ATTITUDE DU FŒTUS
C’est la moité gauche de la coupe. On y a d’abord réintégré le segment fœtal qui en avait été extrait pour l’exécution de la planche I et dont les planches Y et YI montrent la tranche et la surface.
Sur la tranche (Y), remise en place, on a exactement réappliqué le segment fœtal extrait de la moitié droite. Le fœtus apparaît ainsi nettement dans son attitude et ses rapports.
Il s’agit d’une présentation du sommet, en position gauche, variété à peine oblique antérieure; il est à remarquer que si la tête est peu oblique, l’orientation du tronc est franchement antérieure gauche. Nous avons là une nouvelle preuve de l’indépendance relative du tronc et de la tête que permet la mobilité du cou.
La flexion est parfaite. Et pourtant la tête ne s’engage pas ! C’est qu’elle repose sur le pubis, qui la porte, par son pariétal droit, dont la bosse déborde de 10 millimètres la face antéro-supérieure du pubis. L’oreille droite a son conduit auditif à 7 centimètres au-dessus du pubis; l’épaule correspondante, qui s’imprime dans la joue, est à 9 centimètres au-dessus du même point.
La bosse pariétale gauche (postérieure) fait face à la 2“ sacrée dont elle est éloignée de 35 milhmètres ; elle est donc engagée ; tout le pariétal postérieur l’est d’ailleurs. L’oreille postérieure correspond à l’encoche sacro-iliaque gauche; elle entre dans le bassin.
La bosse séro-sanguine est sur le pariétal postérieur ; elle correspond à l’embouchure évasée du canal cervical; elle est très marquée. Comme le fœtus était mort à l’arrivée, comme la femme n’a d’autre part survécu que quelques instants à la rupture des membranes, il est manifeste que cette bosse sérosanguine s’est formée, avant la rwpture des membranes, dans toute la jjartie de la tête correspondant à la poche placento-membraneuse.
En résumé la tête est asynclitique et son asynclitisme, ici comme dans les coupes antérieurement publiées ou étudiées par Pinard et Yarnier (1), est postérieur. La suture sagittale est en avant de l’axe du détroit supérieur, à 3 centimètres de la paroi pelvienne antérieure, à 7 centimètres de la paroi pelvienne postérieure. Trois doigts sé|)arent le versant postérieur de la tête du plancher coccy-sacré.
On se rend bien compte sur cette préparation. (et sur la planche II) de l’obstacle opposé à la correction de cet asynclitisme (c’est-à-dire à l’engagement par translation en arrière du pariétal postérieur) par l’insertion du Placenta sur le segment inférieur, nous entendons l’insertion postérieure.
(1) Études d’anatomie olstélricale normale et pathologique, p. 61 à 82, fîg. 4 à 17, planches XXX à XXXIX, grand in-folio, Paris 1892,
G. Steinheil, édit. — H. Yarnier, De l’aitihtde de la têts au détroit supérieur et du mécanisme de son engagement, XII® Congrès international des Sciences médicales, Moscou, août 1897. — Annales de Gynécologie et à’Obstétrique, nov. 1897, p. 442.
Ce n’est pas, on le voit sur la planehe I, en rétrécissant le diamètre utile du détroit supérieur, que 1 insertion vicieuse gene l’engagement: c’est la portion intra-pelvienne du Placenta qui fait obstacle en effaçant, en comblant la concavité sacrée, en transformant ce bassin normal en la pire des variétés de bassin canaliculé.
Mais on comprend, aussi que si ce coussin præ-sacré peut suffire à maintenir la tête élevée pendant la grossesse, il ne saurait résister bien énergiquement à la poussée de la tête vigoureusement actionnée par les contractions du travail. Pour peu que les membranes qui • l’attirent en avant soient alors largement déchirées, l’aplatissement du rectum va permettre à l’épaississement utéro-placentaire de s’accoler à la paroi pelvienne postérieure. Le pariétal postérieur qui le chasse va pouvoir du même coup se rapprocher de 3 centimètres de cette même paroi. Il suffira dès lors que la languette prævia se laisse écraser à son tour contre la paroi sacrée {écrasement idéalement hémostatique') pour que la bosse pariétale postérieure puisse enfin reculer de la quantité nécessaire à l’engagement de la bosse pariétale antérieure.
