‹ Étude Anatomique et Radiographique sur la Spina Bifida OccultaChapitre 7 sur 23 · DÉVELOPPEMENT DE LA MOELLE ET DE LA COLONNE VERTÉBRALE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE LA MOELLE ET DE LA COLONNE VERTÉBRALE

C’est sous la forme d'un épaississement de l'ectoderme, le long de la ligne médiane du dos de l’embryon, qu'apparaît d'abord le système nerveux central. La plaque médullaire formée par cet épaississement s’excave peu à peu par un relèvement de ses bords, comme on peut le voir sur des coupes d’embryons humains âgés de quelques jours, formant ainsi une goutuère dont les bords, se rejoignant sur la ligne médiane, vont constituer peu à peu le tube médullaire primitif.

Cette fusion, en effet, ne s'opère pas au même moment sur toute la hauteur de la colonne vertébrale. Elle commence dans la région cervicale et les segments dernièrement fermés sont ceux des extrémités céphalique et caudale.

Le tube médullaire primitif, d'abord superficiel, s'enfonce sous la surface. Le feuillet mésodermique s'interpose entre l’ectoderme et le tube médullaire dont

nes la croissance, désormais, sera absolument indépendante des téguments.

Les segments terminaux, dont la fusion s’est faite en dernier lieu, conservent pendant quelque temps de petites ouvertures : neuropore et caudopore, à travers lesquelles le canal central communique avec l'extérieur. Ces ouvertures se ferment également. Nous ne nous arrêterons pas à la différenciation du cerveau et de la moelle, non plus qu'à l'étude de la crête sacrée dont les cellules, semblables à celles du tube neural, donneront ultérieurement les ganglions des racines postérieures et du système sympathique ainsi que les cellules nerveuses trouvées dans différents organes.

Nous n'insisterons pas sur la prolifération et la spécialisation des cellules qui, se différenciant et se groupant en trois zones : externe, moyenne el interne, donneront les neuroblastes, la substance grise et blanche, la névroglie.

Nous reliendrons cependant que la zone moyenne se divise en quelque sorte en deux lames : une lame postérieure qui donnera les éléments de la corne postérieure, une lame antérieure qui donnera les cellules motrices de la corne antérieure et dont les fibres sortant entre les segments des vertèbres qui se développent, forment les racines nerveuses antérieures. Pendant ce temps, les ganglions formés par la crête neurale passent en dessous et latéralement jusqu'à ce qu'ils se trouvent dans les espaces intervertébraux et que certains de leurs éléments, passant dans la zone externe de la moelle, donnent les racines postérieures. Certaines de ces fibres montent dans les colonnes

postérieures; d'autres forment un réseau autour des cellules de la corne postérieure.

Pendant que le tube neural subit tous ces changements, les éléments mésodermiques viennent former peu à peu autour de lui une enveloppe protectrice qui se sépare elle-même en trois membranes : la pie-mère, l’arachnoïde et la dure-mère.

Déjà avant ce temps, la colonne vertébrale a commencé à se développer. À un stade précoce du développement vertébral, les corps vertébraux se voient avec le commencement des prolongements costaux et d’autres prolongements dirigés dorsalement et qui sont compris en partie dans la moelle,

Les lames vertébrales dérivent de ces prolongements. C'est vers la ligne médiane de l'embryon que les prolongements laminaires se séparent des prolongements neuraux; ils vont entourer la moelle et former ainsi le canal médullaire. Le canal médullaire n'est pas formé en même temps sur toute l'étendue du rachis; il est formé en dernier lieu dans les régions cervicale et lombaire.

Durant cette période, la moelle s'étend sur toute la longueur du canal vertébral. Les racines et les ganglions formés dans les différents segments sont placés entre les arcs neuraux, là où existeront ensuite les trous vertébraux. Jusqu'au troisième mois, le développement du tube neural et des apophyses vertébrales est semblable, et, jusqu'à ce temps, les racines traversent le canal perpendiculairement à l'axe du tube nerveux.

Plus tard, nous voyons le développement de la

ne

colonne vertébrale devancer celui du tube nerveux, de telle manière qu’à la naissance, la moelle se trouve au niveau de la troisième vertèbre lombaire. C’est ce qu'on appelle du reste ordinairement « l'ascension de la moelle D

L’extrémité du tube nerveux reste longlemps attachée au coceyx, d’où l'extension du bout inférieur du tube nerveux et dela pie-mère quiforme le «filum terminale ».

Les nerfs spinaux engagés dans les trous verlébraux à ce niveau, tendent donc à être écartés du segment d’où 1ls sont originaires, par le développement même du rachis. Leurs racines doivent s'allonger. Tandis que les nerfs des segments supérieurs continuent à traverser les trous vertébraux à peu près horizonlalement, ceux du segment inférieur descendent de plus en plus dans le canal. On trouve les mêmes relations entre la moelle et la coldnne vertébrale, chez un fœtus de sept mois et chez un adulte.

L'origine du filum terminale et de ses relations avec le coccyx a une influence sur le Spina bifida lombo-sacré.

Les segments coccygiens, exception faite du premier, sont rudimentaires et ne diffèrent pas du stade embryonnaire. Le dernier segment coccygien reste fixé à la surface ectodermique. La croissance des vertèbres crée donc un tractus névroglique dans lequel persiste un canal central et qui reste altaché à la peau par son extrémité. Il n'est séparé des téguments que par les enveloppes de la moelle imparfaitement différenciées el par une bande de tissu fibreux qui représente seul les lames rudimentaires du coccyx.

En résumé, cel aperçu embryologique nous montre

donc que le développement de la moelle et de la colonne vertébrale se fait par des éléments différents qui devront, pour que le développement soit complet, venir se rejoindre sur la ligne médiane.

D'abord les deux bords de la gouttière médullaire en se soudant donneront le tube médullaire primitif. Entre ce tube médullaire et la lame eclodermique dorsale, le mésoderme en s’insinuant donnera des formations différenciées : en dedans, le selérolome avec ses deux portions primitives, l'une profonde pour les méninges spinales, l'autre superficielle pour la vertèbre correspondante ; en dehors une partie du mésenchyme qui se divise elle-même en deux lames : une lame musculaire et une lame sous-culanée qui formera le derme primilif sans vaisseaux.

Il y aura donc malformation, chaque fois qu'il y aura un relard ou un défaut de coelescence entre les portions lalérales de ces divers feuillets. Le fait de ces lames différentes ayant à accomplir la même soudure postérieure à des temps différents, explique sans doule toutes les varialions de forme que peut présenter le Spina bifida.

Les observalions anatomiques et l'intégrité des foncions nerveuses nous montrent que, dans le Spina bifida occulta qui fait l'objet particulier de notre étude, le tube médullaire, les muscles, le derme, le tissu cellulaire sous-cutané et la peau peuvent être normaux. Le seul élément qui subisse un trouble dans tous les cas de Spina bifida occulta, c’est le sclérotome, qui, en évoluant, donnera naissance aux arcs vértébraux postérieurs.

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