tuberculose ulcéreuse et nodulaire du type habituel qui en soit le plus souvent responsable, moins souvent les condensations pulmonaires vastes ou limitées, rapidement ou tardivement rétractiles, qui sont étiquetées suivant les circonstances et la période où on les voit ; pleuro-pneumonie, spléno-pneumonie, atélectasie ou fibro-thorax,

— et qui du reste ne répondent nullement à des altérations anatomiques univoques. |

Enfin, des bronchectasies peuvent faire suite à un chancré d'inoculation pulmonaire ; il semble que dans ce cas elles accompagnent des.

adénopathies hilaires ou médiastinales particulièrement développées.

D'autre part, l'étude topographique comparée des foyers tuberculeux et des bronchectasies nous montre que celles-ci siègent plus souvent loin des premiers qu’à leur contact.

Il est donc manifeste que ce n'est pas une variété spéciale de tuberculose qui est responsable des dilatations bronchiques.

Faut-il voir une conséquence de la fibrose pulmonaire, SHARE à distance de ces foyers, ou leur faisant suite ?

Mais l'étude macroscopique des pièces montre que dans 11 cas où le poumon avoisinant des bronchectasies était dur et condensé, il ny avait que deux fois un envahissement scléreux important.

Disons-le bien, il n’est pas question ici dé contester l’existenée de

ces blocs fibreux denses, creusés de cavités bronchectasiques dont on

trouve tant d'observations : nous en avons nous-mêmes observé :

Mais dans la tuberculose pulmonaire comme ailleurs, les bronchectasies ne sauraient être limilées à ces cas, elles sont beaucoup plus fréquentes et l'on ne peut faire de la fibrose la cause et le mécanisme général de leur production.

On ne peut conclure du reste sans examen histologique.

px

B. — Examen histologique.

1° La paroi des. bronches.

Nous étudierons successivement :

— les bronches de drainage des cavernes tuberculeuses, — les bronches dilatées situées loin des foyers tuberculeux, — Les bronches dilatées situées à leur voisinage.

a) Bronches de drainage : il est nécessaire de savoir d’abord que si le calibre est généralement un peu élargi, il est vraiment difficile de: les qualifier de bronches dilatées. Leur paroi est épaissie, leurs. muqueuses rouges congestionnées et irrégulières.

Au microscope, on trouve des lésions de toutes les tuniques, l'épithélium est le plus souvent disparu, en dessous une couche épaisse de granulations épaissit le chorion, où les éléments musculoélastiques sont dilacérés ou détruits, les cartilages nécrosés, les glandes rares. :

Raust, qui en a fait une bonne étude générale a trouvé plusieurs fois des follicules tuberculeux dans l'épaisseur de la paroi bronchique ; il s'agirait ici d'une tuberculisation qui n’atteindrait de façon marquée:

que les couches superficielles et la portion de la bronche située au voisinage de la caverne.

b) Les bronches dilatées situées loin des foyers tuberculeux : nous. serons brefs sur ce sujet car nous ne pourrions que répéter les longues descriptions déjà faites à propos des bronchectasies apparemment primitives ; il n’y a en effet aucune différence entre les unes et les. autres ; l'intégrité de l’épithélium, la destruction ou la dilacération de: l'appareil musculo-élastique se retrouvent là comme faits essentiels ;. le chorion est plus ou moins infiltré de cellules inflammatoires, la péri-bronche plus ou moins envahie par les fibres collagènes : on a à faire suivant les cas, tantôt à des formes franchement inflamma- | toires et jeunes, tantôt à des formes scléreuses. Mais jamais dans. aucun cas, on ne trouve dans la paroi bronchique d’éléments. tuberculeux spécifiques : pas de follicules, pas de plages de nécrose, pas de B. K.

Ces bronches ne sont donc pas tuberculisées ;

Les vascularites sont plus ou moins facilement retrouvées ; Gerbeaux en signale, Galy trouve une artère bronchique thrombosée au contact d'un ganglion présentant des signes d'inflammation subaiguë.

C) Bronchectasies situées. au voisinage des foyers tuberculeux : nous en avons irouvé une remarquable observation anatomique dans un mémoire d'Huguenin: « Sommet pulmonaire droit transformé en un

Page 1