BILAN ET INTERPRÉTATION
Au terme de cette longue étude, qui nous a souvent obligé à de fastidieuses répétitions, nous devons essayer de one d'une manière plus claire les résultats de nos enquêtes anatomiques; d’en dégager les éléments importants et d’en tirer une interprétation.
Nous garderons pour cela le plan général que nous avons AGO depuis le début.
19 Les lésions anatomiques.
Que la dilatation bronchique soit apparemment primitive, ou qu’elle soit secondaire à une cause connue, on retrouve dans tous les cas, une grave altération de la paroi.
L'élément essentiel en est la destruction de l'armature musculaire et élastique bronchique ; nous ne pouvons dissocier ces deux éléments : les fibres élastiques sont peut-être encore plus rarement visibles que les fibres musculaires, mais l'étude en est plus difficile, elles sont plus difficiles à voir, même avec les colorations électives, et les fibres longitudinales nous échappent presque toujours. Cette destruction n’est pas toujours complète, nous ne reviendrons pas sur les détails.
En tous cas, elle est manifestement la conséquence d’un double pro- A'CeSSUS. :
19 Une modification du chorion, qui s'infiltre de cellules rondes, se gonfle, s’hypertrophie, absorbant tout ou partie de la paroi.
2° Le développement dans la péribronche du tissu collagène qui s'ordonne, se condense en travées scléreuses d'épaisseur variable.
Dans les cas moyens les plus fréquents les 2 processus sont associés, donnant sur les coupes colorées au trichrôme um aspect en: cocarde plus ou moins régulière. Ailleurs l’un prédomine : c’est tantôt le tissu granulaire parti du chorion, et la paroi bronchique prend tout entière un aspect inflammatoire homogène, où la désorganisation est poussée au maximum, tantôt le tissu scléreux, dont les lames denses se poussent jusque sous et au contact de l’épithélium et de la basale. Les différents degrés de ces divers processus, leur association,
fi
CR ë AUS h Aa 1: FE - 116 hi
l'irrégularité d’un point à l'autre de la circonférence d'une même bronche expliquent la variété des aspects rencontrés. La schématisation dé Letulle en 4 groupes nous paraît parfaitement
acceptable, dans la mesure où l’on croit qu’elle simplifie les choses.
Par contre, désigner l’un de ces aspects par le nom de « bronche lésarmée » nous paraît injustifié, car presque toutes ces bronchectasies, à un degré quelconque, sont désarmées, et c'est là Le fait essentiel.
2e Fait important: l'épithélium est toujours parfaitement conservé : nulle trace d’ulcération ni de métaplasie ; ceci au point que souvent dans des bronches très altérées et désorganisées, l’épithélium est le seul élément qui permette, sur les coupes de pièces fraiches, le repé-
rage de la paroi bronchique. Les détails cellulaires sont bien visibles, il est fréquent de constater une hyperplasie muqueuse : épithélium
en plusieurs couches superposées, abondance de cellules caliciformes. Tout cela ne traduit pas évidemment un processus destructif, mais
bien plutôt un hyperfonctionnement, dont l’abondante expectoration
muqueuse serait le résultat.
Le parenchyme pulmonaire : il est le plus souvent condensé, vide d'air, parfois rétracté, mais il peut être aussi aéré et de volume normal, ceci dans le cas de bronchectasies tout à fait comparables, tant microscopiquement que macroscopiquement.
Dans les lobes condensés et apparemment privés d’air, on ne trouve du reste à l'examen histologique qu'un collapsus généralement très incomplet et irrégulier.
Ce qui frappe, c’est l'extrême variété des altérations rencontrées : alvéolite œdémateuse, fibrineuse, purulente, hémorragique, collapsus à des degrés divers, pur ou associé à l’alvéolite, nodules ou plages inflammatoires, emphysème atrophique, atélectasie, toutes lésions
associées et intriquées, dont le dessin est souvent fourni par une sclé-
rose collagène de développement variable, mais qui manque rarement de façon complèle.
Tout ceci varie dans des proportions considérables d’un cas à l’autre, mais ce qui compte, c’est qu'on ne trouve jamais d’atélectasie. massive, que les scléroses denses sont plutôt l'exception, et que nous
* ne les avons jamais vu affecter un dessin qui permette de leur rapporter la dilatation ou la déformation bronchique, encore moins une!
disposition pleurogène.
L'état de la plèvre est du restelcontingent : les RAR denses se
voient, mais pas plus souvent qu’une plèvre normale. 20 Déductions immédiates.
Telles sont, décrites très rapidement, les lésions qu'on observe de façon habituelle.