CHAPITRE IN GLANDES A VENIN (Fig
Quelques Téléostéens sont munis de glandes à venin qui proviennent certainement de lPépiderme et qui sont accompagnées d’épines dans l’operculum, ou sont en relation avec les épines des nageoïres dorsale et pectorale. PARKER (1880) a trouvé dans le Trachinus draco et Trachinus vipera des glandes à venin en relation avec une épine dans l’operculum et avec 5 ou 6 raies épineuses de la nageoïre dorsale. Un appareil similaïre existe chez certaines espèces de Batrachidæ, comme Thalassophryne recticulata; leur appareil est formé par un processus épineux de l’os operculaire et des deux premières épines dorsales. Dans la Synancia verrucosa, on trouve à la base de l’épine dorsale une glande qui sécrète une substance laiteuse par un canal aménagé dans l’épine. Parmi les Elasmobranckhes, l'Aëtiobatis et le Trygon possèdent des slandes à venin dans leurs nageoires caudales.
Les glandes à venin chez Corydoras sont situées à la base de l’épine des nageoires pectorales et dorsale. Les glandes sont reliées aux épines par un canal excréteur qui traverse l’épine dans toute sa longueur. Elles sont formées de 30 à 35 cellules dont le dia-
mètre maxmium est de 114 & Leurs dimensions varient ainsi que leur forme qui est en général arrondie, parfois allongée. Leur contenu est granulaire et de réaction alcaline. Les glandes sont allongées et bilobces. Celles de la région pectorale sont plus crandes que celles de la nageoire dorsale; elles ont une longueur maxima d'environ 800 u et un diamètre maximum de 270 u chez un spécimen de 5 mois.
Reen (1924) observa que deux espèces de Schillbeodes et une de Plotosus ont des glandes dermiques
en relation avec les épines des nageoires pectorale
FIGURE 5. — Glande à venin de la base de lépine pectorale.
et dorsale. Chez Ameiurus nebulosus, une glande rudimentaïire se trouve à la base des épines pectorales. N'ayant observé que les glandes de la base des épines des nageoires pectorales et dorsale, nous n'avons pu constater la présence d’aucune glande à la base de l’épine de la nageoire adipeuse. LaTrHAM (4935) suppose que le canal des épines de la nageoire pectorale est en relation avec la gonade; nous ne pouvons nous rallier à cet avis, car LATHAM n’a pas observé les glandes placées à la base des épines, glandes
qui peuvent même être vues de l’extérieur, car elles
sont placées très près de la surface et elles apparaissent comme des taches roses sous la peau de animal vivant. Cette coloration est due à la forte vascularisation de la capsule externe des glandes.
Les glandes à la base des nageoires pectorales sont orientées vers la face ventrale du poisson, tandis que dans la nageoïre dorsale, elles sont dirigées vers l’extrémité caudale.
Pour autant que nous l’avons observé, il n’y a pas de relation directe entre les glandes et le canal des épines; le mode de sécrétion de ces glandes est peu connu; il se peut que, sous la poussée de la sécrétion, la glande rompe la mince couche de l’épiderme pour déverser sa sécrétion dans le canal de l’épine. Dans bien des préparations, nous n'avons pas observé de voie directe pour la sécrétion. Cependant, la présence d’une sécrétion est évidente, car sur beaucoup de coupes nous avons constaté une active destruction et une rupture de cellules, uniquement dans des glandes pleines en voie de sécrétion.
REED (1924) a fait la même observation chez différents poissons; il a conclu que, chez les Seorpænidæ, il peut se former un conduit provisoire; tel pourrait être le cas de Corydoras. La sécrétion granulaire est beaucoup plus dense et plus colorée dans les cellules voisines de l’épine; dans les autres, ces sranulations sont plus diffuses, se colorant moins intensément.
Les noyaux sont le plus souvent en parfait état, cependant nous avons constaté que bien des cel-
lules n’ont pas leur noyau placé au milieu. Dans la
mai
plupart des cas, le noyau se trouve près de la membrane cellulaire. Nous supposons que ce déplacement latéral est dû à la sécrétion des nombreuses granulations. La taille et la forme des noyaux est variable; leur longueur est d'environ 15 u et leur diamètre de 6
Comparant ces glandes de Corydoras à celles d’autres poissons, nous concluons qu’elles sont semblables à celles de deux espèces de Schillbeodes (REED, 1907) et d’une espèce de Plotosus (PAWLOWSKY, 1914) telles que REED (1924) les a décrites. Cependant, chez Corydoras, ces glandes sont bien plus grandes; les cellules sont dépourvues de fibrilles enroulées, les noyaux sont peu visibles et ils sont repoussés vers la périphérie dans presque toutes les cellules. D’autre part, aucune des coupes que nous avons faites n'a révélé chez Corydoras, la présence de glandes dans la nageoire adipeuse; par contre, il y avait une slande dans la nagecire dorsale.
Le contenu granulaire des glandes à venin de Corydoras est différent du liquide clair et homogène qui caractérise les glandes axillaires de certains poissons.
La fonction de ces glandes n’est pas bien déterminée. Cependant il est exact que le poisson s’en sert jusqu’à un certain point comme moven de défense. Nous avons essavé à plusieurs reprises de nous faire piquer avec les épines et chaque fois cela a provoqué une légère rougeur de la peau, mais sans douleur appréciable, ceci démontre cependant que la glande est faiblement venimeuse et qu’elle se vide probable-
ment par le canal de l’épine.