Cette même planche permet de juger une fois de plus la fausseté de la.doctrine de la coïncidence des axes fœtal, utérin et pelvien. Vous voyez bien que l’axe de la tête fœtale, l’occipito-mentonnier, fait avec le tronc un angle ouvert en arrière; il en est de même des portions intra-pelvienne et intra-abdominale de l’utérus.
Le corps de l’utérus, comme le tronc du fœtus, sont en inclinaison postérieure, en rétroversion par rapport à l’axe du détroit supérieur.
L’axe de la tête croise moins obliquement, mais pourtant fortement, l’axe du détroit supérieur.
PlANCHE IV.
C’est la moitié droite de la coupe, déjà représentée planche II. Mais le fœtus, dont on aperçoit
Fig. 4.
Le fœtus vu d’avant, comme il le serait après excision des parois antérieures de l’abdomen et de l’utérus. La ligne de coupe passe en arrière de l’oreille antérieure et par le sommet du genou gauche fléchi. A votre gauche est le segment principal du fœtus, celui qui occupait la moitié droite de la coupe. La face regarde à droite et le dos en avant et à gauche. (1/3 de grandeur naturelle).
la tranche, est encore en place. Voyez sur la figure 4 la ligne de coupe, et rendez-vous compte que c’est la coupe du genou gauche fléchi qui se trouve au fond de l’utérus.
La substance cérébrale a été enlevée pour montrer la faux, repère de la suture sagittale, et le creux des bosses pariétales.
En construisant le plan et l’axe du détroit supérieur, vous constaterez que la suture sagittale est en avant de l’axe, à 35 millimètres du sous-pubis, à 65 millimètres de la paroi sacrée.
Notez l’épaississement du cuir chevelu produit parla bosse séro-sanguine (7 millimètres) au droit du pariétal postérieur engagé.
Planche Y.
C’est la tranche du segment fœtal contenu dans la moitié gauche de la coupe représentée planche I. Les détails sont plus nets que sur la tranche droite (représentée planche IV), en particulier pour la bosse séro-sanguine. Il n’y manque, pour qu’on puisse la superposer à la tranche droite, que le sommet détaché du genou. Vous pouvez, à l’aide d’un calque, le remettre en place dans la planehe I. On l’a enlevé pour laisser voir en retrait la pointe du coude gauehe (qu’il touehait). A celle-ci fait suite l’avant-bras que l’on voit jusqu’au point de rencontre (où se loge la main) de la région sous-maxillaire avec la paroi antérieure du thorax. (Voyez planche VI.)
On a bien la notion de la torsion de la tête (transversale) sur le tronc (oblique antérieur) notée déjà sur la planche III).
Planche VI.
C’est, vu de gauche (comme si on le voyait à travers le flanc gauche de la femme), le segment fœtal dont on distingue la coupe sur la planehe précédente. La bosse séro-sanguine ajDparaît en plein sur le pariétal postérieur (pariétal gauehe).
Planche VII.
C’est, extrait de la moitié droite de la coupe, et vu de droite (eomme il l’est en ronde bosse sur la planche III), le segment fœtal le plus volumineux. Vous pouvez, plus nettement que sur la planche III, délimiter la bosse séro-sanguine du pariétal gauche, et juger du degré de flexion. Il est tel que le genou droit n’est séparé de l’œil gauche que par le poignet fléchi.
Vous voyez très bien également que la face regarde presque directement à droite, tandis que le tronc a son plan ventral orienté à droite et très en arrière. Le fœtus, ainsi réduit, ne mesure que 25 centimètres du vertex à la fesse gauehe (culmen). Il pèse, sans substance cérébrale et déshydraté par l’alcool : 2,120 grammes.
Les principaux diamètres de la tête sont : bi-pariétal, 90; occipito frontal, 115 millimètres; occipitomentonnier, 125 millimètres. Circonférence sous-occipito-frontale, 33 centimètres.